Hérodiens (secte)

From Wikipedia, the free encyclopedia

une image d'Hérode

Le nom « hérodiens » (en grec Ἡρῳδιανοι) semble renvoyer aux Sadducéens qui sont favorables à la famille hérodienne[1], aux partisans d'Hérode ou aux gens à leur solde[2]. Ce parti hérodien[3] n'est mentionné que par les évangiles (Mt 22,16 et Mc 3,6, Mc 12,13)[2]. Au IVe siècle, Épiphane de Salamine en fait une secte.

Les hérodiens sont mentionnés dans le Nouveau Testament comme s'étant, en deux occasions – l'une en Galilée et l'autre à Jérusalem – opposés à Jésus[4].

Dans deux passages de l'évangile selon Marc, les hérodiens sont associés aux pharisiens comme adversaires de Jésus. Le second de ces passages, repris dans l'évangile selon Matthieu, concerne le paiement de l'impôt à l'empereur romainJésus prononce la célèbre phrase : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Mc 12,17, Mt 22,21). » Les hérodiens semblent être des Sadducéens qui sont favorables à la famille hérodienne[1], des « partisans d'Hérode ou aux gens à sa solde[2]. »

Chez les Pères de l'Église

Les hérodiens, en tant que secte, sont décrits, au IVe siècle (v. 375[5]), par Épiphane de Salamine, dans son Panarion[6]. Selon Épiphane, les hérodiens croyaient qu'Hérode en personne était ce christ « attendu dans toutes les écritures de la Loi et les prophètes[7]. » François Blanchetière met en doute cette qualification de secte faite pour la première fois par Épiphane[2]. Il estime que les hérodiens ne sont pas à mettre au même rang que des sectes juives citées par Flavius Josèphe puis par Justin de Naplouse et Hégésippe comme les Pharisiens, les Sadducéens, les Esséniens, la Quatrième philosophie, les samaritains, les Baptistes ou les Hémérobaptistes[8]. Il en est de même pour « les Scribes », mentionnés plusieurs fois dans les évangiles où ils sont présentés « comme une sorte de corps constitué[9]. »

La notice sur les Hérodiens d'Épiphane de Salamine indique que ceux-ci faisaient d'Hérode le Grand (roi jusqu'en 4 av. J.-C.) le Messie en s'appuyant sur certaines phrases du prophète Isaïe. Il conteste naturellement cette interprétation en essayant de montrer que ces phrases s'appliquent beaucoup mieux à Jésus qu'à Hérode. Le pseudo-Tertullien reprend le même type d'informations[5]. Peu après Épiphane, « Philastre de Brescia identifie le Messie des Hérodiens avec Hérode Agrippa Ier[5] », lui aussi souvent simplement appelé « Hérode » dans nombre de sources comme les Actes des Apôtres, tout comme son oncle Hérode Antipas, dans les évangiles synoptiques.

Éventuelle secte

La secte, dont une centaine de manuscrits a été retrouvée près des ruines de Qumrân, est un mouvement de « Zadokites ». Ses membres se réclament du grand prêtre Tsadoq (le Juste), qui pourrait être la racine du mot Saducéens[10].

En s'appuyant sur les propos d'Épiphane de Salamine et du pseudo-Tertullien[11], Robert Eisenman émet l'hypothèse que, pour gagner des adhérents, le parti hérodien défendait l'idée que l'établissement d'une dynastie hérodienne était propice à l'établissement de la théocratie. Pour lui, les Hérodiens seraient désignés sous le nom de « Boéthusiens » dans la littérature rabbinique du fait qu'ils étaient favorable à Boethos, dont la fille, Mariamne, fut l'une des épouses d'Hérode le Grand[12]. Cette identification des Hérodiens et des Boéthusiens n'est toutefois pas reprises par la recherche historique. Pour Simon Claude Mimouni, les Boéthusiens sont une grande famille sacerdotale appartenant au mouvement Sadducéen qui a successivement été favorable aux Hasmonéens puis aux Hérodiens[1].

Hypothèse

Notes et références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI