Illusion cutanée du lapin qui saute
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L'illusion cutanée du « lapin qui saute »[1], également appelée saut cutané et parfois l'effet cutané du lapin (ECL), est une illusion tactile provoquée en tapotant deux ou plusieurs régions différentes de la peau en une succession rapide.
L'illusion est plus facilement provoquée sur les régions du corps qui ont une relativement pauvre acuité spatiale, telles que l'avant-bras. Une séquence rapide de tapotements exercés en premier près du poignet, puis près du coude crée la sensation de touchés séquentiels remontant de l'avant-bras du poignet vers le coude, bien qu'aucun stimulus ne soit appliqué entre les deux endroits stimulés. De même, les stimuli livrés en premier près du coude, puis près du poignet provoquent la perception illusoire de touchés du coude vers le poignet. L'illusion a été découverte par Frank Geldard et Carl Sherrick de l'Université de Princeton, dans le début des années 1970[2], et en outre caractérisé par Geldard (1982)[3] et dans de nombreuses études ultérieures. Geldard et Sherrick ont comparé la perception à celle d'un lapin sautillant le long de la peau, donnant son nom au phénomène. Alors que l'illusion du lapin a été le plus largement étudiée dans le domaine tactile, des illusions sensorielles analogues de saut ont été observées dans les champs de l'audition[4],[5],[6] et de la vision[7],[8],[9]. Le mot « saut » se réfère au bond ou au saut de la nature de la perception.
Études expérimentales
Dès sa découverte, l'illusion a piqué la curiosité des chercheurs, et de nombreuses expériences sur l’effet ont été menées, la plupart d'entre elles sur l'avant-bras. Des études ont montré de façon constante que l'illusion du lapin se produit uniquement lorsque des tapotements successifs sont étroitement espacés dans le temps ; l'illusion disparaît si la séparation temporelle entre les tapotements dépasse environ 0,3 seconde (300 millisecondes)[3]. Une étude a montré que le niveau d'attention accordé à une zone de peau réduit la perception de la migration d'un tapotement placé à l'endroit de l'attention[10]. Une autre étude a montré que les tapotements illusoires sont associés à l'activité neuronale de la même zone sensorielle du cerveau que celle qui est activée lors de vrais tapotements sur la peau[11]. Cependant, les mécanismes neuronaux spécifiques qui sous-tendent l'illusion du lapin sont inconnus. De nombreuses et intéressantes instanciations de l'illusion cutanée du lapin ont été observées. L'illusion n'est pas uniquement sur le « corps »[12]. Lorsque les sujets tiennent un bâton entre le bout de leurs index et reçoivent les tapotements via le bâton, ils ont rapporté sentir les tapotements illusoires le long du bâton. Ceci suggère que l'illusion cutanée lapin implique non seulement la valeur intrinsèque somatotopique de la représentation, mais aussi la représentation du schéma du corps étendu qui résulte des interactions corps-objet. La recherche a montré que l'illusion peut se produire dans des régions non contiguës du corps comme les doigts[13]. Cependant, une sous-population de participants ne semble pas faire l'expérience de l'effet sur le bout des doigts[14]. Il a également été montré que l'illusion se produit à la fois au sein des bras et au travers les bras[15]. Des repères visuels — des éclairs de lumière placés à des endroits précis le long du bras — peuvent influencer l'illusion cutanée du lapin[16]. En outre, des stimuli tactiles et auditifs peuvent interagir dans l'illusion du lapin[17]. En 2009, des chercheurs de Philips Electronics ont présenté une veste doublée avec des actionneurs et conçue pour susciter, tout en regardant un film, les différentes sensations tactiles. L'appareil utilise l'illusion du lapin pour réduire le nombre d'actionneurs nécessaires[18].
