Histoire de l'Union sportive arlequins perpignanais
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Cet article présente l'histoire du rugby à Perpignan avec l'Association sportive perpignanaise, l'Union sportive perpignanaise et l'Union sportive Arlequins perpignanais.

Le rugby arrive à Perpignan en avec le club de l’Union athlétique du collège de Perpignan (l'UACP)[1]. Le premier club civil, le Stade roussillonnais est fondé en 1896[1].
Le [2], un groupe de jeunes notables de Perpignan[Note 1] créé l'Association sportive perpignanaise (ASP)[2]. En , l’ASP bat l’École vétérinaire de Toulouse pour le titre de champion du Sud de deuxième série[3] suivi, en 1904, du titre de champion du Roussillon (6 à 0 face à l'UACP)[3]. De 1905 à 1911, le club remporte tous les titres de champion du Languedoc[3].
Fin 1906, l'ASP fusionne avec le Stade roussillonnais (sous l'impulsion, notamment, de Marcel Laborde[4]) puis, toujours sous l'impulsion de Marcel Laborde et de Jean Payra[4], avec quatre autres clubs perpignanais (le Perpignan sportif, le Football Club, la Colombe sportive, et le Rugby club) en 1909[5].
Sur le plan des différents championnats, lors de la saison 1907-1908, l'ASP bat le Stade des étudiants de Montpellier 3 à 0 en finale du championnat du Languedoc[6] mais est ensuite éliminé par le Football Club Vélo auscitain (7 à 3) dès le premier match du champion de France de deuxième série[6].
La saison suivante (1908-1909), après avoir conservé le titre de champion du Languedoc[6], l'ASP s'incline de nouveau dès le premier match du championnat de France de deuxième série disputé contre l'US Montauban (3 à 0)[6].
Durant de la saison 1909-1910, l'ASP remporte le championnat du Languedoc face à Lézignan (6 à 4)[7]. Le premier match du championnat de France de deuxième série l'oppose au champion du Littoral : l'Association sportive arlésienne[7]. Ce match disputé à Arles est une formalité pour les catalans qui passent 79 points (dont 23 essais) aux provençaux[8]. Le match suivant face au FVC Auch à Perpignan est plus disputé et se termine sur la victoire de l'ASP 7 à 4[9]. En demi-finale, l'ASP s'incline à Auch 13 à 3 face à l'Aviron bayonnais[10].
Lors de la saison 1910-1911, l'ASP s'impose 3 à 0 contre le RC Narbonne en finale du championnat du Languedoc puis élimine successivement le Toulouse Employés Club (champion des Pyrénées) 13 à 0 sur le stade des Ponts Jumeaux à Toulouse[11], le CA Brive (champion du Limousin) 3 à 0 à Perpignan[12] et, en demi-finale, l'Union athlétique libournaise 13 à 3 sur le terrain de Carcassonne[13]. Le l'ASP devient champion de France de deuxième série (le deuxième niveau national à l'époque) en l'emportant, au stade de Colombes, 20 à 5 sur l'US Dole[14]. Dans cette équipe évoluent les deux centres Gilbert Brutus (capitaine) et Félix Barbe ainsi que Fernand Vaquer à l'ouverture et Maurice Gravas en seconde ligne.
Durant la saison 1911-1912, l'ASP perd son titre de champion du Languedoc face au RC Narbonne (3 à 0)[15]. La saison se termine prématurément pour le club qui finira la saison avec des matchs amicaux. Lors de l'un d'eux qui se déroula contre le SCUF, le capitaine de l'équipe, Gilbert Brutus, contestant les décisions de l'arbitre, quitte ses partenaires peu avant la mi-temps[16], suivi un peu plus tard d'Amilhat[16]. Depuis la défaite en finale du championnat du Languedoc, des rancœurs et des jalousies sont apparues et un conflit ouvert éclate au sein du club[5] et aboutit au départ, voire à l'exclusion, de plusieurs membres et joueurs, dont le capitaine de l'équipe, Gilbert Brutus[17] qui vont alors fonder le le Stade olympien perpignanais (SOP)[18].
