Iflissen Umellil
Confédération de tribus kabyles
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Les Iflissen Umellil ou Iflissen Udrar (en kabyle : Iflisen Umelil, Iflissen n Udrar) est une confédération (taqbilt) qui occupe la partie occidentale de la Kabylie du Djurdjura. C'est la confédération établie dans la partie la plus occidentale de la Kabylie, c’est une confédération Berbères Sanhadja[1].
Iflisen Umelil
| Tribu d'origine | Isaflenses ? |
|---|---|
| Population | 291621 |
| Langue | Kabyle |
| Religion | Islam |
Territoire enclavé entre les monts de Timezrit / Sidi Ali Bunab (822 m) et les monts de Tigremount/Ameddah (1 028 m), la montagne des Iflissen Umellil domine les basses plaines et collines entre les fleuves Sebaou et Isser.
La position géographique de cette confédération et la résistance de ses habitants face aux envahisseurs, valurent aux Iflissen Umellil le surnom de « gardiens des portes de la Kabylie »[2].
Joseph Vilbort sur les Iflissen Umelil[3] : « Sur notre droite, s'étend jusqu'au pied du Djurjura le pays montagneux des Aïth-Flisset-oum-el-lil (Iflissen Umelil) ou Fils de la nuit, qui comprend 14 tribus, 136 villages, 5856 fusils. Cette race belliqueuse, l'une des quinquegentiennes, se signala à toutes les époques par son ardeur à combattre l'étranger. Elle prit part aux guerres contre Rome, notamment aux révoltes de Firmus et de Gildon. Soutenir quiconque se soulevait dans la plaine contre la domination existante, ce fut la politique traditionnelle des montagnards kabyles ; mais si celui qui avait obtenu l'appui de leurs armes devenait maître et tyran à son tour, ils se tournaient aussitôt contre lui. »
Étymologie
La légende des Quinquégentiens, à partir de laquelle les historiens ont retrouvé trois noms sur cinq : Faraxen, Iflensès et Azus. Les Iflissen aujourd'hui sont identifiés comme les descendants de celui qui s'appelait Isaflensès ou Iflensès[4].
Il existe deux thèses quant à l'origine du qualificatif rattaché au nom dIflissen. La première traduction vient de la langue berbère où Umellil viendrait de Amellal (Akkal Amellal, versant sud du mont Timezrit), ce qui nous donnerait la traduction suivante : Iflissen de la Montagne Blanche Umellil signifie aussi « blanc » en Tachelhite du Maroc.
« ⴼ ⵍ ⵙ » eflis, avoir confiance, dont le substantif ou la forme d'habitude est régulièrement « ⴼ ⵍ ⵙ » efilis, avec prononciation plus ou moins faible de la voyelle inchoative e qui ne tient pas au radical. C'est le nom de plusieurs tribus berbères bien connues dans le Djurdjura : les Iflissen, Ifflenses de Ammien Marcellin, Flissa des Arabes. Les Ifflissen sont « les gens de confiance », « les fidèles. »[5]
Histoire
Le territoire assez étendu, arrosé par quatre rivières, et peu élevé par rapport au reste du Djurdjura, a permis à ses habitants d'y cultiver un peu de blé, de l'orge, des olives, des figues et des raisins tout en complétant ces ressources agricoles par l’artisanat (armurerie, orfèvrerie et tissage de la laine).
Antiquité
Les Iflissen Umellil sont très probablement les Isaflenses dont parlent quelques auteurs romains. Ils faisaient partie des Quinquegentiens (ou confédération des cinq tribus insurgées, qui se forma sous le règne de l'empereur romain Valérien et qu'on retrouve par la suite à la tête de tous les mouvements insurrectionnels contre cette domination. Ils prirent part notamment aux révoltes de Tacfarinas et de Firmus. On sait, en effet, que ce dernier, en 373 ap. J.-C., fuyant devant Théodose, chercha refuge chez ces Isaflenses et que, sur le point d'être livré à ce général romain par leur roi ou chef Ighmazen, il réussit à s'étrangler avec une corde[6].
Les Romains ne paraissent avoir occupé cette région qu'au point de vue militaire ; on ne trouve, en effet, dans les Iflissen Umellil aucune trace d'établissements permanents[6].
