L'hôtel du Lac est un ancien hôtel de style brutaliste construit entre 1970 et 1973 selon les plans de l'architecte italien Raffaele Contigiani, à proximité immédiate du lac de Tunis, à Tunis en Tunisie.
Le bâtiment appartient à la société libyenne Libyan Arab Foreign Investment Company qui a annoncé sa démolition.
Design et construction
Détail des escaliers en porte-à-faux.
Le bâtiment est conçu par l'architecte italien Raffaele Contigiani[1] et construit entre 1970 et 1973[2]. Constitué de dix étages reliés par des escaliers en porte-à-faux à chaque extrémité, sa forme en pyramide inversée le rend très caractéristique du style brutaliste et en fait un symbole de l'arrivée de la modernité en Tunisie[3], rompant avec les architectures traditionnelles de la médina et coloniales de la ville européenne, et un exemple significatif de ce style en Afrique du Nord[4].
Bâti sur une structure en acier, avec du béton apparent et de larges vitres[4], il repose sur 190 pieux de béton armé enfoncés à soixante mètres de profondeur[5].
Gestion
L'hôtel compte 416 chambres dont quatre suites, la plus grande partie se trouvant dans les étages les plus élevés puisque le dernier est deux fois plus long que le rez-de-chaussée[4]. À son apogée, il est un lieu de rencontre pour l'élite locale et accueille des invités de marque comme James Brown et son groupe[4]. Son design intérieur s'aligne avec les standards internationaux de l'époque: sols en linoleum, canapés, éclairages en métal et verre ainsi qu'une palette de couleurs en marron, orange et rouge[4].
Racheté lors des privatisations des années 1990, l'hôtel est fermé en 2000 après des années de mauvaise gestion[6].
Abandon et démolition
Après des années d'abandon[5], la société libyenne Libyan Arab Foreign Investment Company le rachète et annonce sa démolition en dans la perspective d'ériger à sa place un hôtel de luxe[7]. En , l'architecte et activiste Sami Aloulou signale que les travaux de démolition semblent imminents, ce qui conduit à une levée de boucliers en ligne[3]. La municipalité de Tunis dément toutefois qu'une requête de démolition ait été déposée[8].
Démantèlement en cours en .
À l'été 2022, le ministère de la Culture le place provisoirement sous protection, une mesure qui expire en [9]. En , une rumeur de démolition et des appels à sauver le bâtiment émergent après l'apparition de palissades autour de l'édifice puis le début du démontage de la toiture[9]. De son côté, le propriétaire annonce, suite à des expertises montant que «le bâtiment est une ruine et doit être démoli», avoir obtenu les autorisations nécessaires pour la construction d'un centre commercial et d'un nouvel hôtel de luxe de vingt étages «qui gardera le même concept et la forme de l'ancien bâtiment»[9].
Culture populaire
Sa forme distinctive a donné libre cours à plusieurs comparaisons avec le char des sables (sandcrawler) dans la saga Star Wars[10].