Histoire de la cartographie
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L'histoire de la cartographie est le reflet des connaissances techniques nécessaires à l'établissement de cartes, de l'Antiquité à nos jours. La cartographie est une partie intégrante de l'histoire de l'humanité depuis longtemps, peut-être même depuis 8000 ans[1]. Des peintures rupestres aux anciennes cartes de Babylone, de la Grèce à l'Asie, de l'âge de l'exploration jusqu'au XXIe siècle, l'humanité a créé et utilisé des cartes comme outils essentiels pour l'aider à définir, expliquer ses chemins à travers le monde, et naviguer. Les cartes furent au début des dessins en deux dimensions ; la représentation terrestre ou stellaire est quelquefois en trois dimensions (globes, modèles). Elles peuvent être stockées sous des formats purement numériques.


Les premières cartes connues représentent les étoiles et non la terre. Des points datés de 16500 av. J.-C., trouvés sur les parois de la grotte de Lascaux en France, montrent une partie du ciel nocturne incluant trois des étoiles les plus brillantes Véga, Deneb, et Altaïr (le Triangle d'été), ainsi que l'amas des Pléiades. La grotte d'El Castillo en Espagne possède également une carte de la Couronne boréale datée de 12000 av. J.-C.[2].
L'art rupestre, peinture ou gravure, utilise des éléments visuels simples qui peuvent avoir contribué à la reconnaissance des caractéristiques du paysage tels que des collines ou des logements[3]. En 2025, des motifs sculptés sont découverts dans l'abri de la Ségognole (forêt de Fontainebleau), qui représenteraient une carte miniature du réseau hydrographique local, vieille de 14 000 ans, une preuve inattendue des connaissances cartographiques des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur[4].
La carte de Bedolina est un pétroglyphe préhistorique reconnu comme l'une des plus anciennes cartes topographiques, les figures les plus anciennes ayant semble-t-il été gravées à la fin de l'Âge du bronze (3000-1000 av. J.-C.)[5]. En avril 2021, un article concernant la dalle gravée de Saint-Bélec redécouvre cet artefact mis au jour en Bretagne en 1900 et démontre qu'elle est également une représentation cartographique datant de l'Âge du bronze ancien (2150-1600 avant notre ère)[6].
Antiquité
Dans l'Antiquité, vers 150 ap. J.-C., le Grec Ptolémée prépare une carte générale du monde connu avec des cartes secondaires qui fournissent des noms de fleuves, de peuples, de villes ou de promontoires dont la localisation est basée sur une réflexion scientifique, mais dont la réalisation pratique est incertaine.
Moyen Âge

Au IXe siècle, l'Église représente le monde de façon cosmogonique : les cartes en T. Jérusalem est au centre, seules existent l'Europe, l'Afrique et l'Asie, entourées d'un océan. Ces représentations sont directement inspirées des connaissances de la période biblique. Ce type de cartes ne servait pas à se repérer. Elles étaient un support à la réflexion philosophique et religieuse. Les premières représentations cartographiques naissent au XIIe siècle. La Table de Peutinger sert alors d'itinéraire entre plusieurs villes et/ou régions, de façon linéaire. En 1154, le géographe arabe Al Idrissi réalise une carte du monde, très précise pour l'époque, la Tabula Rogeriana.
Vers la fin du XIIIe siècle, un nouveau type de carte apparaît : le portulan, très utile aux marins. Il représente les ports de commerce, les amers (objets fixes et visibles servant de point de repère en mer ou sur la côte), les îles et les abris, etc., mais l'intérieur des côtes reste vierge. La Carte d'Avignon est le plus ancien portulan que l'on ait découvert, il date du XIIIe siècle[7].
Ecole majorquine

Au XIVe siècle, l'École majorquine de cartographie connaît une belle renommée[8], après Angelino Dulcert, sous l'influence d'Abraham Cresques, puis de l'un de ses fils, Jehuda Cresques, avant leur départ forcé pour le Portugal du fait de leur judéité. Le premier des Cresques est l'auteur de l'Atlas catalan[9], présent dans les collections du roi de France Charles V en 1380[10] et considéré comme le chef-d'œuvre de la cartographie du XIVe siècle[9]. Leur rôle dans la découverte des routes maritimes océaniques est reconnu[11]. (pt)Mecia de Viladestes[12], Gabriel de Vallseca (dont l'une des cartes sera acquise par Amerigo Vespucci) ou encore, Matheus Prunes prolongeront cette tradition cartographique.
« À Majorque, escale entre l'Europe et l'Afrique, va naître une école de cartographie essentielle. Abraham et Yaffuda Cresques sont au cœur de la recherche nouvelle qui va permettre les premiers pas sur l'océan. »
— Le Maître des boussoles[13]
L'œuvre et les techniques d'Abraham Cresques, chef de file de l'école majorquine de cartographie, à Palma de Majorque, restent mal connues[14]. Il fut maître des cartes du roi d'Aragon. Cette école, selon Charles de la Roncière avait une grande renommée[8].