Invasion Arabe
À l'époque de l'invasion arabe et pendant la période berbère, les Iflissen Umellil n'ont joué qu’un rôle secondaire. Les seules données qu'on ait de leur histoire à cette époque nous les montre en lutte constante avec les Zouaoua, tributaires des Sultans de Koukou[6].
Résistance face aux Ottomans
Au moment de l'arrivée des Turcs, la Grande Kabylie fut divisée en trois grandes entités indépendantes : Le royaume de Koukou, la principauté des Beni Abd-el-Djebbar et la confédération des Iflissen Oumellil[7]. La confédération des Iflissen Oumellil occupait donc une partie du littoral allant de la région de l'actuelle Boumerdès à l'oued Sebaou, incluant donc 5 autres tribus qui se sont depuis détachées : Isser el Widan, Isser Ouled Smir, Isser el Djediane, Isser Draoua et Zemoul. Thomas Shaw rapporte dans son ouvrage Voyage dans la régence d’Alger que les Iflissen Oumellil s'étendaient, au XVIIIe siècle, des bords de l'Oued Isser jusqu'à ceux de la Bagdoura.
Les Iflissen Umellil ont combattu avec les Turcs, contre les Espagnols, pour la libération de Bougie (Bejaïa) et d'Oran avec les Frères Barberousse, ainsi ils ont gardé leur indépendance jusqu'aux environs de 1767 où la Bataille de Draa el Mizan a eu lieu. Elle oppose la Régence d'Alger a la tribu des Iflissen Umllil du pays Kabylie. En effet afin d’obliger les Kabyles à se soumettre à leur pouvoir, les Turcs implantèrent aux environs de 1594 des garnisons dans des bordjs (forteresses) à la périphérie des montagnes de Kabylie. Elles étaient situées à Bouira, Boghni, Draâ El Mizan, les Issers, Bordj Menaiel, Bordj Sebaou et Tizi Ouzou. Ces bordjs n’abritent qu’un effectif réduit de soldats. À la suite de plusieurs affrontements le succès obtenus par les Iflissen Umellil propagèrent la révolte à toute la Kabylie[8].
Selon Joseph Nil Robin, après la mort du bey Mohamed (1754), il se produisit en Kabylie une réaction violente contre le système de compression à outrance qui avait pesé si longtemps sur le pays; elle se traduisit par une insurrection de tout le caidat de Boghni et de la confédération des Flissat ou Mellil. Dans la nuit du 18 chawwal 1169 (), les Kabyles attaquent par surprise le bordj Boghni, tuent le caid Ahmed el chassent la garnison turque. Puis ils se mettent à démolir complètement la forteresse. Encouragés par ce succès, ils attaquent le bordj Bouira le 25 doul qada (), mais cette fois ils sont repoussés. Il fallut trois colonnes turques, celle de Chérif Agha, celle du bey Softa, de Titteri, et celle du bey de Constantine, pour vaincre cette insurrection.
En 1767, les Flissa, qui avaient toujours supporté avec impatience le joug des Turcs, se mettent en insurrection et refusent de payer l'impôt ; l'arrestation d'un des leurs, par un cavalier du caïd du Sebaou, avait, parait-il, servi de pretexte à la révolte.Les principaux chefs des Flissa étaient alors : Khelif ben Bouzid, amin des Beni Mekla, Hassen ben Rafaï, amin des Rouafa, El Haoussin ben Zamoum, amin des Beni Amran; ces chefs reconnaissaient l'autorité de Chikh ben Bouzid des Beni Mekla, père de Khelif. Ce Bouzid avait d'abord été spahis de l'Agha d'Alger, puis il avait été reconnu comme chef des Flissa, par les Turcs, antérieurement à ces événements[9].
En 1767, la révolte générale, commencée par la tribu des Flissa, se propagea à toute la Kabilie[10]. L'agha, ayant marché contre les rebelles, fut mis en déroute et se réfugia à Alger, après avoir perdu 300 hommes; mais il n'échappa à la mort du guerrier que pour périr de la main du bourreau comme coupable de lâcheté. Le dey le remplaça par Si Ouali, Khodjet-el-Kheil. Les révoltés avaient élu comme chef un marabout, Si Ahmed-ou-Saadi; toute la région comprise entre Dellis, Djidjeli et Sétif le reconnut et lui envoya ses guerriers. Il fallait frapper un grand coup; le dey donna au bey de Constantine l'ordre d'envahir le pays insurgé, par l'est, et à celui de Titeri, d'y arriver, par le sud; enfin il chargea l'agha Ouali d'y pénétrer par l'ouest avec les troupes d'Alger (1768). Une grande bataille fut livrée, dans laquelle les Turcs perdirent 1 200 hommes avec l'agha. La victoire restait donc aux Kabyles, qui l'achetérent au prix de pertes considérables. Le dey essaya alors de traiter, mais inutilement, et bientôt les Kabyles se répandirent, comme un torrent, dans la plaine de la Mitidja, mettant tout au pillage, jusqu'aux portes d'Alger. Dans cette ville l'esfervescence était grande; plusieurs fois, le dey Mohammed faillit être assassiné.
