Incidents de Tindouf
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| Date | 8 et |
|---|---|
| Lieu | Tindouf |
| Issue | Victoire algérienne |
tribus Reguibat |
| 3 morts (Le Monde[1]) ou 1 mort (Le Monde[2]) |
12 morts et de nombreux prisonniers (Le Monde[1]) ou 3 morts (Le Monde[2]) ou 138 morts (ambassade marocaine à Paris[3]) |
Les incidents de Tindouf désignent les affrontements des 8 et opposant l'Armée nationale populaire à des représentants locaux du gouvernement marocain et des membres des tribus Reguibat dans la ville algérienne de Tindouf. Les combats cessent le , après la reddition du caïd de la ville et de ses partisans.
En , alors qu'il existe une revendication marocaine sur le tracé de la frontière entre l'Algérie et le Maroc, le roi Hassan II et Ferhat Abbas, le président du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), reconnaissent l’existence d’un contentieux territorial et décident d’en différer l’étude jusqu’à l’indépendance de l’Algérie[4].
Après la proclamation de l'indépendance algérienne, le , des éléments civils et militaires marocains occupent des postes à la frontière entre l'Algérie et le Maroc. Les protestations et la réaction militaire des autorités algériennes conduisent les autorités marocaines à retirer leur forces armées[5].
Le , selon les autorités marocaines, les militaires algériens tirent sur des manifestants qui demandent le rattachement de Tindouf au Maroc, faisant plusieurs morts. Les autorités algériennes proposent alors la formation d'une « commission mixte » pour enquêter sur ces « prétendus incidents »[5].
Déroulement
Le , le commandant local de l'Armée nationale populaire (ANP) algérienne donne l’ordre au caïd chérifien de Tindouf de retirer le drapeau marocain flottant sur la casbah de la ville et de rendre les armes en sa possession[6],[7]. Le caïd Hamdi Ould Salek refuse, et le , l’armée algérienne encercle la citadelle avant de bombarder au canon la maison du caïd et la casbah. S’ensuit alors un affrontement de plusieurs heures entre l’ANP et les tribus reguibat de Tindouf[8],[7],[9],[10]. Selon différentes sources, les combats font de 3 à 138 morts parmi les insurgés Reguibat[2],[3] — qui reçoivent du Maroc des subsides[8]. Ces derniers, écrasés sous des obus de mortiers, finissent par se rendre avant d’être faits prisonniers — dont le caïd et sa famille — par les Algériens[8],[7]. Les représentants des autorités marocaines sont chassés de Tindouf le [4].
À Alger, les autorités déclarent que « les incidents qui se sont produits le à Tindouf, dans le Sahara, ont été démesurément grossis » et que « pour le gouvernement algérien l'affaire est classée ». Selon le cabinet du colonel Houari Boumédiène, « les incidents du ne sont ni plus graves ni plus alarmants que ceux qui se produisent périodiquement aux frontières des pays de tous les continents » et sont « inhérents à la position géographique de Tindouf »[1]. Le préfet algérien du département de la Saoura se rend alors sur place pour « se rendre compte de la situation » et souligne « l'amitié algéro-marocaine qui mènera un jour au grand Maghreb »[2].
Le quotidien Le Monde, selon des sources qu'il qualifie de « milieux français autorisés », rapporte que les forces militaires françaises situées dans le secteur de Tindouf, ne sont pas intervenues lors des affrontements. Par contre l'armée française a donné aux Algériens une aide sanitaire pour soigner des blessés et les évacuer sur des centres de soins[10].