Pour la saison 1912-1913, l'arrivée comme entraîneur-joueur du technicien gallois Rowland Griffiths[19], tout juste finaliste du championnat avec le Racing club de France, va faire franchir un palier au club. L'ASP redevient champion du Languedoc et s'incline en demi-finale du championnat (3 à 0 le face au SBUC). De son côté, le SOP devient champion de France de deuxième série le en battant l'AS Française sur le score de 14 à 8[20].

Lors de la saison 1913-1914, sous la pluie[21], l'ASP bat facilement le RC Toulon, champion du Littoral, 25 à 0 le [21] et se retrouve dans la même poule de qualification que l'Aviron bayonnais (champion de France en titre) et le Stade toulousain, champion deux saisons plus tôt. Le premier match, le à Bayonne, débute par un essai transformé des catalans aussitôt suivi de la réplique basque. 5 à 3 pour l'ASP, mais la blessure (luxation du coude dès le premier quart d'heure)[22] de l'arrière de l'ASP, Estrade, oblige le club perpignanais à se réorganiser[Note 2] et à évoluer avec 7 avants[22]. À la mi-temps, le score est de 6 à 5 pour l'Aviron. En fin de match, alors que le score est de 12 à 8 pour les locaux, les catalans pensent arracher la victoire avec un essai entre les poteaux de l'ASP injustement refusé par l'arbitre, Monsieur Wooley, malgré l'affirmation de son juge de touche, Monsieur Biraben[22]. Même à 12 à 11 pour les basques, avec la transformation facile à suivre, l'ASP aurait remporté cette rencontre. Cet incident fit l'objet d'une réclamation du club[22] (réclamation qui ne donnera rien). Finalement, l'ASP s'incline 15 à 8. Après avoir facilement battu[23] le Havre AC 27 à 5 une semaine plus tôt, les catalans se défont 13 à 0 du Stade toulousain le à Perpignan. Avec 2 victoires pour une 1 défaite, Perpignan, Toulouse et Bayonne se retrouvent à égalité et le finaliste reste à désigner[Note 3]. On procède alors à un tirage au sort : les catalans et les basques s'affronteront pour désigner l'adversaire des toulousains pour déterminer le second finaliste (le Stadoceste tarbais ayant terminé seul premier de l'autre poule de qualification est déjà assuré de sa place en finale)[24]. Le premier match, joué le à Perpignan, est, de l'avis de nombreux journalistes, très âprement disputé[25]. Après deux heures de jeu[25], perpignanais et bayonnais ne peuvent se départager (6-6). Le match doit être rejoué sur terrain neutre. Malgré un accord entre les catalans et les basques de disputer ce match à Bordeaux[25], l'U.S.F.S.A. décide que cette partie se disputera à Bayonne le . Invaincus depuis deux ans sur leur pelouse[26], l'Aviron bayonnais est battu par l'ASP (3 à 0) qui prend donc sa revanche sur les basques après la première rencontre entre les deux équipes, mais aussi sur l'Union (l'U.S.F.S.A.)[Note 4] et gagne le droit de disputer un dernier match qualificatif à Toulouse face au Stade toulousain. La semaine précédant ce match, l'entraineur de l'ASP, le Capitaine Augistrou, décède accidentellement[27]. Cet événement n'empêche pas les joueurs perpignanais de l'emporter 6 (un essai et un coup franc) à 0 qui se qualifient pour la finale. Ce , le public toulousain est hostile aux catalans[28]. Très rapidement, les Tarbais se retrouvent à 14 à la suite de l'expulsion du talonneur Fauré[24] puis à 13 après la blessure de leur capitaine Duffour[24]. Pourtant, à la mi-temps le score est toujours de 0 à 0. Dès la reprise, les tarbais inscrivent un essai par Lastagaray et un drop de Gardeix. Le Stadocest mène alors 7 à 0. Le capitaine de l'ASP, Félix Barbe, donne alors pour consigne : "Ouvrez ! Ouvrez !"[29]. Malgré deux essais refusés par l'arbitre[30], les catalans se ruent à l'attaque et, à la 60e minute, François Nauté inscrit le premier essai de son club mais Aimé Giral loupe la transformation facile[24]. À 4 minutes de la fin du match, Félix Barbe inscrit le second essai de son club. "C'est bon, je la passe" affirme alors Aimé Giral[31] qui, du bord de la touche, réussi la transformation et donne le titre à l'ASP[24]. Ce titre est endeuillé par la disparition, au lendemain de la finale, de Rowland Griffiths à Marseille[32].
