Ignacia Zeballos Taborga
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Ignacia Zeballos Taborga ( – ) est une couturière et épicière bolivienne qui s'engage dans l'armée pendant la guerre du Pacifique. Après dix mois de service dans l'armée régulière, elle rejoint le service d'ambulances de l'armée, précurseur de la Croix-Rouge bolivienne. Elle est surnommée la « Mère du soldat bolivien » pour les soins qu'elle prodigue aux blessés et reçoit le titre d'Héroïne méritoire de la patrie. De nombreux monuments et distinctions à travers le pays portent son nom.
Ignacia Zeballos Taborga est née le à La Enconada (aujourd'hui Warnes, dans le département de Santa Cruz), en Bolivie, de Antonia Taborga et Pedro Zeballos[1]. Elle a un frère, Daniel, et une sœur, Matilde[2]. Elle est veuve à deux reprises et donne naissance à une fille de son second mari, Blan (ou Blanco)[1],[2].
Carrière
Après la mort de son second mari, Zeballos s'installe à La Paz, où elle travaille comme couturière[1]. En 1876, lors des coups d'État menés par Hilarión Daza pour renverser le président Tomás Frías[3], elle participe à l'incendie du Palacio Quemado puis s'enfuit[1] vers la côte bolivienne, où elle ouvre une épicerie[4]. Au début de la guerre du Pacifique, elle vit à Puno avec sa fille, mais retourne à La Paz après l'invasion chilienne du port d'Antofagasta en 1879. À La Paz, elle apprend que le gouvernement a donné l'ordre de rassembler des armes et des munitions pour défendre le pays. Vêtue de l'uniforme de son défunt mari, Zeballos s'engage dans le bataillon Colorado des Fusils de l'Est (espagnol : Rifleros del Oriente) de l'escadron Velasco et chevauche avec les troupes jusqu'à Tacna[1].
Participant à la bataille d'Alto de la Alianza (en) et aux expéditions d'Ite et de Moquegua, Zeballos sert dans l'armée pendant dix mois, aidant les rabonas (infirmières, porteuses d'armes et de munitions) et les soldats, pour lesquels elle sert comme chargeuse de fusils[1],[4]. Après dix mois de service sans solde, le général Eliodoro Camacho lui accorde une solde de trente bolivianos (Bs) et la promeut au sein des Ambulances de l'Armée (espagnol : Ambulancias del Ejército). Son salaire passe alors à trente-deux shillings par mois[1]. Elle est l'une des premières infirmières à porter l'emblème de la Croix-Rouge au combat[2]. En , après dix-huit mois de service, Zeballos écrit au président Narciso Campero pour lui demander l'autorisation de retourner à Puno afin de prendre des nouvelles de sa jeune fille et réclamer son arriéré de salaire[1].
Son service se distingue par ses soins aux blessés, mais aussi par son attention portée aux enfants des rabonas. Après la fin des combats, elle parcoure également le champ de bataille à la recherche des blessés afin de les protéger des forces chiliennes qui inspectent régulièrement les corps des morts, cherchant à égorger les survivants[2]. À la fin de la guerre, la Convention nationale bolivienne de 1880 proclame Zeballos Héroïne méritoire de la Patrie (espagnol : Heroína Benemérita de la Patria), lui confère le titre honorifique de Colonel de la Santé et lui décerne une médaille d'or avec une pension à vie de quarante Bs. par mois[2].