Indice des prix à la consommation au Luxembourg
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L’indice des prix à la consommation (IPC) est un outil pour mesurer l’inflation. Il mesure, entre deux dates, la variation des prix de produits consommés par les ménages[1].
Il a été introduit au Grand Duché de Luxembourg en 1921 par l’Office de la statistique générale. Au Luxembourg, depuis 1962, l’indice des prix à la consommation est calculé et publié mensuellement par le STATEC (Institut national de la statistique et des études économiques du Grand-Duché de Luxembourg)[2]. L’IPC est présenté sous forme d’indice-chaîne, c’est-à-dire en enchaînant les indices des prix [3].
Depuis les années 1920, les instances officielles au Luxembourg s’intéressent à l’évolution des prix. En effet, entre 1913/1914 et 1921, les prix ont quadruplé, équivalant à une augmentation annuelle de plus de 20%. Cette hausse est due principalement au manque de vivres. Les années d’après-guerre étaient marquées par des fortes perturbations économiques et par une inflation considérable[4].
Pour maintenir le pouvoir d’achat des ménages par rapport à ces tendances inflationnistes importantes, l’échelle mobile des salaires a été introduite progressivement au Luxembourg. Régulièrement les revenus augmentent en fonction de l’indice des prix à la consommation[5]. Si les prix augmentent, les revenus y sont adaptés et augmentent aussi.
La crise économique après la Première Guerre mondiale a vu l’instauration d’un indice « du coût de la vie » afin de calculer et analyser l’évolution des prix à la consommation.
Le premier indice de ce genre était établi en 1921, dont la base 100 correspondait aux prix moyens de la période de à . Les prix pris en considération dans les calculs étaient ceux de 19 articles de première nécessité, tels que le pain, le beurre, les œufs, le charbon, le gaz ou les vêtements[6]. Ce premier indice avait toutefois ses lacunes puisque plusieurs facteurs n’étaient pas intégrés dans les calculs. Premièrement, seules les « quantités physiques (unités, kg) théoriquement consommées »[7] par une famille composée des parents et de trois enfants ont été prises en compte. Deuxièmement, certains produits étaient ignorés dans les calculs bien que l’évolution de leur prix touchât fortement le budget familial, tel que les produits d’hygiène, de santé et de l’éducation, mais aussi le poisson ou les fruits et légumes[6].
Pour lutter contre ces lacunes du premier indice, un deuxième a été introduit en . La base 100 correspondait donc aux prix de . Plusieurs articles sont ajoutés dans les calculs, tel que les journaux et le tabac, mais aussi l’évolution du prix de l’électricité a été prise en compte. Toutefois, cet indice était critiqué fortement parce que « sa représentativité à l’égard de l’ensemble de la consommation des ménages est néanmoins restée très insuffisante»[6].
Un troisième indice a été instauré en 1967, dont la base 100 correspond aux prix de . C’est le premier indice avec une base scientifique, analysant la consommation privée dans son intégralité. À partir de 1984, de nouveaux produits sont régulièrement ajoutés aux calculs de l’indice, tels que le loyer en 1987. En 1990, une pondération de tous les ménages et non plus des ménages les plus modestes est ajoutée (à l’exception des indépendants et des agriculteurs). En 1999, afin de répondre aux exigences de la Communauté Européenne, établies dans le Traité constituant l’Union Européenne, l’indice des prix à la consommation a été adaptée[8]. L’indice-chaîne est établi pour ajuster annuellement la pondération. À côté de l’évolution des prix, les habitudes de consommation sont analysées également. Ainsi, l’indice des prix à la consommation harmonisé est introduit[9].
On distingue ainsi entre l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) et l’indice des prix à la consommation national (IPCN)[3]. L’IPCH est un indicateur économique, qui mesure les évolutions des prix des biens et services au fil du temps et l’inflation dans la zone euro. Ainsi, il devient un critère de la politique monétaire de la zone euro et permet de converger l’inflation selon les critères établis dans le traité de Maastricht. L’IPCN mesure aussi l’inflation, mais il ne prend en considération que les dépenses des résidents au Luxembourg. L’IPCN se base sur les dépenses de consommation des résidents sur le territoire national, tandis que l’IPCH tient aussi compte des dépenses des non-résidents sur le territoire national[10].
Pour des fins d’analyse économique, la base 100 correspond actuellement aux prix de 2015. Pour les besoins d’échelle mobile des salaires, la base 100 correspond aux données de [11].
La création d’une échelle mobile des salaires
Afin de maintenir le pouvoir d’achat de la population face à l’augmentation des prix due à l’inflation, des mesures devaient être prises. L’échelle mobile des salaires adapte les rémunérations à l’évolution du coût de la vie. Cette adaptation est liée à l’indice des prix à la consommation.
Le , ce système d’échelle mobile des salaires a été introduit pour la première fois en faveur des agents des chemins de fer et le pour les fonctionnaires d’État[12]. Une indexation progressive des revenus des ouvriers s’ensuit. Jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, la plupart des contrats collectifs au Luxembourg contenaient une clause liée à l’échelle mobile des salaires[5].
Après 1945, l’indexation des revenus est devenue une réelle question de sécurité sociale. Ainsi, de nouvelles adaptations ont été faites. Les lois des [13] et [14] prévoyant une réforme de l’assurance-pension pour tous les employés privés, ont introduit l’échelle mobile dans le système des pensions. Par la loi du , toute convention collective doit contenir une clause d’indexation[15]. Par la loi du l’échelle mobile des salaires et des traitements est généralisée[16]. Il est écrit : « Les taux des salaires et traitements résultant de la loi, de la convention collective et du contrat individuel de travail sont adaptés aux variations du coût de la vie »[17]. C’est donc seulement depuis 1975 que toutes les rémunérations salariales et prestations pour les pensionnés et retraités du secteur public et privé sont adaptées à l’évolution des prix à la consommation.
Toutefois, en 1982[18], l’échelle mobile des salaires a été temporairement suspendue afin de maintenir l’emploi et la compétitivité des entreprises luxembourgeoises, fortement touchées par la crise des années 1970. La relance économique, la restructuration et la modernisation de l’économie luxembourgeoise ont permis le rétablissement du système d’indexation des revenus[19] par les lois du [20] et du [21].
