Indifférentisme
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L’indifférentisme est une attitude d'indifférenciation envers les doctrines religieuses ou philosophiques. Elle se fonde sur l'idée qu'aucune doctrine n'est supérieure à une autre. Un terme étymologiquement plus exact serait "indifférentialisme" afin de marquer la distinction entre "l'indifférence apathéiste" ou l'acédie philosophique, et l'égalité de considération accordée à toutes les croyances et philosophies de pensée, sans discrimination.
Un État qui pratique une politique indifférentiste applique une stricte égalité devant la loi à toutes les religions présentes à l'intérieur de ses frontières. Il s'agit d'un État laïc ou d'un État multiconfessionnel qui se borne à recenser les religions déclarées par ses citoyens, sans prosélytisme (Exemple du Liban et de l'Irak).
En religion, notamment dans l'acception que lui donne l'Église catholique, il s'agit de l'idée que l'on peut faire son salut dans toutes les religions du monde, sans tenir compte de la véracité des croyances et des dogmes, et dont l'origine se situe dans la liberté religieuse.
Pour Leibniz, l'indifférentisme est une liberté d'indifférence[1] selon laquelle, « rien ne nous nécessite pour l'un ou l'autre parti »[2].
Pour Kant, il s'agit de l'indifférence volontaire aux questions métaphysiques. Dans la première préface de la Critique de la raison pure, il affirme à ce propos : « Il est vain [...] de vouloir affecter de l'indifférence par rapport à des recherches dont l'objet ne peut être indifférent à la nature humaine. Aussi ces prétendus indifférentistes, quelque souci qu'ils prennent de se rendre méconnaissables, en substituant aux termes de l'école un langage populaire, ne peuvent pas seulement penser quelque chose sans retomber inévitablement dans des affirmations métaphysiques pour lesquelles ils affichent pourtant un si grand mépris. Toutefois, cette indifférence [...] est un phénomène digne de remarque et de réflexion. Elle [...] est une invitation faite à la raison d'entreprendre à nouveau la plus difficile de toutes ses tâches, celle de la connaissance de soi-même [...]. » Ainsi est-il possible d'introduire le transcendantalisme : la recherche des conditions de possibilité même de la raison et de ses objets.