Trois mois après la finale débute la Première Guerre mondiale.
| 2e série 1910-1911[14] 23/04/1911 - 15:00 |
Association sportive perpignanaise | 20 – 5 | US Dole | stade de Colombes Arbitre : M. Wolley |
| Essai(s) : Barbe (3), Codine, Mathieu, Cot Transformation(s) : Gravas (1) |
Essai(s) : 1 Transformation(s) : 1 | |||
| 2e série 1912-1913[20]. 27/04/1913 |
SO Perpignan | 14 – 8 | Association sportive française | |
| Essai(s) : Roger, Flourac, Schulmeister, Pujol Transformation(s) : Paillissé |
Essai(s) : Belly Transformation(s) : Belly Pénalité(s) : Belly | |||
| Championnat de France 1913-1914[33] 03/05/1914 |
Association sportive perpignanaise | 8 – 7 (0-0) |
Stadoceste tarbais | Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse 10 000 spectateurs Arbitre : Charles Gondouin |
| Essai(s) : Nauté (60e), Barbe (76e) Transformation(s) : Giral (76e) |
Essai(s) : Lasteraray (45e) Drop(s) : Gardeix (50e) | |||
Durant la Première Guerre mondiale : les Green Devils

Dès les premiers jours d', les hommes sont mobilisés. Lors d'un rassemblement entre joueurs et dirigeants de l'ASP au stade de la route de Thuir, les appelés cousent le blason de l'équipe sur la manche de leur capote, se promettant, à la fin du conflit, de servir de nouveau le club[34]. Sept joueurs n'en reviendront pas : Raymond Schuller (le ), Maurice Gravas (le ), François Fournié (le ), Joseph Lida (le ), François Nauté (le ), Aimé Giral (le ) et Joseph Couffe (le ), tous champions de France sous les couleurs de l'ASP en 1914, seront tués pendant le conflit[35]. Aimé Giral donnera son nom au stade du club[36]. Le vice-président du club, Jean Laffon, tombera aussi (le ) et donnera, en 1922, son nom au premier stade du club[37] ainsi que le secrétaire du club, Marcel Mossé (le ). À ces morts de l'équipe première de l'ASP, il faut ajouter ceux du SOP : A. Martre, F. Henric, I. Saillens et L. Schulmeister. Au total, se sont 49 joueurs et dirigeants des deux clubs perpignanais qui seront tués lors du conflit. Un monument aux morts leur est dédié à l'entrée de l'actuel stade de l'USA Perpignan, le stade Aimé-Giral.
Malgré la suspension du championnat de France, les garçons non mobilisés continuent de jouer pour l'ASP sous le nom de Green Devils perpignanais (par respect aux joueurs de l'ASP appelés à défendre la patrie[38]). Managés par Albert Bausil, ils sont champions du Languedoc en 1916[37] face au SOP qui remporte le titre en 1917[39].
Les années 1920 : l'Union sportive perpignanaise

À la reprise, le , les deux clubs perpignanais (l'ASP et le SOP) fusionnent (fusion qui sera ratifiée lors de l'assemblée plénière de fin de saison le [40]) et créent l'Union sportive perpignanaise[41]. Pour sceller le changement, et à l'initiative de Jules Chevalier[42], les dirigeants adoptent le maillot ciel, sur un short blanc et des bas sang et or (mais les joueurs préféreront évoluer en blanc)[42].
En 1920, l'équipe III du club remporte le titre de champion de France (21-0 face à l'Aviron bayonnais). Au cours de la finale, Roger Ramis, âgé seulement de 18 ans, inscrit les trois essais de son équipe[43].