Un autre témoignage de la bataille de 1768 rapporte qu'arrivé aux Issers, le Pacha laissa le commandement de toutes ces troupes à l'Agha des janissaires Hadj-Mohammed, et rentra à Alger.
De leur côté, les Kabyles appelérent les tribus voisines à leur secours. Toute la rive gauche du Sebaou leur envoya des contingents : c'étaient des Nezlioua, des Guechtoula, des Maatka, Ouled-el-Aziz, Beni-Iraten, Gaouaoua, Beni-Hidjer, et des Beni-Khalfoun. Ils prirent pour chef l'Amghar des Flissas, Mohamed U Hassan, fils de Hassan U Rafa3 de la tribu des Iraf'an. Hadj-Mohammed assaillit la montagne par Bordj-Menaïel ; malgré une résistance énergique, il emporta et brùla tour à tour, en 4 ou 5 jours, Atrochdin, Ir'amracen, Atdabet, Mezdoni et Ighil Nsedda, villages de la fraction des Iraf'an. Le cinquième jour, il alla camper au marché d'El-Hâd, sur le sommet du mont Timezrit, où se trouve le marabout le plus vénéré des Flissas. Les Kabyles y tentèrent un dernier et vigoureux effort. Les Turcs furent complètement écrasés; peu d'entre eux purent s'en échapper isolément. Sept jours après, on en trouvait encore cachés dans les brousailles, allendant qu'il se préparat une occasion de fuir ou que la première colère des Kabyles fût passée. On les renvoya.
Le champ de bataille et les cantons environnants étaient couverts d'armes de toute espèce, de cartouches, de gibernes, etc, abandonnés pour fuir plus vite. Les Kabyles firent un immense butin. Bel-Canoun, le chef des Zemoul, put s'échapper de ce désastre ; mais Hadj-Mohammed, l'agha turc, y périt. Les Kabyles lui coupèrent la tête, et s'en servirent pour jouer à la boule sur le marché de Timezrit. Quelques mois après, Mohamed U Hassan, le chef de la Confédération, mourut[11].
En 1769, l'armée turque, conduite avec prudence, parvint enfin à repousser les Kabyles vers la montagne; puis, des querelles s'élevèrent entre les Flissa et les Maatka: ils en vinrent aux mains et employèrent les uns contre les autres toutes leurs forces, selon la tradition berbère, au lieu de profiter de leur victoire antérieure.
Une guerre éclata entre les Iflissen Oumellil, ainsi que leurs alliés les Ait Zmenzer contre les Maatka et leurs alliés les Ait Aissi entre 1774 et 1781. Les Maatka, dont le territoire s'étend parallèlement a celui des Ait Zmenzer (du sof des Flissa), voyaient leurs communications coupées avec les Ait Aissi, à cause de la possession du village de Tighilt Mahmoud par les Ait Mahmoud (Ait Zmenzer) par lequel on pouvait rejoindre les fractions des Abd el-Moumen et Ait Amar ou Faid affiliés aux Ait Aissi. La coalition des Maatka avaient un avantage sur leurs ennemis, mais n'ont pas pu en sortir victorieux et saisir le village de Tighilt Mahmoud[12].
