Histoire de Los Angeles

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Le centre-ville de Los Angeles en 1895.

Cet article développe l'histoire de Los Angeles, dans l'État de Californie aux États-Unis.

L'époque amérindienne

On a retrouvé sur l'Île Santa Rosa des Channel Islands de Californie les restes de l'Arlington Springs Man, datant de 10 000 à 13 000 ans avant Jésus-Christ, qui sont parmi les plus vieux ossements humains d'Amérique. Ils montrent que la région de Los Angeles est habitée depuis cette époque. Parmi les principales tribus amérindiennes qui y habitaient, on compte celle des Tongvas ou Gabrieliños, répartie dans toute la région et notamment à Cahuenga, les Tataviam, installés dans la partie nord de la Vallée de San Fernando - d'où leur nom de Fernandeños -, les Cahuillas et les Chumash. Les Tongvas et les Chumash sont alors les deux groupes principaux. Ils sont aussi présents sur les îles de la côte, ce qui fait se développer un important commerce maritime entre communautés insulaires et continentales. Les anthropologues considèrent la technique de construction de navires utilisée par ces peuples comme la meilleure parmi toutes les tribus d'Amérique du Nord. Les tribus de Californie du Sud commercent avec des peuples aussi éloignés que les Piutes de la vallée de l'Owens, située à 320 kilomètres à l'intérieur des terres.

Lors de l'arrivée des missionnaires espagnols au XVIIIe siècle, environ 5 000 membres de la tribu des Tongvas étaient répartis dans la région sur 31 villages[1].

De 1769 à 1875

Bien que les Espagnols aient commencé la conquête du Mexique en 1519, ils n'ont pas lancé d'expédition dans l'Alta California (la Haute-Californie) avant 1769, quand l'explorateur Gaspar de Portolà atteignit cette partie de la région. En 1771, les Espagnols revinrent et fondèrent la Mission San Gabriel Arcangel, une des huit missions établies par les franciscains en Californie du Sud.

Le , 44 pobladores, recrutés du nord du Mexique pour aider à renforcer le contrôle espagnol sur la Haute-Californie, ont fondé la ville, sous ordre du gouverneur Felipe de Neve. Seulement deux de ces colons étaient espagnols : le reste avait essentiellement des racines africaines ou indiennes. La petite ville reçut le nom El Pueblo de Nuestra Señora Reina de los Ángeles de la Porciúncula, « Le village de Notre Dame Reine des Anges de la Portioncule », en référence à la Basilique Sainte-Marie-des-Anges d'Assise (Italie) qui englobe la Portioncule ("petite portion"), petite église dans laquelle François d'Assise vécut avec ses premiers compagnons. Située sur la Los Angeles River, la bourgade devint un centre pour l'élevage de bovins (ranching) ; en 1800, la Plaza, ou place centrale, était bordée par vingt-neuf édifices[2].

L'indépendance du Mexique en 1821, si elle fut célébrée par des festivités et une cérémonie de changement du drapeau[3], changea peu la vie à Los Angeles, même si elle permit la sécularisation des missions : leurs propriétés furent partagées entre les rancheros. Elle eut néanmoins un impact démographique en permettant le développement économique et démographique de la ville : avant 1820, elle comptait environ 650 habitants, en 1841, 1 680[4].

En 1842, un berger découvrit de l'or dans le Canyon de Placerita, juste en dehors des limites de la ville, ce qui provoqua une ruée vers l'or mineure. Dans les décennies suivantes, l'exploitation minière devint une industrie importante. Les montagnes locales sont toujours couvertes de mines abandonnées et les prospecteurs cherchent toujours de l'or dans la rivière San Gabriel.

Mémorial des pionniers de Fort Moore.

L'idéologie de la Destinée manifeste atteint la Californie au temps de la guerre américano-mexicaine (1846-1848). Le , un petit groupe de Yankees dressa le drapeau de Californie et déclara l'indépendance par rapport au Mexique. Des troupes américaines prirent rapidement le contrôle des presidio de Monterey et San Francisco et déclarèrent la conquête terminée. Dans le sud de la Californie, les Mexicains repoussèrent pour un temps les troupes américaines, mais Los Angeles finit par tomber sous les attaques du lieutenant-colonel John C. Frémont. Les États-Unis et les Californios signèrent le traité de capitulation au col de Cahuenga, le .

Le , avec 1 734 habitants, Los Angeles devint officiellement une ville. Au même moment, les anciens propriétaires terriens commençaient à perdre leurs terres. Sommés par les tribunaux des États-Unis de prouver leurs droits, dix pour cent des propriétaires de bona fide du comté de Los Angeles durent quitter leurs terres et furent réduits à la banqueroute. Les plus chanceux des rancheros perdirent leur statut de californios et furent absorbés dans d'autres communautés, selon leur condition financière et la couleur de leur peau.