En 1921, les quatre équipes du clubs sont sacrées championnes du Languedoc et les équipes I et II championnes de France. Ce deuxième titre majeur est remporté face au Stade toulousain au stade Sauclières de Béziers. La partie bascule sur une touche rapidement jouée par l'USP[44] à la suite d'une attaque du jeune Roger Ramis[43]. Lors de cette finale officiait le pilier de l'USP, Joseph Martorell, qui avait disputé la finale du championnat de France avec l'équipe 2 de l'USP (contre le Racing Club de France) deux semaines plus tôt[45]. Il fut donc sacré deux fois champion de France la même saison.

Entre 1924 et 1926, l’USP dispute trois finales consécutives. Après une défaite face au Stade toulousain, elle gagne celle de 1925 contre l’Association sportive carcassonnaise (5-0 lors de la seconde finale après l'interruption de la première à 0-0 pour cause d'intempéries[46]) et perd la dernière encore contre son grand rival méridional, le Stade toulousain (5 titres en 6 finales entre 1921 et 1927).
À l'issue de cette saison et à la suite d'un désaccord avec ses dirigeants[47], Gilbert Brutus, entraîneur de l'USP, part pour l'US Quillan, entraînant avec lui sept joueurs[Note 5] du club[48].

Parmi les autres clubs existants à Perpignan, l'Arlequin club perpignanais (appelés les Quins[Note 6]) arrivent en finale de deuxième division (défaite 18 à 6 face au Club sportif de Vienne) et accèdent à l'élite du rugby français en 1927[49]. Ils proposent à l’USP des derbys féroces. Ainsi, le , l'arbitre dut sortir pas moins de dix joueurs, cinq de chaque côté, tant la bataille avait été virulente[50]. Ce club est, lui aussi, pillé par le club de Quillan puisque quatre joueurs[Note 7] rejoignent le club audois[48].
Dépouillés de leurs meilleurs joueurs, les deux clubs perpignanais vont végéter dans un championnat[51] où les clubs les plus riches se servent chez les autres ce qui est à l'origine de la scission entre l'Union française de rugby amateur (UFRA) et la Fédération française de rugby (FFR) en 1930[52].
Lors des saisons 1930-1931 et 1931-1932, l'USP choisit de suivre les autres clubs dissidents[Note 8] et de disputer le championnat UFRA[53] pendant que les Quins restent dans le giron de la FFR[53].
| Championnat de France 1920-1921[33] 17/04/1921 |
Union sportive perpignanaise | 5 – 0 | Stade toulousain | Stade de Sauclières, Béziers Arbitre : Robert Dussaut |
| Essai(s) : Duron Transformation(s) : Marmayou |
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| Championnat de France 1923-1924 27/04/1924 |
Stade toulousain | 3 – 0 (3-0) |
Union sportive perpignanaise | Parc Lescure, Bordeaux Arbitre : Henri Lahitte |
| Essai(s) : Serres |
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| Championnat de France 1924-1925 26/04/1925 |
Union sportive perpignanaise | 0 – 0[Note 9] | Association sportive carcassonnaise | Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse Arbitre : Robert Vigné |
| Championnat de France 1924-1925 03/05/1925 |
Union sportive perpignanaise | 5 – 0 (5 - 0) |
Association sportive carcassonnaise | Parc Maussan, Narbonne Arbitre : Robert Vigné |
| Essai(s) : Ramis (30e) Transformation(s) : Ramis (30e) |
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| Championnat de France 1925-1926 02/05/1926 |
Stade toulousain | 11 – 0 (3-0) |
Union sportive perpignanaise | Parc Lescure, Bordeaux Arbitre : Marcel Heurtin |
| Essai(s) : Raymond, Cazenave, Borde Transformation(s) : Sémat |
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Les années trente et la Seconde Guerre mondiale - La première USAP

Le , la fusion entre les deux clubs (USP et Quins) devient effective et le nouveau club prend le nom d'Union sportive Arlequins perpignanais (USAP)[54]. Il a pour président le docteur Pierre Nicolau[54] (ancien président de l'USP) et son adjoint est Joseph Bazia[54] (ancien président des Quins).
