Hokum

style de blues humoristique From Wikipedia, the free encyclopedia

Le hokum blues (souvent abrégé en hokum) est un sous-genre du blues apparu aux États-Unis dans les années 1920. Il se caractérise par des paroles humoristiques, des sous-entendus sexuels et un ton léger, en contraste avec les formes plus mélancoliques du blues traditionnel[1]. Ce procédé, qui remonte aux premiers enregistrements de dirty blues (en), connaît un immense succès commercial dans les années 1920 et 1930 et est encore utilisé occasionnellement dans le blues américain et le blues rock modernes[2].

Historique

Le blues hokum se développe dans le contexte du spectacle populaire afro-américain, notamment le vaudeville et les minstrel shows, où l’humour et la performance scénique occupent une place centrale.

Popularisé par le succès It’s Tight Like That du Hokum Jug Band, composé de Tampa Red et Georgia Tom Dorsey, le hokum s’inspire de la musique des jug bands et du vaudeville pour créer des chansons entraînantes, souvent influencées par le ragtime[3]. Elles regorgent de doubles sens, comme Banana in Your Fruit Basket de Bo Carter[3] ou What's That Smells Like Fish de Blind Boy Fuller[2]. Dorsey s'associe également à Big Bill Broonzy et, en 1930, ces deux artistes connaissent quelques succès sous le nom de Famous Hokum Boys[4]. Parallèlement, les chanteuses de blues des années 1930 continuent de produire des chansons grivoises et amusantes, comme I’ll Keep Sittin’ on It If I Can’t Sell It de Georgia White[3].

Le blues hokum influence plusieurs courants ultérieurs de la musique populaire américaine, notamment le rhythm and blues, le Chicago blues et le rock 'n' roll[3]. Son usage de l’humour et du double sens se retrouve dans de nombreuses chansons du XXe siècle. Dans les compositions de Louis Jordan, Big Joe Turner et Wynonie Harris, les thèmes récurrents — l'infidélité, le jeu, l'alcool, les prédicateurs douteux, etc. — sont encore plus susceptibles d'être traités avec humour, tandis que des titres allitératifs comme Flip, Flop and Fly rappellent les verbiages absurdes du hokum[3]. L'humour est omniprésent dans le blues de Chicago des années 1950 et 1960, et il n'est pas surprenant que deux compositeurs de blues exceptionnels, Sonny Boy Williamson II et Willie Dixon, brillent également par leurs chansons humoristiques[3]. Le style hokum est également intégré dans la tradition du jazz. Des musiciens comme Jimmie Noone, Louis Armstrong ou Duke Ellington reprennent It’s Tight Like That[5]. Plus tard, le chanteur folk Arlo Guthrie s'inspire de What's That Smells Like Fish pour composer Alice's Restaurant[2]. Et le chanteur Bobby Rush peut être vu comme un représentant moderne du style hokum[1].

Artistes

Notes et références

Voir aussi

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