En 1860, la ville avait dépassé les 5 000 habitants.

D'autres résidents mexicains résistèrent aux nouveaux pouvoirs anglo en se livrant au banditisme contre les gringos. En 1856, Juan Flores menaça la Californie du Sud d'une révolte mexicaine massive. Il fut pendu à Los Angeles devant une foule de 3 000 personnes. Tiburcio Vasquez, devenu légendaire parmi ses contemporains pour ses exploits contre les Anglos, fut capturé à ce qu'on pense être aujourd'hui Hollywood Ouest. Le bandit fut condamné pour deux meurtres par un jury à San Jose en 1874 ; il fut pendu en 1875.

Accroissement démographique et territorial (1875-1905)

Los Angeles en 1908.

La voie ferrée du Pacifique Sud (Southern Pacific Railroad) arriva en 1876. Du pétrole fut découvert par Edward L. Doheny en 1892, près de l'emplacement actuel du Dodger Stadium. Los Angeles devint un centre de production de pétrole au début du XXe siècle (en 1923, la région produisait un quart de la production mondiale). Malgré ces atouts qui dopèrent sa croissance économique, Los Angeles était toujours une ville plus petite et moins importante que San Francisco.

Champs de pétrole à Los Angeles.

Les Angelenos décidèrent de modifier leur géographie afin de concurrencer San Francisco avec ses ports, gares de trains, banques et usines. Harrison Gray Otis, fondateur et propriétaire du Los Angeles Times, ainsi qu'un nombre de partenaires entreprirent de remodeler le sud de la Californie en créant un port à San Pedro avec un financement fédéral.

Cela les mit en mauvaises relations avec Collis P. Huntington, président de la Southern Pacific Railroad Company et l'un des « Grand Quatre » industriels de Californie, qui favorisait un port à Santa Monica. Les efforts pour San Pedro l'emportèrent et les travaux commencèrent en 1899 pour se terminer en 1910. Otis Chandler et ses alliés amendèrent la loi de l'État en 1909 permettant à Los Angeles d'absorber San Pedro et Wilmington.

L'aménagement de l'aqueduc de Los Angeles

L'aqueduc de Los Angeles.

Afin de soutenir la croissance démographique (en 1900, la population avait dépassé les 100 000 habitants) et de répondre aux défis à venir, on se mit à cherche de nouvelles sources d'eau pour la métropole. À 400 km au nord-est de Los Angeles, dans le comté d'Inyo, près de la frontière avec le Nevada, dans la région désertique de la vallée Owens, coulait la rivière Owens. Elle représentait un flux permanent d'eau fraîche nourri par la fonte des neiges de la Sierra Nevada qui se terminait en un lac salé.

Entre 1899 et 1903, Harrison Gray Otis et son successeur, son gendre Harry Chandler, dirigèrent avec succès des efforts pour racheter des terres bon marché aux bordures de Los Angeles dans la vallée de San Fernando. Ils prirent ensuite le contrôle de la rivière Owens et construisirent un aqueduc, en grande partie conçu par William Mulholland pour amener l'eau de la vallée de Owens à travers les montagnes et le désert à la vallée de San Fernando. J.B. Lippencott, du United States Reclamation Service (qui recevait aussi secrètement un salaire de la ville de Los Angeles) réussit à persuader les fermiers de la vallée de l'Owens et les compagnies d'eau de joindre leurs intérêts et de laisser les droits à l'eau sur 800 km² de terres à cet endroit à Fred Eden, l'agent de Lippencott et ancien maire de Los Angeles. Eden démissionna ensuite du Reclamation Service, fut embauché par le Bureau de l'Eau de Los Angeles comme assistant à William Mulholland, chef du bureau, et donna toutes les cartes, études de terrain et mesures de flux développés par le service à la ville.

En juillet 1905, le Los Angeles Times commença à avertir les électeurs de Los Angeles que le comté serait vite sec à moins qu'ils votent pour l'émission d'obligations pour la construction d'un aqueduc amenant l'eau depuis la rivière Owens. Des conditions de sécheresse artificielle furent créées quand l'eau était envoyée dans les égouts pour réduire la pression sur les réserves d'eau et les habitants n'avaient pas le droit d'arroser leurs pelouses et jardins. Le jour de l'élection, les habitants de Los Angeles votèrent pour une émission d'obligations de 22,5 millions de dollars pour construire l'aqueduc et pour financer les autres coûts du projet. Avec cet argent, la ville acheta la terre qu'Eden avait acquise des fermiers de la vallée de l'Owens. Mulholland commença alors à construire ce qui était à l'époque le plus long aqueduc du monde.