Ardent fusioniste en 1909 (lors de la fusion entre l'ASP et le Perpignan sportif)[54] et en 1919 (pour celle entre l'ASP et le SOP)[54], Marcel Laborde est cette fois écarté de la nouvelle direction. Il décide de recréer l'Association sportive perpignanaise (ASP) en [55]. Il est alors contacté par Jean Galia qui, venant d'être radié par la FFR pour non-respect des règles de l'amateurisme[56], s'est rapproché des Anglais de la Rugby Football League[57]. Ils vont créer, le , un club de rugby à XIII : le XIII catalan[55]. Ce nouveau club recrute bon nombre de joueurs de l'USAP (Camille Montade, François Noguères ...)[58] ainsi que Roger Ramis pour devenir le premier entraineur des treizistes[55].
Lors de la saison 1934-1935, l'USAP remporte son premier titre en challenge Yves du Manoir (3-3 puis 6-0 face à l'Association sportive montferrandaise) mais, fatigué, s'incline en finale du championnat face au Biarritz olympique (3 à 0) après avoir éliminé le champion de France en titre, l'Aviron bayonnais, en quart de finale (19 à 8) et le Club sportif de Vienne en demi-finales (11 à 10).
La saison suivante (1935-1936), l'USAP continue de se structurer. En est créée l'équipe junior Franz Reichel[59]. Les séniors s'inclinent en demi-finale du championnat de France 3 à 0 face au Racing club de Naronne (futur champion de France) et en finale du challenge du Manoir 9 à 3 face à l'Aviron bayonnais.
En 1936-1937, l'USAP suit le même parcours avec une défaite en demi-finale du championnat (3 à 0 face à l'AS monferrandaise), après avoir battu Grenoble en quart de finale 3-0 et une autre en finale du challenge (23 à 10 face au Biarritz olympique). De leur côté, les juniors Franz Reichel remportent leur premier titre[Note 10].
Lors de la saison 1937-1938, après deux demi-finales perdues, l'USAP, emmené par Jep Desclaux, s'impose en finale du championnat de France 11 à 6 contre le Biarritz olympique après avoir disposé du Lyon OU en quart de finale (19 à 3) et du Stade bordelais en demi-finale (8 à 3) tandis qu'il s'incline pour la troisième fois consécutive en finale du challenge Yves du Manoir face à l'AS montferrandaise (23 à 10). L'année est faste pour le club puisque les juniors Franz Reichel conservent leur titre de champion de France[Note 11].
Mais le club perd son titre la saison suivante (1938-1939) lors de la troisième finale du championnat face aux basques en quatre ans (6 à 0).

La Seconde Guerre mondiale intervient. En , le club est obligé de quitter le stade Jean-Laffon et s'installe sur le stade Aimé-Giral[36]. En 1942, sous la pression de l'État français, le terme « arlequins » est remplacé par « athlétique »[60]. La guerre fait de nouvelles victimes dans les rangs perpignanais notamment Gilbert Brutus qui, devenu résistant, meurt en captivité le [61] et donnera lui aussi son nom à un stade de Perpignan[60].
La saison 1942-1943 s'achève par une défaite en demi-finale de la zone Sud contre le SU Agen après une victoire contre le FC Grenoble en quart de finale pour les seniors et le troisième titre pour les juniors en Coupe Frantz-Reichel[Note 12].
Lors de la saison 1943-1944, le club devient champion de France en disposant de l'Aviron bayonnais en finale sur le score de 20 à 5. Malheureusement pour les supporters de l'USAP, le train devant les conduire de Perpignan au Parc des Princes est arrêté plusieurs fois en raison d'alertes aériennes et les catalans n'arriveront au stade qu'à un quart d'heure de la fin de match[62] avec plus de 7 heures de retard[62]. Comme en 1926, l'équipe championne de France sera dépouillée de plusieurs joueurs[Note 13] mais par les clubs professionnels de rugby à XIII cette fois[63] dont le jeune arrière, Robert Puig-Aubert, parti à Carcassonne pour y devenir une légende du rugby à XIII français[64].
