Charles Huntziger
général français (1880-1941)
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Charles Huntziger, né le à Lesneven (Finistère) et mort accidentellement le à Bréau-et-Salagosse (Gard), est un général français.
| Ministre de la Guerre Gouvernement Pierre Laval V Gouvernement Darlan Gouvernement Pierre-Étienne Flandin II | |
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| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Charles Léon Clément Huntziger |
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Militaire, homme politique |
| Période d'activité |
- |
| Père |
Léon Jacques Huntziger (d) |
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| Distinctions |
Général d'armée, il signe l'armistice du en forêt de Compiègne. Il est nommé commandant en chef des forces terrestres de la France de Vichy et, de à , également ministre de la Guerre. Il meurt dans un accident d'avion, de retour d'une mission en Afrique française du Nord.
Biographie
Famille
Charles Léon Clément Huntziger naît le , dans une famille alsacienne qui avait refusé l'annexion de 1871 par l'Allemagne et s'était fixée en Bretagne.
Formation
Élève au lycée de Nantes, il intègre Saint-Cyr et en sort en 1900 à l'âge de 20 ans[1],[2] : il fait partie de la promotion Marchand. Il choisit de servir dans l'infanterie coloniale.
Première Guerre mondiale
Pendant la Première Guerre mondiale il sert sur le front d'Orient. Il est le chef du bureau d’opérations à l’état-major du corps expéditionnaire allié. Il participe en 1918 à l’élaboration du plan d’offensive du général Franchet d’Esperey contre les troupes germano-bulgares en Serbie et à la signature d'un armistice entre les Alliés et la Bulgarie.
Entre-deux-guerres
En 1924 il est affecté en Chine comme commandant du corps d'occupation à Tien-Tsin[3].
En 1933 il est nommé commandant supérieur des troupes du Levant. Il participe alors aux négociations pour le rattachement à la Turquie du sandjak d'Alexandrette, alors partie de la Syrie sous mandat français.
Nommé chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur en 1915, il est élevé à la dignité de grand officier de l’ordre le [4].
Il entre au Conseil supérieur de la guerre en 1938.
Seconde Guerre mondiale


En avril 1940, Huntziger proteste contre le rapport de la commission Taittinger en ces termes : « J'estime qu'il n'y a aucune mesure urgente à prendre pour le renforcement du secteur de Sedan »[5].
En mai- pendant les six semaines de l'offensive allemande contre la France, il commande d'abord la IIe armée, puis le 4e groupe d'armées dans les Ardennes. Le il assiste à Vouziers à une représentation du théâtre aux armées[6] alors que les services de renseignement militaire l'ont averti de l'attaque imminente allemande[7]. Il subit le la percée de Sedan avec la IIe armée. Ses réactions ont ensuite été jugées inappropriées, comme l'envoi de blindés légers sans appui d'artillerie, et son absence d'initiative a grandement facilité la réussite de l'offensive allemande[8]. Cependant, il a ensuite su se défausser et, par d'habiles manœuvres, transférer sa responsabilité sur le général Corap[9].
Il préside la délégation française chargée de signer l'armistice du dans la clairière de Rethondes, près de Compiègne, puis celle chargée de signer l’armistice du près de Rome. Le wagon ayant été sonorisé sur l'ordre de Hitler, les enregistrements révèlent que Huntziger a déclaré « contraire à l'honneur » la livraison au Reich de réfugiés allemands, la France étant une terre d'asile. Il a cependant signé la convention d'armistice sur l'ordre que lui a téléphoné le général Weygand[10].
Il siège ensuite à la Commission allemande d'armistice à Wiesbaden.


Il est commandant en chef des forces terrestres après la signature des armistices de . Il est nommé ministre de la Guerre le . À ce titre, le suivant il est l'un des signataires de la loi portant statut des juifs. Le il est confirmé à son poste dans le second gouvernement Flandin puis de nouveau confirmé le dans le gouvernement de l'amiral Darlan, lequel lui succédera à sa mort trois mois plus tard. Il est peu à peu marginalisé[11]. Selon le témoignage de Jacques Baumel, Huntziger croyait dans la théorie du « bouclier » pétainiste[12].
Le il cite à l'ordre de l'armée le colonel Maurice Mathenet pour sa gestion des opérations de retraite.
Mort
Le , il meurt dans un accident d’avion au retour d’une mission d’inspection en Afrique du Nord[13]. Le Potez 662 immatriculé F-ARAY, qui le ramène à Vichy, s'écrase dans le brouillard et la neige[14], dans les reliefs des Cévennes[15], à un kilomètre au nord-ouest du col du Minier (Gard), dans la forêt de l'Aigoual, au nord-ouest du territoire de la commune de Bréau-et-Salagosse, à la limite du territoire de la commune de Dourbies[16], à une altitude de 1 214 m. Six autres personnes meurent dans cet accident. Ses funérailles ont lieu le en l'église Saint-Louis de Vichy. Un service est célébré à la cathédrale Notre-Dame de Paris.
C'est le groupement 18 des Chantiers de Jeunesse qui découvre en premier l'épave et va mener les recherches. Une sacoche est découverte par l'assistant Merian, permettant d'identifier les passagers[17].
Informé de sa mort, Adolf Hitler adresse un télégramme de condoléances au maréchal Pétain : « Veuillez agréer, Monsieur le Maréchal, mes sincères condoléances pour la mort tragique du général Huntziger et de ses officiers[18]. »
En , un monument élevé à l'endroit précis de l’accident[19] est inauguré en présence du ministre de la Guerre[14]. Quelques mois plus tôt, en [20], une stèle avait été érigée à proximité du point de chute de l’avion, en bordure de la route départementale no 48[21],[22].
Sa veuve est la première femme récipiendaire de l'ordre de la Francisque[23]. Son gendre est Jacques Martin-Sané.
Décorations
Grand officier de la Légion d'honneur (décret du 30 juin 1937) ;
Croix de guerre 1914-1918 (2 citations à l'ordre de l'armée en 1915 et en 1919) ;
Médaille commémorative de la guerre - ;
Médaille interalliée de la Victoire ;
Médaille coloniale ;
Ordre de la Francisque ;- Plusieurs décorations étrangères.