Vibo Valentia
commune italienne
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Vibo Valentia est une ville italienne de 33 000 habitants[2], chef-lieu de la province du même nom, dans la région de Calabre.
| Vibo Valentia | |
Vue de Vibo Valentia. | |
Armoiries |
Drapeau |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | |
| Province | |
| Code postal | 89900, 89811 |
| Code ISTAT | 102047 |
| Code cadastral | F537 |
| Préfixe tél. | 0963 |
| Démographie | |
| Gentilé | vibonesi (fr) vibonois/e |
| Population | 33 068 hab. (31-12-2024[1]) |
| Densité | 714 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 38° 40′ 00″ nord, 16° 05′ 00″ est |
| Altitude | 476 m |
| Superficie | 4 630 ha = 46,3 km2 |
| Divers | |
| Saint patron | San Leoluca |
| Fête patronale | 1er mars |
| Localisation | |
Localisation dans la province de Vibo Valentia. | |
| Liens | |
| Site web | Site officiel |
| modifier |
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Héritière de l'ancienne Hipponion, elle fut la cité majeure du Bruttium occidental tout au long de l'Antiquité classique, lorsqu'elle donna son nom au Sinus Hipponiates (actuel golfe de Sainte-Euphémie)[3],[4].
Géographie
La ville est sise sur un plateau fertile à 476 mètres d'altitude[5], à seulement 6 km de la mer Tyrrhénienne, sur laquelle elle offre une vue imprenable qui s'étend parfois jusqu'à l'île éolienne de Stromboli. La commune dispose d'un accès à la mer à Vibo Marina, à 9 km du centre-ville, port de pêche qui concentre les activités industrielles. Vers l'intérieur des terres, le paysage se caractérise par des collines ondulantes et un relief accidenté.
Rome est distante de 611 km et Reggio de Calabre de 103 km.
Histoire
Antiquité
La cité se développe à partir d'un site de peuplement osque du nom de Veip (dont dérive Vibo). D'après Strabon, ce sont des colons grecs de Locri, cité de la Grande-Grèce, qui explorent les lieux pour y fonder la polis d'Hipponion (en grec ancien : Ἱππώνιον) au viie siècle av. J.-C.[6]
En 389 av. J.-C., Hipponion est capturée par Denys l'Ancien qui déplace sa population à Syracuse. Dix ans plus tard, les Carthaginois libèrent la cité et permettent à ses anciens habitants de réinvestir les lieux, non sans avoir fait redresser ses puissantes murailles. Mais peu après avoir recouvré sa liberté, Hipponion tombe cette fois aux mains des Bruttiens en 356 av. J.-C. puis d'Agathocle en 294 av. J.-C. Ce dernier tire profit de la vocation défensive d'Hipponion pour y creuser un port doté d'un épinéion (base navale) et renforce la forteresse. Toutefois, ses conquêtes ne lui survivent pas et les Bruttiens anéantissent la garnison restée sur place après son départ.
Bien que la ville ne soit pas directement mentionnée quant aux opérations d'Hannibal en Bruttium, son territoire (Vibonensis ager) est ravagé par la flotte carthaginoise en 218 av. J.-C. À l'issue des hostilités, en 192 av. J.-C., les Romains y implantent, non loin de la cité italiote d'Hipponion, une colonie de 4 000 habitants, dont 300 chevaliers, pour faire fructifier l'ager et la nomment Valentia, citée dans le Liber Coloniarum. Elle accède au statut de municipe à la fin de la guerre sociale, en 89 av. J.-C.
Valentia prend un importance considérable parmi les cités du sud de l'Italie grâce à son port par lequel le bois de la Sila est exporté vers la capitale. Cicéron la mentionne comme l'une des « cités italiennes les plus illustres » de son temps et les triumvirs la promettent à leurs soldats. Jules César s'en sert de base navale contre Pompée lors de la guerre civile, au cours de laquelle elle est assiégée par les forces de Cassius[7]. Octave s'en sert à son tour lors de sa guerre civile contre Sextus Pompée avant de déclarer que les terres de Valentia ne pourraient être distribuées à ses soldats afin de s'assurer la loyauté des habitants de cette cité hautement stratégique.
Prospère tout au long de l'ère impériale, on la retrouve sur les nombreux itinéraires des auteurs latins jusqu'au ive siècle en vertu de sa position avantageuse sur la Via Popilia (elle figure notamment sur le cippe de Polla). Les deux communautés, Hippo(nion) et Valentia, sont fusionnées administrativement sous le nom de Vibo Valentia. Strabon la nomme Vibone Valentia.
