Ignace Nau
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Ignace Nau (Port-au-Prince - Léogâne 1845), poète, conteur, nouvelliste et historien haïtien, est l'initiateur de l'École de 1836, mouvement littéraire communément appelé le Cénacle haïtien.
Ignace Nau nait à Port-au-Prince en 1808 sous la présidence d’Alexandre Pétion.
Son père, Jean-Pierre Nau, fut trésorier général des finances sous le gouvernement d'Alexandre Pétion et de Jean-Pierre Boyer.
Il fréquente l’école Jonathas Granville de Port-au-Prince, puis l’Université Catholique de New York[1] où il reçoit une formation générale et militaire. Ignace Nau devient aide de camp du président Boyer à son retour de l’Université catholique de New York[1], puis son secrétaire particulier[1],[2]. En 1833, il épouse Marie Ursule Bélizaire.
En 1836 se forme le groupe du Cénacle, autour d'Ignace Nau et de son frère Émile Nau. Il lançe le mouvement littéraire haïtien qui regroupe les poètes romantiques notamment les frères Coriolan Ardouin, Céligny Ardouin et Beaubrun Ardouin. Plus tard Oswald Durand, Massillon Coicou, Alibée Féry et Tertulien Guilbaud se réclameront de cette mouvance romantique. Le groupe du Cénacle engage la littérature haïtienne dans un mouvement littéraire romantique qui marque les débuts de la jeune République. Le mouvement littéraire haïtien suit en parallèle le courant romantique français de la même époque[1]. Wébert Charles présente Ignace Nau comme le premier lodyanseur de la littérature haïtienne[3]. Pour Pierre-Raymond Dumas, il est u novateur[4]. De son cote, Lyonel Trouillot affirme que « l’œuvre littéraire en prose d’Ignace Nau inaugure le récit littéraire haïtien »[5].
Ignace Nau publie la revue littéraire haïtienne Le Républicain[1]. D'abord censurée puis interdite, il s'exile en France. À Paris, il dirige la Revue des colonies qui lutte contre l'esclavage[6].
De retour à Haïti, il renomme sa revue littéraire L'Union. Accablé de chagrin à la suite de la mort de sa femme, il meurt à son tour en 1845[1].
Il puise son inspiration à la fois puisée dans l'histoire d'Haïti et dans la nature sauvage du pays. Deux points importants dominent son œuvre :
- Conter l'histoire d'Haïti, la faisant mieux connaître aux lecteurs haïtiens afin que le peuple en soit fier, digne de respect et d'admiration.
- Conter la nature du pays, les oiseaux, les senteurs, les paysages et la fragilité de cet univers bucolique face aux éléments naturels.
Après la mort de son épouse, son œuvre sera teintée de tristesse et de mélancolie[1].
Extrait
Le poème Dessalines rend hommage au fondateur de la patrie Jean-Jacques Dessalines et condamne le complot dans lequel ce dernier a trouvé la mort[7] :
- Dessalines, à ce nom, ami, découvrons-nous !
- Je me sens le cœur battre à fléchir les genoux
- Et jaillir à ce nom un sang chaud dans mes veines.
- Suspendez vos plaisirs, recueillez votre cœur,
- Songez à nos héros, songez à l'Empereur ! Et Jean-Jacques, semblable à quelque esprit de Dieu,
- Dicta l'indépendance à la lueur du feu !...