Hôtel de la Monnaie (Blois)
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Hôtel des Monnaies des Comtes de Blois
Tour d'Argent
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| Période |
XIIIe siècle · XXe siècle |
| Destruction |
juin 1940 |
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| Patrimonialité | |
| État de conservation |
détruit |
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L'hôtel de la Monnaie des Comtes de Blois[1] ou des Monnaies, plus communément la tour d'Argent[2],[Note 1], était un monument singulier de la ville médiévale de Blois, en actuel Loir-et-Cher (Centre-Val de Loire).
L'hôtel de la Monnaie de Blois
Blois a accueilli un atelier de création monétaire dès l'époque mérovingienne et le VIIe siècle[3]. Son activité a eu tendance à augmenter depuis que les comtes de Blois se sont octroyés le droit de frapper la monnaie, au début du Xe siècle[Note 2].
La monnaie de Blois s'appelait la livre blésoise. Elle était alors l'unique monnaie en circulation à l'échelle du comté, et avait généralement une valeur plus faible que la livre tournois (monnaie originaire de Tours devenue principale du Royaume à partir du XVIe siècle)[4],[Note 3]. Comme dans les autres comtés français, il fallait 20 sous ou 240 deniers blésois pour composer une livre blésoise[4].

Jusqu'à la Guerre de Cent Ans, c'est au sein du château comtal que l'on frappait la monnaie de Blois, mais cette activité a été délocalisée vers un atelier du Puits-Châtel lorsque la ville s'est entourée de remparts[5], au XIIIe siècle[6].
Cependant, dès 1315, le roi Louis X souhaitait mettre fin au monopole de la monnaie qui permettait aux comtes de renflouer leurs caisses[Note 4].
Ce droit n'a été retourné au roi qu'en 1328, sous Philippe VI, en échange de 15 000 livres tournois en faveur de son beau-frère le comte Guy Ier[4],[7].
Malgré la suppression de la monnaie blésoise, l'hôtel des Monnaies semble avoir poursuivi son activité : il est notamment cité sous les ducs Charles et Louis II d'Orléans, futur Louis XII[8].
La Tour d'Argent
L'édifice connu par la plupart des archives, constitué d'une tour octogonale accompagnée d'un escalier à vis hors-œuvre, aurait été reconstruit dans son ensemble à la fin du XIIIe siècle[3]. D'abord munie d'une corniche, la tour a été remaniée pour ajouter un étage à pan de bois vers le XVe siècle[9], avant d'être couverte par une haute toiture en ardoise[10],[11].

Ce n'est qu'au XIXe siècle que l'édifice reçoit le surnom de « tour d'Argent »[2], popularisé notamment par la presse et les historiens du Blésois en vogue entre les années 1800 et 1850 (La Saussaye[5], Bergevin[12], Dupré[12], Hugo, etc.).
L'hôtel fut détruit au début de la Seconde Guerre mondiale, en 1940, lors des bombardements allemands sur le centre-ville[3],[13]. Ses décombres ont été débarrassés en 1942[2], et l'édifice n'a pas été reconstruit[3],[14].
Localisation
L'architecture et la localisation de cet atelier de monnayage ne sont pas confirmées[2], mais les plus anciennes sources mentionnent l'emplacement de l'hôtel des Monnaies à l'angle de la rue du Pont et de la rue de la Monnaie[7]. Cette seconde rue, qui correspond à l'actuelle rue des Trois-Clefs, concentrait à cette époque tous les bureaux de change[12]. Ainsi, l'édifice se trouvait là où se tient actuellement le monument des Trois Clés. Selon de La Saussaye, ces trois clés font référence à celles qui étaient jadis nécessaires pour ouvrir le coffre de l'hôtel des Monnaies[15].
Selon Victor Hugo, qui a plusieurs fois séjourné à Blois sans y vivre continuellement[Note 5], la Tour d'Argent se situait « au coin des rues des Violettes et de Saint-Lubin »[16]. Selon ces indications, le monument se trouvait plutôt du côté de la place Louis-XII, tout proche de l'église Saint-Martin-aux-Choux.