Naissance et développement du cinéma à Hollywood (1914-1940)

Chinese Theatre, Los Angeles.

C'est au cours de la Première Guerre mondiale que le cinéma prend son essor à Hollywood : dès 1913, les grands réalisateurs comme Cecil B. DeMille ou Jesse L. Lasky rejoignent Los Angeles. La guerre affaiblit le cinéma européen et permet à Hollywood de devenir « La Mecque mondiale du cinéma »[5]. Rapidement, Hollywood attire des acteurs et des techniciens et de grandes compagnies se constituent : les Warner Brothers Studios sont créés en 1923 à Hollywood. Dans les années 1930, la Metro-Goldwyn-Mayer devient la plus grande société de production d'Hollywood : ses studios s'étendent sur 35 000 hectares et emploient 6 000 personnes[6]. Elle produit de nombreux classiques, parmi lesquels Grand Hotel ou la série des Tarzan et fait de Greta Garbo et de Joan Crawford des stars. Les oscars sont créés à la fin des années 1920. La Grande Dépression affecte Hollywood à partir de 1933.

Pendant et après la Seconde Guerre mondiale (1941-1950)

Durant la Seconde Guerre mondiale, Los Angeles devint un centre de production d'avions, d'armes et de munitions.

En 1938, 60 % des avionneurs américains résidaient en Californie du Sud, principalement dans les régions métropolitaines de Los Angeles et de San Diego, on parle de plus d'une vingtaine de compagnies dont Douglas, Lockheed, Vega (en), Northrop, Hughes Aircraft, McDonnell pour ne citer que les plus grosses, plus leurs sous-traitants. La Californie à la fin de la seconde Guerre Mondiale détiendra 70 % de la fabrication aérospatiale aux États-Unis. De plus, la Marine avait grandement contribué à la croissance de San Diego et, dans une moindre mesure, à celle de Long Beach. les métropoles de San Diego et de Los Angeles devinrent le plus grand complexe militaro-industriel urbain du pays.

Des milliers d'Afro-Américains et de Blancs du sud y migrèrent pour prendre des emplois d'usine.

En 1950, Los Angeles était devenue un géant industriel et financier créé par la production pour la guerre et la migration. Los Angeles assemblait plus de voitures que toute autre ville des États-Unis à part Détroit, faisait plus de pneus que toute autre ville à part Akron (Ohio), faisait plus de meubles que Grand Rapids, et cousait plus de vêtements que toute autre ville à part New York. D'autre part, c'était la capitale nationale pour la production de films, de programmes radio et, quelques années plus tard, de programmes de télévision. La construction était un secteur en croissance exponentielle alors que des maisons étaient construites sur modèle dans des banlieues en expansion constante, le tout financé par les largesses de la Federal Housing Administration (créée comme partie du programme du New Deal).

Los Angeles continua de s'étendre, en particulier avec le développement de la vallée de San Fernando et la construction des autoroutes, commencée dans les années 1940. Los Angeles devint une ville construite autour de l'automobile, avec tous les problèmes sociaux, politiques et de santé que cette dépendance peut produire.

La « suburbanisation » de la ville

L'expansion urbaine de la ville devint une spécificité notable de la ville, et le rythme de l'expansion s'accéléra dans les premières décennies du XXe siècle. La vallée de San Fernando, parfois nommée « la banlieue de l'Amérique », devint un site favori de construction, et la ville commença à grandir au-delà de son site originel vers l'océan et l'est.

La pollution et les crises de smog

Un fort smog sur Los Angeles en 1973.

Bien que la ville s'agrandissait, la croissance de population, de voitures, et d'industrie contribuaient à une crise de pollution de l'air et aux smogs fréquents dont la ville devint célèbre. À cause de la situation naturelle de la ville au sein du Bassin de Los Angeles, des émissions et la pollution ont tendance à devenir piégés et à s'aggraver.

Dès les années 1940, il y avait plus de 1 million de voitures dans la ville et les smogs devenaient de plus en plus sévères. La croissance industrielle et démographique qui eut lieu pendant la Seconde Guerre Mondiale causa également une forte augmentation de la pollution[7]. Une vague de smog en juillet 1943 était si sévère qu'elle fit croire aux habitants que les japonais avaient attaqué la ville avec des armes chimiques[8]. Pendant les années 1960, la ville enregistrait annuellement 200 de jours de smog en moyenne[8]. Mais le lien entre les voitures et le smog ne fut pas compris avant années 1950[9].

