En économie comportementale, la dérive du mode de vie est la croissance progressive des besoins d'une personne ou d'un ménage parallèlement à son revenu.
L'augmentation progressive des ressources peut graduellement pousser un individu ou un groupe à augmenter son train de vie[1]. S'apparentant à l'effet Diderot, le glissement de style de vie se défini par l'acquisition d'un bien qui dévie du panier de consommation habituel d'un individu (nouveaux biens ou montée en gamme), induisant une escalade des dépenses, caractéristique d'un mécanisme d'ancrage hédonique[2],[3].
Le mécanisme d'ancrage psychologique rend la réduction du niveau de vie particulièrement difficile et explique le phénomène de glissement de style de vie. Des dépenses considérées comme superflues deviennent rapidement perçues comme essentielles, neutralisant de facto les bénéfices de l'accroissement des revenus et limitant la capacité d'épargne ou d'investissement[4].
Le processus d'ajustement de la consommation qui s'opère de manière progressive et souvent imperceptible, complexifie sa détection par l'individu[5]. Ce phénomène est particulièrement observable chez les adultes en début de carrière, où une augmentation rapide des revenus peut engendrer une expansion correspondante du niveau de dépenses[1],[6]. Les facteurs explicatifs incluent également la nécessité d'afficher un certain statut social ou de s'intégrer à un groupe de référence, motivant ainsi l'acquisition de biens dispendieux ou ostentatoires.