Indicatoridae

famille d'oiseaux From Wikipedia, the free encyclopedia

Indicatoridés, indicateurs

Les Indicatoridae (Indicatoridés, indicateurs) sont une famille d'oiseaux piciformes, constituée de 17 espèces actuelles réparties en 4 genres.

Description

Les indicateurs sont des oiseaux arboricoles assez indéfinissables, de taille modérée (10 à 20 cm) et à petite tête. Ils ont le bec court et les narines haut placées. Leur plumage est généralement assez terne, avec des taches blanches sur les rectrices (plumes de la queue) externes[1].

Les jeunes indicateurs à l'éclosion sont dépourvus de plumes, leurs yeux sont fermés et à peine visibles, et ils présentent des tubercules hypotarsaux bien marqués. Leur bec est muni d'un crochet membraneux pointant vers le bas, tandis que leur mandibule se termine par un court crochet membraneux recourbé. Le développement du jeune indicateur est assez lent. Les premiers follicules des plumes sont visibles sous la peau vers l'âge de trois jours. Les yeux commencent à s'ouvrir entre dix et quatorze jours, mais ne s'ouvrent complètement qu'entre le seizième et le vingtième jour. Les plumes des ailes et de la queue apparaissent vers l'âge de neuf jours, celles de la tête vers treize ou quatorze jours. Entre le dix-neuvième et le vingtième jour, le plumage est complet et le corps est entièrement recouvert vers le vingt-cinquième jour. Le bec pâle fonce vers le vingt-quatrième ou le vingt-cinquième jour. Le développement est plus rapide chez les espèces du genre Prodotiscus, qui prennent leur envol jusqu'à deux semaines, voire plus, avant d'autres espèces[1].

Les indicateurs ne construisent pas de nid : tous pratiquent le parasitisme de couvée. La femelle pond dans le nid d'une autre espèce d'oiseaux afin qu'ils assurent la couvaison de l’œuf puis l'alimentation du jeune individu (comme le coucou gris en Europe). Ces derniers ne se rendent pas compte de la supercherie et couvent l’œuf de l’indicateur au même titre que leurs propres œufs. L’œuf « indicateur » éclot le premier, l'oisillon présentant un bec crochu comme celui des rapaces. Ce bec lui servira à s'attaque aux œufs (s'ils n'ont pas été percés par la femelle pondeuse) et lacérer et donc éliminer les autres oisillons de la couvée dès leur éclosion. Les parents adoptifs ne s’apercevront de rien et continueront à nourrir cet oisillon fratricide. L'instinct de piquer semble diminuer entre la deuxième et la troisième semaine. Les crochets du bec finissent par se casser ou s'user vers l'âge de 14 jours ; il est rare qu'un ou les deux crochets soient encore visibles à l'envol. Chez les petits indicateurs du genre Prodotiscus, ils tombent plus tôt, vers l'âge de sept jours[1].

Habitats et répartition

L'aire de répartition de la famille des indicatoridés s'étend sur la zone éthiopienne (Afrique subsaharienne) et la zone orientale (Asie du Sud-Est). Les indicatoridés vivent dans les forêts et les zones arborées, les galeries forestières et les zones semi-désertiques, depuis les plaines jusqu'à la limite supérieure des arbres.

Comportement

Son nom d'« indicateur » (honeyguide en anglais) lui vient du comportement par lequel il « indique » à un amateur de miel humain, par un chant particulier, l'emplacement des ruches sauvages. Son « complice » récolte le miel, puis l'indicateur se nourrit de la cire, qu'il est le seul oiseau à pouvoir digérer, et aussi des larves ainsi sorties de la ruche : un cas remarquable de mutualisme[2],[3].

Il faut noter que ce comportement n'est observé que chez le Grand Indicateur. Ainsi, au moins huit autres espèces afrotropicales d'indicateurs, notamment deux espèces de Melignomon, l'Indicateur à queue en lyre (Melichneutes robustus), l'Indicateur à gros bec (I. conirostris) et l'Indicateur tacheté (I. maculatus) parviennent à se nourrir principalement, voire exclusivement, de cire d'abeille sans collaboration avec l'humain[1].

L'indicateur procède comme suit : une fois qu'il a repéré une ruche sur son territoire et aussi aidé par son odorat[4], il part à la recherche visuelle d'un associé potentiel tout en lançant son chant spécifique et répétitif, assez lancinant à la longue. Souvent c'est l'homme qui, ayant repéré le chant de l'oiseau à 100 ou 200 m, va à lui. Une fois la rencontre établie, l'oiseau se met à voleter devant son partenaire temporaire, près du sol, de branche en branche tout en continuant de chanter mais en plus, cette fois, il lui offre un signal visuel lui permettant de le suivre aisément : les taches blanches spécifiques de ses rectrices externes qui se déploient à chaque envol. Une fois arrivé à la ruche, l'homme déloge les abeilles par de la fumée et, si nécessaire, va jusqu'à abattre l'arbre contenant la ruche.

Distribution du Ratel, associé hypothétique des indicatoridés.

Il est tentant de penser que l'indicateur aurait coutume également de guider vers les nids d'abeilles d'autres mammifères comme peut-être le ratel (animal africain de la famille des mustélidés) ou certains viverridés arboricoles, telle la nandinie, une genette à la fourrure suffisamment dense pour résister aux piqûres d'abeilles. Certains scientifiques ont entendu dire que ce comportement avait été observé dans le cas du ratel et du Grand Indicateur (Indicator indicator)[5]. Le ratel ouvrirait la ruche de ses longues et puissantes griffes (cm de long) pour y manger essentiellement le miel, sortant ainsi les couvains contenant les larves recouvertes de cire. En savane ou dans les steppes, les nids d'abeilles sont situés près du sol. Son poil dense et sa peau épaisse le protégeraient des piqûres d'abeilles comme des morsures de serpents dont il est également friand. Si la ruche sauvage est située en hauteur sur un arbre (généralement dans une cavité du tronc), le ratel, toujours guidé par l'oiseau, n'hésiterait pas à y grimper pour y déloger, de quelques coups de pattes, le contenu de la ruche qui choira au sol. Après avoir mangé la majeure partie du miel, le ratel quitterait les lieux, laissant la place à l'indicateur. La distribution géographique et l'habitat des deux espèces se superposeraient parfaitement. Cependant, le comportement rapporté dans le cas du ratel n'a pas reçu de confirmation par des observations scientifiques[1],[6],[7].

Systématique

Liste alphabétique des genres

Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 14.1, 2024)[8] :

Liste des espèces

Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 5.1, 2015)[9] :

Notes et références

Liens externes

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