| Challenge Yves du Manoir 1934-1935 17/03/1935 |
USA Perpignan | 3 – 3 | AS montferrandaise | Stade Mayol, Toulon |
| Essai(s) : Dauder |
Essai(s) : Bellot | |||
| Challenge Yves du Manoir 1934-1935 07/04/1935 |
USA Perpignan | 6 – 0 | AS montferrandaise | Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse |
| Essai(s) : Gras, Bentouré |
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| Championnat de France 1934-1935 12/05/1935 |
Biarritz olympique | 3 – 0 (3-0) |
USA Perpignan | Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse Arbitre : Abel Martin |
| Essai(s) : Errecart |
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| Challenge Yves du Manoir 1935-1936 13/03/1936 |
Aviron bayonnais | 9 - 3 | USA Perpignan | Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse |
| Essai(s) : Vignau Transformation(s) : Ellissalde Drop(s) : Zabaletta |
Essai(s) : Raynal | |||
| Challenge Yves du Manoir 1936-1937 25/04/1937 |
Biarritz olympique | 3 - 0 (0 - 0) |
USA Perpignan | Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse |
| Essai(s) : Mounien |
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| Challenge Yves du Manoir 1937-1938 06/03/1938 |
AS montferrandaise | 23 - 10 (8 - 10) |
USA Perpignan | Stade Mayol, Toulon |
| Essai(s) : Vesvre, Bellot, Cognet Transformation(s) : Thiers Pénalité(s) : Thiers (2) Drop(s) : Thiers |
Essai(s) : Serre Pénalité(s) : Desclaux Drop(s) : Moliner | |||
| Championnat de France 1937-1938 08/05/1938 |
USA Perpignan | 11 – 6 (5 - 6) |
Biarritz olympique | Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse Arbitre : Léopold Mailhan |
| Essai(s) : Casenove (34e), Brazes (55e, 69e) Transformation(s) : Desclaux (34e) |
Essai(s) : Sallenave (25e) Pénalité(s) : Bourthayre (20e) | |||
| Championnat de France 1938-1939 30/04/1939 |
Biarritz olympique | 6 – 0 (0 - 0) |
USA Perpignan | Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse Arbitre : Paul Bergès |
| Essai(s) : Sorondo (2) |
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| Championnat de France 1943-1944 26/03/1944 |
USA Perpignan | 20 – 5 (6 - 5) |
Aviron bayonnais | Parc des Princes, Paris Arbitre : Louis Murail |
| Essai(s) : Trilles, Conte, Teulière, Got, Desclaux, Trescazes Transformation(s) : Puig-Aubert |
Essai(s) : Daugé Transformation(s) : Ellissalde | |||
De l'après-guerre à 1955

Ce nouvel exil est presque fatal au club qui, en 1949, échappe de peu à la relégation. En 1949, devant cette situation, les dirigeants font appel à une figure du club (Jep Desclaux) et à un ancien joueur et entraineur (Fernand Vaquer) pour entrainer les seniors. Le club, s'appuyant une fois de plus sur ces juniors (champions de France en 1947), repart de l'avant.
Les premiers résultats sont prometteurs : quarts de finale en 1950, demi-finale en 1951 et finale en 1952. Mais les années cinquante sont marquées par le FC Lourdes qui s'impose en finale 20 à 11.

La consécration arrive en 1955 avec le titre de champion de France (11 à 6 face au FC Lourdes). Le , à Bordeaux, la finale est arbitrée par Monsieur Laffite (du comité Périgord-Agenais) à qui, lors de la présentation des capitaines, André Sanac a dit « Monsieur l'arbitre, la dernière fois que vous nous avez arbitré, vous ne l'avez pas fait honnêtement[Note 14], et nous n'avons pas été contents de vous ... Je vous préviens que si cela se reproduit, nous quittons le terrain. Nos dirigeants sont prévenus et ils sont d'accord ! »[65]. Bien entendu, les joueurs furent satisfaits de l'arbitrage. Cette année sera une réussite pour le club qui remporte aussi le challenge du Manoir (22 à 11 face au SC Mazamet), le titre de champion de France avec ses juniors Reichel et est vice-champion avec ses juniors Crabos (catégorie créée en 1950 et déjà titrés en 1953 et 1954). Le club décrochera à cette occasion son quatrième challenge du club complet (après ceux de 1938, 1952 et 1953).
