Histoire de Manchester
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L'histoire de Manchester a vu passer cette ville d'un petit fort romain à une des plus importantes métropoles industrielles du Royaume-Uni et même du monde. La ville de Manchester commence à croître à une vitesse étonnante au XIXe siècle, grâce au fort développement de l'industrie du textile au cours de la révolution industrielle.
La ville de Manchester voit naître la première station de chemin de fer destinée à transporter des passagers, ainsi que d'autres réalisations scientifiques. Mais au milieu du XXe siècle l'économie industrielle de la ville commence à décliner, ce qui cause d'importants problèmes sociaux. En 1996, le centre-ville est l'objet d'un attentat revendiqué par l'IRA, le plus important sur le sol de la Grande-Bretagne, qui fait 200 blessés mais pas de morts. La ville demeure tout de même aujourd'hui une ville post-industrielle majeure du Royaume-Uni, à la suite de divers investissements.
La région où est aujourd'hui situé Manchester était autrefois le territoire des Brigantes, une importante tribu celtique vivant au nord de l'Angleterre actuelle. Ceux-ci ont alors une forteresse localisée sur un affleurement rocheux où se tient actuellement la cathédrale de Manchester, face à la rive de l'Irwell[1]. Leur territoire s'étend sur de vastes plaines fertiles, à l'emplacement des actuelles villes de Salford et de Stretford. À la suite de la conquête de la Grande-Bretagne par les Romains au Ier siècle, le général romain Cnaeus Julius Agricola ordonne la construction du fort de Mamucium en 79, afin de préserver les intérêts romains à Deva Victrix (Chester) et Eboracum (York) des attaques des Brigantes[1]. L'emplacement du centre de Manchester est resté le même depuis cette époque[2]. Une partie des fondations du fort romain est encore visible à Castlefield. L'occupation romaine de la ville prend certainement fin aux alentours du IIIe siècle ; les habitations civiles semblent avoir été abandonnées au milieu du IIIe siècle, mais le fort conserve probablement une petite garnison jusqu'à la fin du IIIe siècle ou le début du VIe siècle[3].
Au moment de la conquête normande en 1066, la ville s'est déplacée vers la confluence des rivières Irwell et Irk[4]. Une vaste partie de la région est laissée à l'abandon après que les Normands ont dévasté le nord de l'Angleterre[5],[6].

Le seigneur Thomas de la Warre fonde une collégiale pour la paroisse de Manchester en 1421. L'église est aujourd'hui devenue la cathédrale de Manchester ; les anciens locaux de la collégiale abritent maintenant l'école de musique et la bibliothèque de Chetham[4],[7]. On mentionne par ailleurs l'existence d'un marché à Manchester en 1282[8].
Vers le XIVe siècle, Manchester accueille un afflux de tisserands flamands. Pour certains, c'est cette immigration qui est à l'origine du développement de l'industrie textile dans la région[9]. Manchester prend en effet une importance notable dans la fabrication et le commerce de lainage et de toile et, vers 1540, cette activité s'est développée à tel point que John Leland décrit la ville comme « la plus attirante, la mieux construite et la plus peuplée des villes de tout le Lancashire »[4]. La cathédrale et les bâtiments de Chetham sont les seuls vestiges du Manchester de Leland qui nous sont parvenus[5].
Le XVIIe siècle voit l'usage du coton se développer significativement, tout d'abord avec la production de futaine (étoffe croisée et pelucheuse qui servait à faire des jupons, des doublures, des camisoles)[10] en coton et lin, puis, vers 1750, avec la production de tissus en coton pur, qui devient alors d'usage plus courant encore que la laine[4]. L'Irwell et la Mersey sont rendues navigables en 1736, ouvrant une route maritime entre Manchester et le port situé en aval sur la Mersey. Le canal de Bridgewater, première voie d'eau entièrement artificielle de Grande-Bretagne, est ouvert en 1761. Il permet d'apporter le charbon provenant de Worsley dans Manchester même. Le canal est prolongé vers la Mersey en 1776. Par ailleurs, les progrès de l'industrie permettent de réduire de moitié le coût du charbon et donc de diviser les coûts de transport du coton par deux[4],[7]. Le marché de Manchester recueille à l'époque la majorité des textiles produits dans les villes environnantes[4]. Une bourse de commerce est ouverte en 1729[5], et la présence de nombreux grands entrepôts facilite les échanges.
En 1780, Richard Arkwright commence la construction de la première usine de filage de coton[5],[7].



