Image du Nouvel An

From Wikipedia, the free encyclopedia

Une progéniture honorable après l'autre. Image du Nouvel An de Yangliuqing. Période Kangxi (1661-1722). Musée d'Art national de Chine .
Image du Nouvel An de la dynastie Qing

Une image du Nouvel An (en chinois: 年画; pinyin: níanhùa») est un banhua populaire en Chine. Il s'agit d'estampe sur bois colorée, utilisée pour la décoration et l'exécution de rituels pendant les festivités du Nouvel An chinois. Aux cours des XIXe et XXe siècles, certains imprimeurs ont commencé à utiliser ce genre pour représenter l'actualité.

Les origines des images du Nouvel An sont méconnues, cependant il est communément admis que la pratique aurait pu émerger avec des représentations des dieux des portes sous la dynastie Tang. Au XIXe siècle, ils sont rejoints par d'autres divinités domestiques protectrices et propices, tels que le Dieu de la Cuisine et le Dieu de la Richesse.

Les images de femmes et de bébés sont d'autres représentations fréquentes, tout comme celles des célébrations du Nouvel An, de récits populaires et de représentations du théâtre.

Traditionnellement, à l'approche des festivités du Nouvel An chinois, chaque famille remplace ses images du Nouvel An, conformément au mantra « dites adieu au passé et accueillez l'avenir » (en chinois : 辞旧迎新).

Jusqu'à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les thèmes abordés étaient généralement religieux et liés au folklore traditionnel.

Ensuite, les artisans commencèrent à diversifier leurs représentations en illustrant des événements d'actualité, tels que la guerre franco-chinoise, la première guerre sino-japonaise, la révolte des Boxers avec des éléments issus de la vie moderne tels que des chemins de fer. La pertinence de l'appellation de níanhùa quant à ces images peut être discutable compte tenu du fait que ces sujets n'ont pas de lien avec le Nouvel An.

Cependant, toutes les images produites à l'aide de cette tradition de la gravure sur bois sont généralement catégorisées comme telles.

Les images du Nouvel An ont été imprimées dans toute la Chine. Cependant le site de production de Yangliuqing[1] (Tianjin), est largement reconnu comme le contributeur le plus important et le plus influent de cette industrie. Parmi d'autres sites reconnus pour leur production, nous pouvons citer Yangjiabu (Shandong), Wuqiang (Hebei), Fengxiang (Shaanxi), Taohuawu (Suzhou) et Mianzhu (Sichuan).

Histoire

Il existe peu de documents fiables qui nous aideraient à retracer l'histoire des images du Nouvel An depuis leurs origines. Cependant, Wang Shucun soutient qu'elles auraient été popularisées pendant la dynastie Ming[2]. En effet, ce développement peut être attribué à la politique du gouvernement Ming qui a contribué à la diffusion de romans populaires, au développement des techniques d'impression sur bois[3] et à la commercialisation à grande échelle de ces images par le biais d'ateliers spécialisés (en chinois : 畫坊) (Pinyin : Huà fāng)[4].

Étant donné la nature saisonnière et le côté éphémère des images du Nouvel An, très peu d'exemples authentiques peuvent être datés d'avant le XIXe siècle. Néanmoins, on pense que cette industrie a prospéré à partir de la fin de la dynastie Ming et a perduré tout le long de celle des Qing[5].

À Weifang, un atelier construit sous la dynastie Ming a pu être relié à la production locale d'images du Nouvel An. On y retrouvait : une salle de production, une salle d'exposition (WangFang ; en chinois : 望房), un bureau de comptable, des chambres d'hôtes ainsi que des pièces de vie pour le propriétaire de l'atelier[4]. L'organisation de cet atelier reflète un certain modèle économique dans lequel les artisans commercialisent leurs marchandises en plus de la produire.[réf. nécessaire]

La mécanisation de l'impression et l'évolution des préférences esthétiques au début du XXe siècle ont posé un sérieux défi aux ateliers et aux artisans d'images du Nouvel An. La production a diminué jusqu'aux années 1930 où seuls quelques ateliers subsistaient dans les centres d'impression autrefois prospères comme Yangliuqing et Yangjiabu. Pendant la seconde guerre sino-japonaise, le Parti communiste chinois a pris conscience du potentiel propagandiste de cet art « paysan » et populaire. Ainsi, les images du Nouvel An ont commencé à être promues dans cette nouvelle visée. Cependant, l'industrie traditionnelle ne s'est pas rétablie et a failli disparaître dans les années 1960. Après la révolution culturelle, des efforts ont été déployés pour restaurer l'industrie des níanhùa en tant que patrimoine culturel. Aujourd'hui, des ateliers existent encore dans la plupart des grands centres de production.[réf. nécessaire]

Méthodes de production

On compte plusieurs méthodes de réalisations pour ces images parmi lesquelles : le dessin à la main, l'impression sur bois, le filigrane, la combinaison du dessin et de la peinture, la lithographie, l'impression offset, etc.

Habituellement, la production d'images du Nouvel An colorées, sur bois suit quatre étapes principales :

Dans un premier temps, l'artiste dessine une esquisse sur un support papier. Ensuite, cette esquisse est gravée en relief sur une planche de bois. Par la suite, des blocs distincts sont gravés correspondant à chaque couleur souhaitée. Enfin, l'imprimeur encre le bloc de contour et presse le papier sur sa surface à l'aide d'un pinceau dur. La procédure est répétée pour chaque bloc de couleur. Dans certains cas, la couleur peut être ajoutée à la main et des retouches peuvent êtres faites[6].

La réalisation d'une estampe diffère d'un centre de production à l'autre. Par exemple, à Yangliuqing, seul le contour est imprimé, les couleurs étant ajoutées manuellement. Tandis qu'à Mianzhu, les images sont entièrement dessinées et colorées à la main. Ces techniques traditionnelles perdurent encore aujourd'hui, même si désormais, la plupart des images du Nouvel An sont produites par la chromolithographie et l'impression offset en couleur.

Thèmes

Les images du Nouvel An abordent des sujets variés, mais plusieurs thèmes sont récurrents:

  1. Les Immortels et symboles de bon augure : Parmi les immortels les plus fréquemment représentés, on compte les Dieux de la Porte, de la Cuisine et de la Richesse. Parmi les symboles de bon augure, on retrouve souvent des animaux tels que les lions, les tigres, les cerfs, les grues, les phénix et les oiseaux porte-bonheur, des végétaux comme les lotus, les pivoines et d'autres fleurs, l'arbre à monnaie, le pot de richesse et d'autres objets exprimant des vœux de chance, de richesse et de bonheur.
  2. La vie quotidienne et laïque : Certains artistes populaires ont représenté de façon idéalisée : la vie rurale et domestique représentant agriculture productive, la vie de famille, les coutumes festives, des anecdotes humoristiques, etc.
  3. Les bébés et beauté : Les images de bébés (typiquement de sexe masculin), seuls ou en compagnie de jeunes mères, sont des motifs récurrents, tout comme les images de beautés, seules ou en compagnie de bébés.
  4. Des récits : Récits adaptés d’événements historiques, de contes populaires, de mythes, de légendes, de romans et de drames[7].

Notes et références

Bibliographie

Articles connexes

Related Articles

Wikiwand AI