La cité antique est dotée d'un temple monumental à la déesse Proserpine, dont les vestiges sont toujours mentionnés au xie siècle, lorsque Roger Ier de Sicile en prélève les colonnes pour orner la cathédrale de Mileto[8]. L'historien Douris de Samos rapporte que près d'une source, à proximité immédiate de la ville, se trouvait une grotte dans laquelle était conservée la corne d'Amalthée, déposée là par Gélon de Syracuse.
Du Moyen Âge à nos jours
Les Byzantins refortifient la ville qui devient l'une des places fortes les plus âprement défendues de Calabre jusqu'aux dévastatrices incursions sarrasines de 850 et 983 qui l'affaiblissent et la dépeuplent. Ce n'est qu'après 1235 que s'opère, à l'instigation de Frédéric II de Hohenstaufen, la revitalisation tant démographique que culturelle et économique de la ville de Monteleone autour de son château érigé sur les hauteurs, à l'emplacement de l'ancienne acropole, afin de surveiller la côte[9].
Elle devient chef-lieu de la Calabre ultérieure pour une courte durée, sous la domination française au xixe siècle.
Le ministre des travaux publics Luigi Razza décrète en 1928 la restauration de l'ancien nom de Monteleone, auréolé du prestige de l'Antiquité romaine, qui redevient officiellement nommée Vibo Valentia.
La province de Vibo Valentia est instituée en 1994.
Culture et patrimoine
La vieille ville aux rues étroites, bordées d'escaliers tortueux et de palais baroques, est dominée par le château normand-souabe, édifié à l'emplacement de l'ancienne acropole au XIIIe siècle, qui abrite de nos jours un musée d'art sacré ainsi que le musée archéologique national « Vito-Capialbi ».
Rebâtie sur les ruines d'un ancien sanctuaire détruit par un tremblement de terre, l'église Santa Maria Maggiore e San Leoluca date des xviie et xviiie siècles. L'imposant maître-autel est paré d'un triptyque de Gagini, réalisé au XVIe siècle.
L'église Santa Ruba, édifiée au Xe siècle, compte parmi les plus anciens joyaux de la ville[10].
Monuments et lieux d'intérêt
- L'église Santa Maria Maggiore e San Leoluca, dont la construction s'est étalée de 1680 à 1723 ;
- Le château normand-souabe, érigé en 1235 à la demande de Frédéric II de Hohenstaufen, qui renferme dans ses murs le musée archéologique national « Vito-Capialbi » ;
- Le Belvedere Grande, qui offre une vue imprenable sur la côte, en contrebas.
Outre les fondations d'un temple, les vestiges les plus remarquables de la cité grecque d'Hipponion sont représentés par un long tronçon de muraille daté du ve siècle av. J.-C. Ces remparts, dressés en plusieurs phases, ont été maintes fois remaniés. Ainsi, les murs hellénistiques, agrémentés de tours circulaires en pierres soigneusement taillées, sont particulièrement évocateurs[11].
- Murs d'Hipponion.
- Mosaïque romaine.
- Le château souabe.
- L'église Santa Maria Maggiore.
Économie
Le secteur industriel de Vibo Valentia est assez développé. La ville accueille une cimenterie du groupe Italcementi[12] et des chantiers navals.
Infrastructures et transports
Vibo Valentia se trouve sur les itinéraires de la ligne ferroviaire Rome-Sicile et de l'autoroute A2. La desserte aérienne est assurée par l'aéroport de Lamezia Terme, à 45 km de là.
Administration
Hameaux
Bivona, Longobardi, Piscopio, Porto Salvo, San Pietro, Triparni, Vena Inferiore, Vena Superiore, Vibo Marina.
Communes limitrophes
Briatico, Cessaniti, Filandari, Francica, Jonadi, Pizzo, San Gregorio d'Ippona, Sant'Onofrio, Stefanaconi.
Sports
La ville dispose de nombreuses installations sportives, dont le stade Luigi-Razza, qui accueille la principale équipe de football de la ville de l'US Vibonese.
Personnalités liées
- Louiselle (1946-2024), chanteuse ;
- Giovanni Parisi (1967-2009), champion olympique de boxe ;
- Francesco Calzona (1968-), footballeur et entraîneur ;
- Sergio Floccari (1981-), footballeur.