L'historiographie du XXe siècle a souvent considéré que la sexualité avait connu un mouvement de répression, de refoulement, à partir du XVIIe siècle. Ce refoulement aurait été parallèle à l'essor d'un capitalisme bourgeois, qui aurait accentué la répression sociale sur la vie intime ne touchant pas au travail[1]. Cette hypothèse s'est largement répandue et s'est fortifiée sous l'effet de l'évidence[2].
Dans son Histoire de la sexualité, Michel Foucault passe en revue plusieurs lieux communs qui entourent la sexualité et son évolution en Occident. Le philosophe souhaite contre-argumenter contre ce qu'il considère comme une idée reçue. Il s'attaque ainsi rapidement à ce qu'il nomme en premier l'« hypothèse répressive »[3].
Foucault souligne l'incohérence de cette hypothèse : le XXe siècle en est venu à dénoncer la répression dans une société où, au contraire de cachée, tue ou niée, la sexualité est en réalité scrutée et omniprésente. Il écrit ainsi : « par quelle spirale en sommes-nous arrivés à affirmer que le sexe est nié, à montrer ostensiblement que nous le cachons, à dire que nous le taisons »[4].
Le philosophe ne cherche pas à retourner l'hypothèse répressive pour soutenir que la sexualité se serait continuellement libérée, mais il souhaite situer l'hypothèse répressive dans une « économie générale du discours sur le sexe » au sein de la société[2].