Ilia Bakkal est né en 1894[1], à Sébastopol, dans une famille karaïme de Bakhtchissaraï. Son père, Ioufoudi Illitch Bakkal, marchand, est membre du conseil d'administration d'une société de bienfaisance[2]. En 1917, Ilia Bakkal est diplômé de la faculté de droit de l'université impériale de Petrograd[3].
De 1917 à 1922, il est membre du parti socialiste-révolutionnaire de gauche, dont il est l'un des dirigeants à Sébastopol et le leader de l'aile gauche. En 1917, il est élu à la Douma de Sébastopol[2]. Cette même année, il est délégué au 2e congrès panrusse des soviets, et membre des 2e et 3e comités exécutifs centraux des soviets de la RSFSR[4]. Jusqu'en juillet 1918, il est président de la fraction des socialistes-révolutionnaires de gauche au comité exécutif[2]. En 1920, il devient secrétaire du bureau central du parti socialiste-révolutionnaire (légaliste)[5].
En septembre 1921, il se prête, avec l'ancien commissaire du peuple à la Justice, Isaac Steinberg, au garant de Maria Spiridonova, figure emblématique de l'ancienne direction du parti socialiste-révolutionnaire de gauche, aux fins de sa libération de l'asile criminel[4]. Cette libération est conditionnée à son renoncement à toute activité politique[6]. Il est lui-même arrêté à Moscou le , et expulsé à l'étranger, sur le «bateau des philosophes», sur décision du collège de la Guépéou du , avec sa femme Timofeïeva-Bakkal[2].
Dans l'après-guerre, il est directeur du théâtre allemand d'opéra comique dans la zone d'occupation soviétique de Berlin. Il est à nouveau arrêté sur décision du ministère de l'intérieur soviétique le à Berlin[7], et condamné le à 10 ans de camp pour activité SR antisoviétique. Il est réhabilité le 10 octobre1957[8].
↑ (ru) «Баккал Илья Юрьевич» [«Bakkal Ilia Iourevitch»], sur www.el-history.ru (consulté le )
↑ (en) Alexander Rabinowitch, «Spiridonova», dans Edward Acton, Vladimir Iu. Cherniaev et William G. Rosenberg (éds.), Critical Companion to the Russian Revolution, 1914–1921, Bloomington, IN, Indiana University Press, (ISBN0-253-33333-4), p.185
↑ (ru) «Депортация интеллигенции» [«La déportation de l'intelligentsia»], Бессмертный барак, (lire en ligne, consulté le )
(ru) Крестьянников С. С. (S. S. Krestiannikov), «Баккал Илья Юфудович» [«Bakkal Ilia Ioudovitch»], Севастополь: Энциклопедический справочник, Sébastopol, Фирма «Салта» ЛТД, (ISBN978-966-1623-06-3);
(ru) Прохоров Д. А. (D. A. Prokhorov), «Общественные, национально-культурные объединения и органы конфессионального самоуправления крымских караимов в 1917-1920 гг.» [«Vie sociale, unions nationales et culturelles et organes confessionnels autonomes des Karaïms de Crimée»], Материалы по археологии, истории и этнографии Таврии, Simforepol, noXV, , p.573—621 (ISSN2413-189X)