Idéophones coréens

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En linguistique on distingue l’onomatopée qui représente une idée par le son qui lui est associé (« bing » pour « donner un coup ») de l’idéophone qui rend compte d’une idée, une sensation, une odeur, un son ou un mouvement à travers sa prononciation. Par exemple, le terme « riquiqui » en français pour qui désigne quelque chose de très petit est un idéophone[1].

On dénombre aujourd’hui plus de 30 000 idéophones dans la langue coréenne. Cela représente une part très importante du vocabulaire contrairement aux langues indo-européennes qui ne comprennent que peu de ces mots dans leurs vocabulaires et où leur utilisation peut être perçue comme familière ou enfantine. En coréen en revanche, la présence de ces idéophones à pour effet de vitaliser le discours car ils sont directement associés à une sensation et non à la conceptualisation linguistique de cette idée. Ainsi, la formule « 깜박했어 » (kkambakhaeso) signifiant « avoir oublié » et qui symbolise le clignotement (comme si le souvenir c’était soudainement éteint) est plus percutante que l’équivalent français « j’ai oublié » ou « je ne m’en souviens plus ».

La langue coréenne est forte de symboles et ses voyelles sont catégorisées selon qu’elles soient positives/lumineuses aussi appelées voyelles « Yang », négatives/sombres également nommées voyelles « Yin » ou neutres :

[a], [o], [ꭤ], sont des voyelles positives

[ə], [e], [u], sont des voyelles négatives

En termes de prononciation, les voyelles positives sont plutôt dites ouvertes et postérieures alors que les négatives sont plutôt mi-fermées et antérieures ou centrales[2].

Ainsi les voyelles positives sont principalement présentes dans des idéophones symbolisant le bon, le clair et les voyelles négatives dans ceux symbolisant le mauvais, le désagréable et le sombre. Par exemple pour exprimer les couleurs, les voyelles positives dénotent de la luminosité alors que les négatives expriment l’obscurité :

« 하얗 » (hayah) déigne quelque-chose de blanc, alors que « 허옇 » (heoyeoh) signifie aussi être blanc mais avec l'idée d'un rendu plus sombre, moins éclatant[3].

Concernant les consonnes, la force de la prononciation est très souvent liée à l’intensité de l’image procurée. Les consonnes coréennes pouvant être groupées en fonction de l’appui mis dans la prononciation et l’expiration d’un son similaire : ㄱ/ㅋ/ㄲ (k/kh/kk) ; ㅈ/ㅊ/ㅉ (c/ch/cc) ; ㅂ/ㅍ/ㅃ (p/ph/pp)… Ainsi « 보글보글 » (bogueul bogueul) désigne de l’eau qui boue légèrement alors que « 뽀글뽀글 » (bbogueul bbogueul) signifie bouillir à grosses bulles.

Parmi le répertoire des idéophones, un certain nombre sont dits doublés car l’idéophone reprend deux fois la même syllabe. Cela donne un rythme plus cadencé et rend également la mémorisation plus facile qu’une succession de syllabes différentes. Par exemple « 반짝반짝 » (pantchak pantchak) signifie briller, scintiller et « 지끈지끈 » (jikkeun jikkeun) décrit une douleur lancinante[4].

Utilisation au quotidien

Présence dans la littérature et les media

Notes et références

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