Hélène Clastres
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Hélène Lelia Dominique Roques |
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Hélène Clastres, née Hélène Lelia Dominique Roques le à Montpellier[1] et morte le à Ivry-sur-Seine[2], est une ethnologue française, spécialiste d'anthropologie religieuse et politique, chargée de recherche au CNRS (émérite)[3].
Elle est l'auteure d'une œuvre importante sur la cosmogonie des peuples d'Amazonie, et en particulier les anciens Tupi-guarani. Influencée par Claude Lévi-Strauss et Alfred Métraux[4], elle a notamment travaillé sur le terrain au Paraguay en 1963, avec Pierre Clastres et Lucien Sebag, chez les Guaranis et les Guayakis, au Venezuela et au Brésil chez les Yanomamis[5],[6]. Sous la direction de Roger Bastide, elle réalise une thèse de 3e cycle à l'EPHE intitulée « La Terre sans mal : essai sur le messianisme tupi-guarani », qu'elle soutient en 1972. Le grand spécialiste des peuples de langue guarani, León Cadogan, l'a qualifiée comme « une femme extrêmement intelligente et douée d'une surprenante capacité pour assimiler des langues primitives »[7]. Elle est également l'auteure de travaux ethnographiques sur la France rurale.
Dans La Terre sans mal : le prophétisme tupi-guarani , traduit en anglais, italien, espagnol et portugais, elle se penche en particulier sur la conception de leur vie religieuse ou spirituelle au prisme des Européens à travers les siècles.
Elle remet en cause l'idée que les Tupis seraient un peuple sans histoire. En effet, selon Michel Winock, elle montre qu'avec « ses tentatives de fédération politique, ses migrations religieuses, ses faits de guerre, ses grands hommes même, [cette histoire] n'a rien à envier à l'histoire des nations européennes »[8]. L'anthropologue brésilien Renato Sztutman estime qu'en dépit du caractère controversé ou daté de leur travail, les Clastres [Hélène et Pierre] ont contribué à l'histoire de l'anthropologie et à la réflexion intellectuelle en mettant côte à côte la pensée indigène et la pensée occidentale, ce qui permit de renouer le dialogue entre l'anthropologie et la philosophie en la politisant ; il considère que leur approche des années 1970 préfigurait l'approche émergente aujourd’hui principalement associée aux travaux de l'universitaire brésilien Eduardo Viveiros de Castro, notamment dans son ouvrage de 2009, Métaphysiques cannibales[9].