Pour atténuer les effets de la pollution, en 1947 le comté de Los Angeles créa le District de Contrôle de la Pollution de l'Air, une autorité pouvant activer les sirènes de raid aérien pour avertir la population de la ville de rester à l'intérieur pendant les jours de pic de pollution[9].

Les smogs à Los Angeles commencèrent à diminuer après l'adoption du Clean Air Act par l'administration de Richard Nixon en 1970. Cette loi donna à l'État de Californie des pouvoirs plus étendus pour réglementer les niveaux d'émissions.

Désindustrialisation et mouvements sécessionnistes (1950-2000)

Durant les cinquante dernières années, Los Angeles a connu une forte désindustrialisation. La dernière usine automobile fut fermée dans les années 1990 ; les usines de pneumatiques et d'acier ont été délocalisées auparavant. La plupart des activités agricoles et d'élevage qui prospéraient toujours dans les années 1950 se sont déplacées dans les comtés avoisinants et l'industrie du meuble s'est déplacée au Mexique et d'autres pays où les salaires sont plus faibles. L'industrie aérospatiale s'est fortement réduite à la fin de la Guerre froide ou s'est déplacée dans des États dans lesquels les impôts sont plus faibles ; l'industrie du cinéma a trouvé des endroits moins coûteux pour la production de films, programmes de télévision ou publicités ailleurs aux États-Unis ou au Canada. Bien que Los Angeles soit toujours un centre majeur pour la confection et le textile, la ville est devenue bien plus dépendante du secteur des services.

Ces changements macroéconomiques ont causé d'importantes mutations sociales. Bien que le chômage se soit réduit à Los Angeles dans les années 1990, les emplois nouvellement créés étaient surtout des emplois à bas salaire, souvent occupés par les immigrants récents ; certains ont suggéré que le nombre de familles pauvres aurait augmenté de 36 % à 43 % de la population du comté de Los Angeles à cette époque. En même temps, le nombre d'immigrants du Mexique, d'Amérique centrale et d'Amérique latine fit de Los Angeles une ville « majoritairement minoritaire » qui sera bientôt majoritairement hispanique.

On assiste depuis peu à une recomposition ethnique. Ainsi, le quartier de Watts, autrefois essentiellement noir, est maintenant plutôt latino. Compton, en dehors de la ville de Los Angeles, mais dans le comté de Los Angeles, et qui a gagné une certaine célébrité à travers la musique rap de N.W.A. et autres groupes, est aussi de plus en plus latino. Bien que la communauté latino de la ville ait été auparavant essentiellement centrée sur Los Angeles Est, elle s'étend maintenant sur toute la ville. La vallée de San Fernando, un bastion blanc dans les années 1960 qui fournit les votes permettant à Sam Yorty de battre la première élection courue par Tom Bradley, est maintenant aussi diverse ethniquement que le reste de la ville de l'autre côté des collines d'Hollywood.

Au lieu de se sentir plus proche, cependant, le contraire semble s'être produit. À la fin du XXe siècle, quelques-unes des banlieues commencèrent à se sentir exclues des choix politiques de la mégapole, causant un mouvement de sécession dans la vallée de San Fernando et d'autres plus faibles à San Pedro et Hollywood. Les référendums visant à séparer les villes furent rejetés par les électeurs en novembre 2002.

Cependant, la plupart de ces problèmes ne se ressent pas si durement dans la vie de Los Angeles, faisant finalement de la Cité des Anges un endroit où il fait bon vivre, toute relativité moderne considérée.

Incendies de 2025 à Los Angeles

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Incendies de Californie du Sud en 2025 et Service forestier des États-Unis.

Depuis le , une série d'incendies touche la région métropolitaine de Los Angeles et les régions environnantes en Californie du Sud, notamment à Pacific Palisades, Eaton, Hurst et Sunset.

Manifestations contre les raids de la police de l'immigration

Soldats de la Garde nationale à Los Angeles le .

En , la Californie est le théâtre de manifestations s'opposant aux raids de la police fédérale de l’immigration (ICE). Le président américain, Donald Trump, a envoyé à Los Angeles 4 200 soldats de la Garde nationale[10], puis plusieurs centaines de Marines[11], ainsi qu'une surveillance par des drones militaires Predator[12]. Ce déploiement s'est fait contre l'avis du gouverneur de Californie, Gavin Newsom, et de la maire de Los Angeles, Karen Bass, qui accuse le président de provoquer volontairement les troubles[13].

Histoire thématique de Los Angeles

Notes et références

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