C'est un membre de la famille arménienne des Mazloumian (originaires d'Anatolie orientale) qui, en s'arrêtant à Alep en 1870 sur le chemin de son pèlerinage à Jérusalem, remarque l'inconfort des caravansérails qui représentaient à cette époque de l'Empire ottoman la seule possibilité pour loger les voyageurs. Cette famille fait donc construire quelques années plus tard le premier hôtel à Alep pour les voyageurs européens, avec confort moderne à l'européenne. Il se nomme l'hôtel Ararat.
Au début du XXesiècle, les frères Mazloumian, de cette même famille, font construire un nouvel hôtel en 1909, à la limite de la vieille ville, dans un nouveau quartier peu construit possédant de nombreux jardins. Ils ajoutent un étage supplémentaire en 1911 et encore un autre en 1940. Au début du XXesiècle, de nombreux espions britanniques y séjournaient car des ingénieurs allemands y avaient leurs quartiers pendant la construction de la ligne de chemin de fer du Bagdadbahn (Constantinople-Bagdad) au grand dam de la fière Albion. Lawrence d'Arabie descendit en 1914 dans la chambre n°202, une copie d'une addition par lui au bar figure à l'hôtel[2].
L'hôtel est tenu aujourd'hui par Rubina Mazloumian, la veuve du dernier Mazloumian, Grégoire Mazoumian (mort fin 2015). Il sert actuellement en partie d'abri à des réfugiés. L'électricité est rationnée et la façade est abîmée par des tirs de grenades. Cinq chambres sont encore ouvertes à la location sur la trentaine que compte l'hôtel[5].
Bibliographie
(en) Kristin Helberg, Hotel Baron in Aleppo: Spies, Nuns, Presidents and a Broken-Hearted Lover, Qantara. de: Dialogue with Islamic World,
Taline Ter Minassian, Hôtel Baron - roman géopolitique, Bibliomonde édition, 2025.