Hôtel-Dieu de Provins

From Wikipedia, the free encyclopedia

Propriétaire
Commune
Patrimonialité
Hôtel-Dieu de Provins
Présentation
Type
Propriétaire
Commune
Patrimonialité
Localisation
Département
Commune
Coordonnées
Localisation sur la carte de Seine-et-Marne
voir sur la carte de Seine-et-Marne
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France

L'hôtel-Dieu est un hôpital situé à Provins, en France[1]. Fondé par les comtes de Brie et de Champagne au XIIe siècle, il accueille les malades, les infirmes, les orphelins ainsi que les pèlerins de passage.

D'abord situé sur l'emplacement de l'abbaye de Saint-Jacques, il est déplacé vers 1159 à son emplacement actuel sur ordre du comte Henri Ier le Libéral, voulant laisser la place aux chanoines réguliers. Cette translation était initialement voulue par son père, Thibaut de Champagne, qui mourra avant qu'elle ne soit effective. En dédommagement, Henri installe l'hôtel-Dieu dans l'ancien palais de la comtesse Mathilde de Carinthie, sa mère[2].

L'hôtel-Dieu est installé dans l'ancien palais de la comtesse Mathilde de Carinthie. Au début du XIIIe siècle, il possède une église qui fut consacrée à Dieu et à Saint-Jean l'Évangéliste en 1191 par Guy Ier de Noyer, archevêque de Sens, ainsi qu'une chapelle devenue Notre-Dame de Pitié, un cimetière et un sépulcre où sont inhumés les prieurs, plusieurs maisons à Provins et plusieurs fermes dans les environs pour assurer ses revenus[2].

Deux maisons appartenant à l'hôtel-Dieu sont offertes aux frères mineurs de Provins pour pouvoir édifier leur couvent au XIIIe siècle[2].

On trouve au XVIIe dans le complexe de l'hôtel-Dieu un réfectoire, un dortoir pour les religieux, un appartement de deux pièces pour le prieur, une apothicairerie, une infirmerie réservée aux religieux, deux dortoirs pour les malades, une salle de réunion pour le chapitre, une église et une buanderie. Il faut attendre la fin de ce siècle pour qu'un dortoir soit construit pour les religieuses, qui dorment jusqu'alors dans les deux dortoirs consacrés aux malades. Au-dessus des dortoirs, des greniers servent à étendre le linge après la lessive[2].

Localisation

L'hôpital est situé sur la commune à Provins, dans le département français de Seine-et-Marne.

Historique

À la fin du XIIe siècle, Artaud de Nogent-sur-Marne, chambellan d'Henri Ier le Libéral, fait bâtir un dortoir et un réfectoire pour les religieux de l'hôtel-Dieu, sur les murs et planchers desquels sont peints les armes des principaux seigneurs de l'époque[2].

Personnel

L'hôtel-Dieu est administré par un prieur élu par ses pairs dès la fin du XIIe siècle, un privilège obtenu par le prieur Odon grâce à une bulle du pape Clément III datée de l'année 1196. Auparavant, il est nommé par le comte de Brie et de Champagne. Les prieurs sont élus à vie, mais il arrive au cours de l'histoire de l'hôtel-Dieu qu'un prieur renonce à sa charge au profit d'une charge dans un autre établissement[2] ou en raison de son grand âge.

Au XIIIe siècle, sous l'administration du septième prieur, Jean Gauthier, l'hôtel-Dieu est doté de nouveaux statuts en huit chapitres. C'est dans l'un de ses chapitres que la limite maximum de personnel est fixée pour limiter les frais d'entretien. L'établissement peut employer jusqu'à quatre prêtres, prieur compris, un clerc, huit frères laïcs et 25 religieuses. À partir du XVIe siècle, il y a généralement une dizaine de religieux des deux sexes qui assurent le soin des malades et l'intendance. L'hôtel-Dieu compte aussi quelques domestiques mentionnés dans des livres de comptes du XVIIe siècle[3].

Liste des prieurs

Nom[2] Début Fin
Constantin 1141 1156
David 1156 1177
Guibert 1177 1185
Odon 1185 1220
Jean 1220 1228
Henry 1228 1241
Adam de Pesson 1241 1263
Jean II Gautier 1263 1304
Girard de Montfayot 1304 1330
Jacques de Verdelot 1330 1348
Pierre de Vitry 1348 1361
Jean III Charon 1361 1369
Pierre II Piot 1369 1383
Thomas de Trie 1383 1391
Jean IV Matin 1391 1391
Noel Bouquin 1391 1419
Jean V du Préau 1419 1472
Denis Joré dit Bouchenoire 1472 1479
Nicolas Lefebure 1479 1483
Jean VI Morive 1483 1483
Jean VIII Marquet 1483 1504
Gilles Pichard 1504 1520
Jean X Bousier 1520 1529
Thibaut ou Thomas Pestouse 1529 1530
Martin Target 1530 1530
Pierre Raoul 1530 1551
Denis II Leroy 1551 1573
Edme Lelong 1573 1586
François Hubaut 1586 1588
Charles de Philippe dit de la Calende 1588 1595
Christophe Bernier 1595 1620
Claude Goyot 1620 1630
Nicolas Savoir 1630 1656
Eusèbe Chatelin 1656 1656
Nicolas Briantais 1656 1661
François Datigre 1661 1661
Pierre Blondeau 1661 1672
Nicolas de Nos 1672 1672
François de Vaux 1672 1686
Barthelemy le Bray 1686 1717
Pierre Daniel Lecouteux 1717 -

Traitement des malades

Le dortoir des malades peut contenir jusqu'à 30 lits. Les registres de malades de l'hôtel-Dieu, conservés de 1674 à 1792, témoignent néanmoins qu'il y rarement plus d'une vingtaine de patients simultanément[4]. Les salles sont nettoyées quotidiennement. Les livres de comptes de 1494 à la Révolution indiquent que le régime alimentaire des patients est riche. Il est composé de céréales, de produits laitiers (œufs, beurre, lait), de viande et poisson (boudin, saucisses, chapon, viande de porc, dinde, poulet, saumon, harengs saur et harengs blanc, morue), de condiments (miel, sucre, moutarde), le tout accompagné de vin.

Les fournisseurs sont généralement des artisans locaux (meuniers, bouchers, couturières, cordonniers de Provins), mais certains produits plus rares ou plus couteux sont achetés à l'occasion de voyages à Paris ou à des marchands ambulants spécialisés (les médicaments par exemple)[3].

Classement et protection

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI