Hôtel de Rossan de Davayé

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Hôtel de Rossan de Davayé
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L'hôtel de Rossan de Davayé est un hôtel particulier situé sur le territoire de la commune de Mâcon dans le département français de Saône-et-Loire et la région Bourgogne-Franche-Comté.

Il fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1].

L'immeuble sur cour du 8 (actuellement 25) rue de la Barre est un hôtel particulier construit au 17e siècle par Brice Bauderon de Senecé, juriste à Mâcon.

Les sources historiques de ce qui suit sont constituées en grande partie par les archives de la famille Desvignes de Davayé conservées aujourd'hui aux Archives départementales de Saône-et-Loire[2].

Les pièces d’un procès qui a opposé, dans la seconde moitié du 18e siècle, Claude François Joseph Desvignes de la Cerve puis son fils Pierre-Abel Desvignes, au chapitre de la cathédrale Saint-Vincent de Mâcon, seigneur de cette partie de la ville, donnent des éléments sur l’histoire de l’hôtel. Il est écrit en particulier que « la carte des titres de propriété de tout l’emplacement de la maison de M. de la Cerve »1 établie en 1757, montre que le tènement fut acquis « en entier » par son aïeul M. Bauderon de Sénecé, lieutenant-général à Mâcon, « sur lequel emplacement fut construit la dite maison en ce qui est vers l’année 1652 ». Cette formulation (« en ce qui est ») laisse supposer l’existence d’un bâti antérieur, attesté, par ailleurs, par les extraits des registres terriers cités dans les pièces de cette procédure et qui remontent au 14e siècle.

Pierre Desvignes de Davayé, premier maire de Mâcon, nommé en 1692, épouse Jeanne Bauderon, fille de Brice Bauderon, en . C'est en 1698, à la mort de Brice Bauderon, que l'hôtel Bauderon devient la propriété de Pierre Desvignes de Davayé.

Château de Rossan à Davayé

Pierre Desvignes acquiert, en 1713,  la seigneurie de Rossan constituée par le château de Rossan à Davayé et ses territoires viticoles de Davayé, Solutré, Vergisson, Fuissé. C'est vraisemblablement en 1713 que l'hôtel Bauderon prend l'appellation hôtel de Davayé.

On verra plus loin les liens entre le château de Rossan de Davayé et l'hôtel tissés par la famille Desvignes de Davayé qui va rester propriétaire de l'hôtel et du château pendant presque deux siècles.

L'architecture du bâtiment

L'hôtel dans sa partie centrale principale est organisé sur quatre niveaux.

L'image d'accueil du site montre que le bâtiment central est flanqué, au nord, de deux ailes organisées sur deux niveaux. Les archives montrent que ces deux bâtiments existaient déjà au moment de la construction du bâtiment central.

L'entrée principale de l'hôtel est donc au Nord avec sa porte d'entrée surmontée d'un chapiteau aux armoiries de la famille Desvignes de Davayé.

La structure intérieure

L'aménagement a varié au cours du temps. A l'origine, les deux principaux niveaux n’étaient pas dédiés à une fonction particulière comme un plan du 18e siècle le montre clairement. On pouvait y trouver des espaces d'habitation et de travail: cabinets de travail, salons, salles à manger, chambres. Le premier niveau semi-enterré comprenait la cuisine et l'ensemble des caves de stockage. Le dernier niveau comprenait les greniers et les logements des gens de maison. L'hôtel était un lieu d'habitation avec toutefois une mention particulière pour la grande salle du RdC à l'ouest nommée « salle d'assemblée » qui a du servir notamment à Pierre Desvignes au 18e siècle comme à Abel Jean Baptiste Desvignes au 19e siècle , tous deux maires de Mâcon, pour y tenir des réunions de travail.

Ce n'est qu'à partir du 19e siècle que l'hôtel voit l’aménagement des deux principaux niveaux se structurer en deux niveaux distincts : le rez de chaussée devient le niveau de réception avec trois salons et les antichambres correspondantes et le premier étage de l'immeuble devient le niveau d'habitation.

La restructuration a été engagée par Abel Jean Baptiste Desvignes de Davayé, maire de Mâcon et député de Saône-et-Loire, dans les années 1820. En 1815, les royalistes reviennent au pouvoir en France. Ils se ré-approprient leurs biens confisqués pendant la Révolution, se votent en 1825 (sous le règne de Charles X), à la Chambre, des indemnités compensatrices conséquentes : ce qu'on a appelé le milliard des émigrés. C'est donc avec ces moyens nouveaux importants qu'Abel Jean Baptiste Desvignes restructure l'hôtel de Davayé. Ces travaux ont été terminés par son fils Antoine Alphonse à partir de 1833.

Les habitants au cours du temps : La forte empreinte de la « dynastie » des Desvignes de Davayé du début du 18ème à la fin du 19ème

La famille Bauderon de Senecé à l'origine de l'hôtel est propriétaire de 1652 à 1698.

Brice Bauderon (Brice Bauderon de Senecé ou Brice Bauderon de Senecey) est un juriste et un poète français, né à Mâcon le et mort le . Fils de Gratien Bauderon (1540-1623) et petit-fils de Brice Bauderon, médecin, Brice Bauderon est nommé lieutenant général au présidial (tribunal civil chargé de juger les affaires peu importantes, avant la Révolution française) de sa ville natale. Il succède à son beau-père, en 1645, dans la charge de lieutenant-général au bailliage de Mâcon. Il hérite de son père du château de Condemines à Charnay-lès-Mâcon en Saône-et-Loire.

Brice Bauderon a trois enfants : Jeanne , Constance et Antoine. Jeanne épouse Pierre Desvignes de Davayé, Maire de Mâcon, en . Brice Bauderon donne à ses deux filles, le 7 aout 1696, la propriété de l'hôtel tout en en gardant l'usufruit. Antoine hérite du château de Condemines à Charnay-lès-Mâcon.

Dans un partage entre son frère et sa sœur, Jeanne prend possession de l'hôtel Bauderon en 1698 quelques mois avant le décès de son père, en octobre 98. Elle apporte (entre autres biens) à Pierre Desvignes, en 1698, la propriété de Mâcon, rue de la Barre, constituée par l'hôtel et ses dépendances.

La famille Desvignes de Davayé

De 1698 à 1880, la famille Desvignes est propriétaire de l'hôtel (et de la seigneurie de Rossan).

La famille Desvignes est une ancienne famille du Mâconnais, qui a donné de nombreux échevins à Mâcon du 14ème au 17ème siècle. Dans la première moitié du 17ème siècle, François Desvignes est premier échevin, et avocat du Roi. Jacques Desvignes est receveur des Etats du Mâconnais de 1650 à 1652.

Les Desvignes qui se sont succédé dans l'hôtel de Davayé :

L'hôtel Bauderon prend la dénomination hôtel de Davayé en 1713 avec l'acquisition à cette date de la seigneurie de Rossan à Davayé par Pierre Desvignes qui devient alors Pierre Desvignes de Davayé.

De 1698 à 1722 : Pierre Desvignes, conseiller du Roi, avocat au bailliage et présidial de Mâcon, maire perpétuel de la ville de Mâcon (charges acquises en 1695 pour la somme de 12.000 livres), acquiert de Jean-Pierre de Macet, le , pour le prix de 51.500 livres, la seigneurie de Rossan et la châtellenie de Davayé. Pierre Desvignes, né en 1658, était le fils de François Desvignes, avocat du roi, et d'Antoinette Collin de Serre. Il épouse le Jeanne Bauderon de Senecé, fille de Brice Bauderon, et sœur d'Antoine Bauderon de Senecé, poète.

Petit château de la Cerve

De 1722 à 1762 : Claude-François-Joseph Desvignes de la Cerve (du nom du château et de ses terres situées à Prissé provenant de la famille de sa mère Jeanne Bauderon de Senecé), est né le à Mâcon. Il reçoit en donation de son père Pierre Desvignes et de sa mère la châtellenie de Davayé et le fief de Rossan, ainsi que l'hôtel de Davayé, rue de la Barre à Mâcon, suivant son contrat de mariage, du , avec dame Marie Suzanne Bernard, fille de Claude Bernard seigneur de Joux et de dame Claude Demeaux. Il meurt à Mâcon le . Son testament est daté du . Il institue pour héritier universel Pierre-Abel Desvignes de Davayé, son fils aîné.

De 1762 à 1788 : Pierre-Abel Desvignes de Davayé naît à Mâcon le , épouse , le à Mâcon, Marie-Anne de Lamartine d'Hurigny . A la mort de son père en 1762, il prend possession de la seigneurie de Rossan et de l'hôtel de Davayé.

Engagé à 13 ans dans le régiment des Gardes Françaises, il s'en est retiré en 1757, sous-lieutenant de ce corps. Le , il obtint moyennant 6000 livres confirmation des lettres de noblesse acquises par son aïeul en 1724 du fait de sa charge de secrétaire du Roi, et fut admis le en la chambre de la noblesse des états du Mâconnais. Il meurt à Mâcon le .

La châtellenie, dont les terres et revenus avaient beaucoup diminué au cours des siècles, fut reprise par le Domaine royal en 1764 et cédée en 1769 au sieur Jean-Baptiste Blot, ancien huissier au bailliage de Mâcon. Les châtellenies sont supprimées en 1790 par l'Assemblée Constituante.

De 1788 à 1833. Marie Anne de Lamartine et Abel-Jean-Baptiste-Marie Desvignes de Davayé.

Abel Jean Baptiste enfant, avec sa mère Marie Anne de Lamartine d’Hurigny (1737-1809), tante d’Alphonse de Lamartine.
Abel Jean Baptiste Desvignes, maire de Mâcon et Député de Saône et Loire

A la mort de son mari, Marie Anne de Lamartine a occupé seule l’hôtel avec ses enfants.

Abel Jean Baptiste Desvignes est né à Mâcon le . Il fut officier au régiment de dragons de Durfort. Il passa ensuite au régiment des chasseurs de Franche-Comté, puis émigra et servit dans l'armée de Condé.

Il est porté sur une liste d'émigration en 1792, et ses biens sont séquestrés. Le château de Rossan est vendu en à un fendeur de Donzy-le-Perthuis, Bertrand Lequin, et à un cultivateur de Vergisson, Claude Protat, pour le prix de 152.000 livres payables en assignats (ce qui ne représentait que 33.440 livres en numéraire). Les autres terres et dépendances sont vendues les années suivantes.

Le , Fouché fait définitivement rayer Abel Desvignes de Davayé de la liste des émigrés qui put rentrer ensuite dans une grande partie de ses biens confisqués. Abel Desvignes reprend possession du château en 1813.

Pendant la période se la Révolution , l'hôtel est resté occupé par Marie Anne de Lamartine, en dehors de son année d'incarcération à Aucun et à Mâcon. Pendant cette période l'hôtel est "gardé" par un "administrateur de la République".

Abel Jean Baptiste Desvignes épouse à Trévoux le Louise Moreau de Bonrepos, dont il a une fille Marie Anne Jeanne Louise en fin d'année 1804 (née à Mâcon) et deux fils, Abel Louis Alexandre (né à Mâcon en 1808) et en fin de 1809 Antoine Alphonse Marie (né à Prissé). Louise Moreau de Bonrepos meurt en couches.

En 1825, lors de l'indemnité d'un milliard aux émigrés, il lui est alloué une somme de 167.000 francs.

Nommé chevalier de Saint-Louis en 1815, de la légion d'honneur en 1826, il a été maire de Mâcon de 1815 à 1830, et député de Saône-et-Loire de 1824 à 1827. Il décède à Mâcon le .

De 1833 à 1871. Antoine Alphonse Marie Desvignes de Davayé (1809-1871).

Antoine Alphonse Marie Desvignes
Maison de la Cerve à Prissé

Il nait à Prissé le dans la maison dite de la Cerve vraisemblablement. Le lieu de naissance n'est pas précisé sur le registre de l'état civil. La maison de la Cerve est toujours existante à Prissé. Elle aurait été construite par Abel Jean Baptiste, son père, après son retour d'exil en fin d'année 1801, sur un terrain à l'arrière du petit château de la Cerve à Prissé.

Pavillon de Montaigre à Azé

Antoine Alphonse hérite de l'hôtel de Davayé et du domaine viticole d'Azé en 1833, domaine dit de Montaigre. Son frère Alexandre hérite du château de Rossan. La famille Desvignes de Davayé possède en effet par alliance depuis 1759, par le mariage de Pierre Abel Desvignes avec Marie Anne de Lamartine d'Hurigny, des propriétés à Azé appartenant à la famille Lamartine depuis 1600. C'est sur une de ces propriétés qu'Antoine Alphonse Desvignes fait construire le « pavillon de Montaigre » inscrit actuellement en partie aux MH à partir d'une galerie de bois d'inspiration indochinoise qu'il achète à l'exposition universelle de Paris de 1867. Ce pavillon est à la fois un lieu d'habitation et d'exploitation viticole.

Antoine Alphonse Desvignes meurt du typhus dans l'hôtel de Davayé qu'il a transformé en hôpital en soignant des blessés de la guerre de 70. En 1871, à sa mort, ce sont ses filles : Marie (mariée le , Paris VIII° (75) avec Richard Brunet), Marguerite (mariée en 1882 avec Gaston Bastide du Lude) et Juliette (mariée avec Antonin Amic) qui héritent des biens avec leur mère Françoise Desvignes de Davayé née Françoise Chaumont, veuve d'Antoine. L'hôtel est vendu par la famille Desvignes en 1880.

Une restauration continue depuis le début des années 2000

Articles connexes

Références

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