Au début 1814 se produisit l'affaire de Tamdiqt entre les Flissas et les troupes de l'agha Omar. Ce dernier, sommé par le Dey d'Alger de mater une révolte des tribus de Bou Saada et des Ouled Madi, qui avaient battu le bey Djellal du Titteri, se mit en marche mais dû prendre un chemin différent par la cause d'une crue de l'oued Isser. En établissant son camp à Chabet el Ameur, le chaouch, Mohamed Ben Kanoun, eut appris d'une réunion de troupes des Flissa à Tamdiqt, 6 kilomètres en avant de la colonne turque. Les Flissa étaient poussés dans cette affaire par Si Mohamed ou Saadi, le fils de Si Ahmed ou Saadi qui a su arrêter la marche des Turcs dans les Oulad Yahia Moussa en 1768 et par Si el-Hadj Allal des M'kira. Mohamed Kanoun ne se sentant pas en mesure de forcer le passage ni même d'attendre l'ennemi, fit lever le camp immédiatement et alla s'installer chez les Beni Khalfoun, qui étaient restés soumis et que lui avaient fourni ses moyens de transport pour ses bagages; il fit en même temps appel aux goums des Isser, des Amraoua et des Abid Aïn Zaouïa et informa Omar Agha de la position dans laquelle il se trouvait.
Les Kabyles ne donnèrent pas le temps aux renforts d'arriver et ils attaquèrent la petite colonne turque qui se défendit vaillamment. Le combat se prolongea jusqu'à la nuit, les soldats turcs accablés sous le nombre durent plier; les Beni Khalfoun voyant que les Flissa avaient le dessus tombèrent à leur tour sur la troupe de Mohamed ben Kanoun, qui fut bientôt décimée. Le chaouch groupa autour de lui les quelques soldats qui avaient échappé au massacre, il se mit en retraite sur Bordj Menaïel et il réussit à gagner ce fortin et à s'y enfermer. Les cavaliers qui avaient pu se rendre à l'appel de Ben Kanoun campèrent avec lui à portée de fusil du fort, à l'endroit appelé El-Rerbial, les soldats turcs seuls occupèrent le bordj.
Le lendemain matin, les Flissa débouchèrent par l'Oued Cherachir et s'avancèrent pour attaquer le bordj pendant que les cavaliers au nombre de 70, commandés par Mohamed Amzian, 'le plus brave et le plus vigoureux' de la famille des Oulad ben Zamoum, faisaient un détour par Nerdja ben el-Ammali, pour attirer à eux les cavaliers de Ben Kanoun et les empêcher ainsi de charger les fantassins de Flissa, qui commençaient leur attaque. Mohamed ben Kanoun s'élança avec son goum sur les cavaliers de Mohamed Amzian, les met en déroute et les poursuit avec vigueur. Les fantassins kabyles, voyant fuir leurs cavaliers, battent à leur tour en retraite et sont ramenés jusqu'à Cherachir, en perdant beaucoup de monde. Le goum de ben Kanoun coupa trente six têtes, qui furent envoyées le soir même à Alger. Mohamed Amzian ben Zamoum avait été blessé et El Hadj Mohamed avait eu un cheval tué sous lui. Omar Agha arriva le jour même à Bordj Menaïel avec le gros de la colonne el il semontra très satisfait du succès qu'avait remporté son chaouch. N'ayant pas de forces suffisantes pour attaquer les Flissa, il se tourna vers les Beni Khalfoun pour leur faire payer les frais de la guerre; il les imposa d'un fusil et de dix réaux boudjoux par maison et chargea le caïd de l'Oued Isser, Mohamed ben Tarzi de percevoir cette contribution[9].
Colonisation française
À l'arrivée des Français, en 1830, les Iflissen Umellil, après avoir détruit le bordj de Boghni évacué par les Turcs, se répandirent dans la plaine de la Mitidja.
Conduits par le chef El Hadj Mohammed ben Zamoum, Ils attaquent les Français devant Blida en 1830, à la Reghaïa en 1831, au Boudouaou en 1837.
En 1834 et 1836, l'Emir Abd el Kader tente d’organiser les Iflissen Umelil pour les faire servir à sa cause, mais les Iflissen, réfractaires, conservent toute leur indépendance.
Cette situation se prolongea jusqu'en 1844. Le de cette année, après avoir perdu leur contingents à Tamdaït, le maréchal Bugeaud reçut leur soumission.
L'Aghalik des Flissa fut créé aussitôt et ce grand commandement fut donné à Ali bel Haoussin ben Zamoum, puis à Ben Zitoun et enfin à Mohammed ben El Hadj, appelé le cheikh des cheikhs par les indigènes.
Mais la soumission ne sera pas définitive, les Iflissen Umellil grâce à la nature du relief qui est très accidenté, et l'absence de chemins carrossables, un vrai obstacle naturel pour tous ennemis, ils ont participé à l'insurrection de 1857[13].