| Championnat de France 1951-1952 04/05/1952 |
FC Lourdes | 20 - 11 | USA Perpignan | Stadium municipal, Toulouse Arbitre : Roger Taddeï |
| Essai(s) : Manterola, F. Labazuy, Crabe, M. Prat, Estrade Transformation(s) : J. Prat Pénalité(s) : J. Prat |
Essai(s) : Grau, Galy Transformation(s) : Guasch Pénalité(s) : Guasch | |||
| Championnat de France 1954-1955 22/05/1955 |
USA Perpignan | 11 - 6 (5 - 6) |
FC Lourdes | Parc Lescure, Bordeaux |
| Essai(s) : Gauby, Garrigue, Torreilles Transformation(s) : Serre |
Essai(s) : F. Labazuy, J. Prat | |||
| Challenge Yves du Manoir 1954-1955 29/05/1955 |
USA Perpignan | 22 - 11 | SC Mazamet | Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse |
De 1955 à 1995
Lors de la saison 1955-1956, après avoir éliminé le SC Albi (17 à 0) en seizièmes de finale puis l'Aviron bayonnais (11 à 3) en huitième de finale, l'USAP, champion de France en titre, s'incline 11 à 0 face à l'US Dax en quart de finale du championnat de France. Par contre, le club atteint la finale du Challenge Yves du Manoir (dont il est le tenant du titre) mais s'incline à Paris face au FC Lourdes (3 à 0).
Le club commence à perdre de son lustre. Les départs de Fernand Vaquer mis en minorité par les membres du conseil d'administration en 1958[66] puis de Jep Desclaux en 1960[67] signent la fin de cette période.
Les années soixante vont voir le club s'ouvrir un peu vers l'extérieur avec l'arrivée de joueurs non catalans dont Jo Maso. L'équipe, dirigée par Jean Carrère, atteint la finale du challenge Yves du Manoir en 1965 mais s'incline en finale face à Cognac (5 à 3). Un conflit éclate ensuite au sein du club et abouti à l'éviction de Jean Carrère, les joueurs qui lui étaient fidèles quittant le club à l'intersaison suivante[68].
Les années soixante-dix s'annoncent prometteuses avec de nombreux joueurs titrés dans les équipes de jeunes. Après une demi-finale 1973 face à Tarbes, futur champion, au cours de laquelle deux essais furent refusés à l'USAP[69], le club arrive en finale en 1977 mais s'incline 12 à 4 face à l’AS Béziers.
Les années quatre-vingt confirment le déclin du club qui rentre dans l'anonymat du championnat de France. Heureusement, les catégories de jeunes continuent de briller.
Au début des années 1990, le club renoue avec les sommets de l'élite du rugby français, classé 2 fois premier club français à l’issue des matchs de poules (en 1993 et 1995) et atteignant donc régulièrement les phases finales sans parvenir à passer le cap des matchs éliminatoires, trop crispé par la peur de perdre. Toutefois, l'USAP remporte en 1994 son premier grand trophée national depuis 1955 : le challenge Yves du Manoir face à l'AS Montferrand (18-3). Ce troisième titre dans la compétition met fin à 39 ans de disette de l'équipe fanion.
| Challenge Yves du Manoir 1955-1956 09/06/1956 |
FC Lourdes | 3 - 0 | USA Perpignan | Parc des Princes, Paris |
| Pénalité(s) : Labazuy |
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| Challenge Yves du Manoir 1964-1965 29/05/1965 |
US Cognac | 5 - 3 | USA Perpignan | Parc des Princes, Paris |
| Championnat de France 1976-1977 29/05/1977 |
AS Béziers | 12 - 4 | USA Perpignan | Parc des Princes, Paris Arbitre : Gilbert Chevrier |
| Essai(s) : Astre Transformation(s) : Cabrol Pénalité(s) : Cabrol (2) |
Essai(s) : Fontana | |||
| Challenge Yves du Manoir 1993-1994 04/06/1994 |
USA Perpignan | 18 - 3 (3 - 0) |
AS Montferrand | Stade Maurice-Boyau, Dax 10 000 spectateurs Arbitre : M. Frantschi |
| Pénalité(s) : Amalric (20e), Tréséné (52e, 57e, 67e, 81e) Drop(s) : Tréséné (63e) |
Pénalité(s) : Pradier 55e | |||






