Hôtel de Goulaine de Harrouys
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Surnom(s) |
Hôtel de Goulaine ou Hôtel Harouys |
|---|---|
| Destination initiale | |
| Destination actuelle |
Résidence privée |
| Architecte |
Étienne Bedoy |
| Construction | |
| Patrimonialité |
| Département | |
|---|---|
| Région historique | |
| Commune |
| Coordonnées |
|---|


L'hôtel Paulus du Fonteny, dit hôtel de Goulaine ou hôtel Harrouys est situé au n°14, rue du château, dans le centre-ville de Nantes en France.
C'est l'hôtel particulier du XVIIe siècle le plus grand et le mieux conservé de Nantes.

Sa façade s'étend sur une grande partie de la rue : l'édifice et son portail sont caractéristiques de cette période.
L'immeuble est inscrit au titre des monuments historiques.
Contexte
La rue du château, autrefois rue Basse du Château, est une voie ancienne de la ville close de Nantes ; elle mène du château des ducs de Bretagne à la place du Pilori. Elle accueillait des représentants de l'administration des États de Bretagne, du Parlement ou de la Chambre des Comptes.
La population nantaise, de 40 000 habitants à la fin du XVIIe siècle, a doublé un siècle plus tard. Le quartier du Bouffay est enserré entre des murailles épaisses, le terrain est rare, occupé par de nombreuses implantations religieuses, morcelé et présente un parcellaire en lanières.
La rue du Château semble faire exception avec des emprises de grandes dimensions.
Dénominations
L’édifice est désigné sous divers vocables : « Hôtel Harouys » (dans son arrêté d'inscription à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques - 1991), « Hôtel Paulus » (1726), voire « Pollux » (dans certains actes notariés anciens), et « Hôtel de Goulaine » dans la plupart des documents usuels actuels. « Hôtel Paulus » est utilisé jusqu'aux années 1900 dans la plupart des documents administratifs consultés.
Commanditaire et construction
La signature de Nicolas Paulus, sieur du Fonteny, de l’administration du duché de Bretagne, mentionnée sur l'un des actes d'acquisition des constructions mitoyennes, révèle le nom du premier propriétaire de l’immeuble.
Dès 1670, Nicolas Paulus (qui habite déjà rue du Château), se lance dans un projet de construction. Il achète des maisons préexistantes. Sur la façade principale, gravée dans l'enduit de la lucarne centrale, figure « 1684 ».
Les intervenants de la construction sont le maître d'ouvrage, Nicolas Paulus ; et deux maîtres d'oeuvre, Étienne Bedoy (... - 1719) et Mathurin Grolleau (1639 - 1707).
Description architecturale
Le n°14, rue du château est un immeuble avec une composition soignée et ordonnancée en granit et en tuffeau.
Composé d'un corps de logis principal sur rue, il se développe avec deux ailes en retour sur cour où sont localisés deux escaliers d'accès aux étages. Cette cour assure l’accès aux logements, ainsi qu'aux diverses dépendances (écuries, remises à voitures, caves voutées) et dispose d'un puits.
La façade sur rue en granit et tuffeau est constituée de huit travées.
Elle accueille un portail central, encadré par des pilastres de type dorique, entièrement traités en bossages rustiques. Le porche est vouté d'arêtes et surmonté d'un mascaron sculpté en forme de tête de personnage grimaçant. Son entablement comprend une frise à l'antique, ornée de motifs dorique divers : bucranes, fleurons, têtes de lion. Les deux chapiteaux le soutenant sont ornés de fleurons.
La porte cochère en bois à deux vantaux est d'origine, tout comme le heurtoir à tête de lion qui orne le portillon[1].
Transformations successives
Des modifications sont apportées à l'immeuble au cours du XVIIIe siècle : agrandissement des baies, suppression de certaines allèges, modifications des croisées, pose de nouvelles ferronneries, modifications de l'aménagement intérieur des appartements.
La partie sur cour fait l'objet d'interventions sur le bâtiment situé en fond de parcelle et accueillant uniquement les écuries en rez-de-chaussée. La toiture est déposée et rehaussée de deux niveaux plus combles, avec création de deux niveaux de coursives pour desservir les nouveaux logements à partir de la cage d'escalier Est. Une petite tourelle est construite en adossement sur cette nouvelle façade jusqu'au niveau des combles et est équipée de latrines communes à tous les occupants d'un même étage.
Aux XIXe et XXe siècles, des logements sont aménagés, avec une division en entités plus petites. Des interventions sont aussi effectuées dans la cour et sur la façade principale.
L'état d'origine est bien visible, principalement sur les façades. Les menuiseries des portes d'entrée, du portail principal ainsi que des portes d'accès aux escaliers de la cour, ont été conservées.
Hôtel particulier de rapport
À la différence d'autres hôtels particuliers (Hôtel Rosmadec, de Briord, Hôtel de Villeneuve), le n°14, rue du château initie un programme comprenant 2 logements de grande qualité, desservis chacun par un escalier dans les ailes sur cour. Cela sera la règle dans tous les projets d'envergure à l'architecture classique qui vont lotir, plus tard, les quartiers Feydeau et Graslin.