Quand, en 1858, mourut Mohammed ben El Hadj, il ne lui fut pas donné de successeur et les Iflissen Umellil furent divisés en six caïdats.
Ensuite en 1871, les Iflissen de nouveau prirent une part active à une nouvelle insurrections, l'insurrection de la Révolte de Mokrani[14]. Ils durent ensuite payer une forte contribution de guerre et leurs biens furent placés sous séquestre[6].
Guerre d’Algérie
Parmi les grandes figures de la guerre d’Algérie étant Iflissen Umellil nous retrouvons Krim Belkacem, un des 6 pères fondateurs du FLN et signataires du côté Algérien des Accords d’Évian.

Très tôt il commence le combat en adhérant au PPA et commence à implanter des cellules clandestines dans douze douars autour de Draâ El Mizan, armé d'un pistolet-mitrailleur Sten. Les autorités françaises se rendant compte de son influence sur la population le convoquent le pour « atteinte à la souveraineté de l'État ». Après avoir pris l'avis du PPA, il prend le maquis (sous le pseudonyme de Si Rabah) avec Moh Nachid, Mohamed Talah, Messaoud Ben Arab (Tous Iflissen Umellil).
Il devient responsable du PPA-MTLD pour toute la Kabylie, et à la tête des 22 maquisards qui composent son état-major il multiplie les contacts directs avec les militants et la population, il réussit à entraîner au moins 500 éléments dans son maquis à la veille de l’insurrection de novembre 1954.
Dans la nuit du au , partout en Algérie vint des insurrections contre le colonialisme[15] et chez les Iflissen Umellil aussi. Comme à Tizi Gheniff à exactement 00h45, chef-lieu de la commune où résidaient tous les colons, les rafales de mitraillettes déchirèrent l’obscurité et le silence du village. Étant attaqué par des hommes dirigés par Amar Merabet, armé d’une mitraillette (MAT 49)[16].
La bataille du à Aït Yahia Moussa, une réunion qui devait avoir lieu à la maison de Krim Belkacem entre les responsables de la wilaya 3 et ceux de la wilaya 4 dont les colonels Amirouche, Si El Haouès, M'Hamed Bougara, Omar Oussedik, Commandant Azzedine etc. Malheureusement les communications étaient captées par les services spéciaux. Des bruits entendaient partout, les villages encerclés, des tonnes de napalm[17] étaient largué sur les habitants brûlant causant d’énormes dégâts. L’armée française avait engagé 32 000 soldats et 30 avions de guerre. Des combats corps à corps, c’est là où le chef de bataillon français le capitaine Graziani[18] a été tué. Les pertes sont du côté Algérien de 391 morts (282 maquisards et 109 civils) et plus de 1 000 blessés.
Les Tribus (Âarchs)
Composée de treize Tribus de grande Kabylie (Âarc ou Âarchs)[19], la confédération d'Iflissen Umellil est le plus grand regroupement de grande Kabylie sous l'appellation (taqbilt).
- Inezliouen
- Imzalen
- Imkiren
- Ibouazounen (Ibuɛezzunen)
- Ath Yahia Moussa (At Yeḥya Umusa)
- Ath Mekla (At Mekla)
- Ighoumracen
- IrafƐen (Rouafa)
- Ath Bourouba (At Buruba)
- Ath Amran (At Ɛemṛan)
- Ath Chenacha (At Chnacha)
- Arch Alemnas (Lɛarc Alemmas)
- Ath Arif (Aṭ Ɛarif)
Certains historiens[Lesquels ?] apportent un peu plus de précision en comptant deux autres tribus comme appartenant à cette confédération :
- Ath Chilmoun
- Aït Aicha (At Aɛyca)
- Azazna, mais cette appellation semble être la forme arabisée de Ibuazunen.
- Iwaryacen[20]
Plus récemment la tribu d'Ath Xalfun est souvent rattachée aux Iflissen Umellil, pour cette dernière, qui est une tribu de taille importante[évasif], il semble surtout que la confusion soit faite parce que les Ath Khalfoune ont toujours combattu aux côtés de leur voisin du Nord, les Iflissen Umellil[évasif].
Correspondance entre les tribus et les communes d'aujourd'hui
| Imzalen,Inezliouen | Draâ El Mizan | Wilaya de Tizi-Ouzou |
| Imzalen | Tizi Ghenif | Wilaya de Tizi-Ouzou |
| Imkiren | M'Kira | Wilaya de Tizi-Ouzou |
| Ibouazounen et Aït Yahya Moussa | Oued Ksari / Aït Yahia Moussa/Timezrit | Wilaya de Tizi-Ouzou |
| Ibouazounen, imkiren | Timezrit (Boumerdès) | Wilaya de Boumerdes |
| Aït Arif | le sud de Tirmitine, le Nord étant " Aït khelifa " de la confédération de Maâtkas | Wilaya de Tizi-Ouzou |
| Aït Bou Chenacha, sidi ali bounab et Arch Alemnas | Tadmaït | Wilaya de Tizi-Ouzou |
| Aït Mekla, Aït Bourouba et Aït Amran | Naciria
Béni Amrane |
Wilaya de Boumerdes |
| Iɣemracen et Irafɛen | Bordj Menaiel | Wilaya de Boumerdes |
| Ait Mekla | Chabet El Ameur, Isser (en minorité) | Wilaya de Boumerdes |
Administration des Iflissens Umelil
Timezerit (Timezrit (Boumerdès))est un lieu saint où les Flissas se réunissent de temps immémorial, pour discuter en assemblée générale leurs affaires de paix et de guerre. Les tribus kabyles forment de petites républiques dont les membres se convoquent en congrès populaires (djemaa), toutes les fois que l'intérêt commun l'exige. Chacun, depuis le chef jusqu'au dernier berger, a le droit d'y parler à son tour, et de donner son avis. Ce mode de procéder entraine souvent des lenteurs interminables. Lorsque la décision (el meiz) est prise, on fait une décharge de toutes les armes, suivie d'une prière à l'éternel pour sanctionner la décision et protéger ses effets. Les marabouts exercent, dans ces assemblées, une influence très-considérable. Ici, comme parlout ailleurs, la naissance, l'entourage et les richesses sont des moyens puissants pour agir sur les décisions[21].
L'apparition d'une armée française était un événement de haute importance pour ces montagnards qui avaient sommeillé pendant tant de siècles dans leur fière indépendance. Les Turcs, en les tenant bloqués quand ils refusaient d'acheter le droit de descendre la plaine, leur avaient causé peu de mal, et n'eussent jamais osé tenter l'accès de ces monts redoutés où chaque ravin peut cacher une embuscade, chaque buisson couvrir un tirailleur, chaque pierre devenir une arme, chaque fossé un tombeau pour l'assaillant[21].

Personnalités
- Littérature et poésie : Rachid Amirou (Tadmaït) - Zehira Berfas Houfani (M'kira) - Hocine Cheradi (Tadmaït), Ouramdane Krim (At Yahia Moussa)
- Chanson et poésie: Farid Ferragui (M'kira), Amar Belkada (At Yahia Moussa)
- Musique : Rahim, Said Youcef, Samir Sadaoui (Tadmait), Abderrezak Bouguetaya (At Mekla), Youcef Benyahia (At Mekla)
- Politique et histoire : le colonel Ali Mellah alias Si Chérif (Imikren) - Amar Ouamrane (Frikat) - El Hadj Mohammed Ben Zamoun (At Amran) - Hassan U-Rafa (Iraf'an) - Khelif U-Buzid (At Mekla) - Krim Belkacem (At YahIa Moussa) - le capitaine Si Moh Nachid (At YahIa Moussa) - Lhusin N Zamum (Aït Amran) - Rachid Kaci (At Arif) - le Commandant Ali Bennour dit Ali Moh N'Ali (Tadmaït) - le lieutenant Ali Cheradi dit Ali Hammou (Tadmaït) - le moudjahid Mohammed Talah (At YahIa Moussa) - Si Ahmed U-Belkassem (M'kira) - Mohammed ben Zitoun (At Mekla) - Sidi Ahmed ou Ahmed ou Saadi (At Yahia Moussa) - Mohamed U Hassan (Iraf'an)
- Recherche : Tassadit Yacine (Tadmaït)
- Sport : Camel Meriem (Inezlioun) - Gaya Merbah (Tadmaït) - Messala Merbah (Tadmait), Madjid Zaim (At Mekla)
- Cinéma : Rym Takoucht (At Mekla)