Ingrid Astier

écrivaine française From Wikipedia, the free encyclopedia

Ingrid Astier est une écrivaine française, peintre et illustratrice, née à Clermont-Ferrand le . Elle vit à Paris et sur une île atlantique. Autrice de romans, de nouvelles et d'essais, elle est également illustratrice. Sur proposition de l'Académie française, l'Institut de France lui décerne le Prix Huré-Bastendorff pour l'ensemble de son œuvre en 2021.

Naissance (49 ans)
Clermont-Ferrand
Activité principale
Distinctions
Prix Huré-Bastendorff de l’Institut de France, sur proposition de l'Académie française, pour l'ensemble de son œuvre 2021
Mention de l’Académie de marine 2025 pour Teahupo’o, Le Souffle de la vague
Coup de cœur du Prix littéraire Étoiles Bleues pour Teahupo’o, Le Souffle de la vague 2025.
Prix Lion Noir 2018 pour Haute Voltige
Grand Prix Paul Féval de la Société des gens de lettres 2010
Prix Strasbourg 1993[1]
Langue d’écriture français
Faits en bref Naissance, Activité principale ...
Ingrid Astier
Description de cette image, également commentée ci-après
Ingrid Astier en 2019
Naissance (49 ans)
Clermont-Ferrand
Activité principale
Distinctions
Prix Huré-Bastendorff de l’Institut de France, sur proposition de l'Académie française, pour l'ensemble de son œuvre 2021
Mention de l’Académie de marine 2025 pour Teahupo’o, Le Souffle de la vague
Coup de cœur du Prix littéraire Étoiles Bleues pour Teahupo’o, Le Souffle de la vague 2025.
Prix Lion Noir 2018 pour Haute Voltige
Grand Prix Paul Féval de la Société des gens de lettres 2010
Prix Strasbourg 1993[1]
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Œuvres principales

  • Quai des enfers (2010)
  • Angle mort (2013)
  • Petit éloge de la nuit (2014)
  • Même pas peur (2015)
  • Haute Voltige (2017)
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Biographie

Ingrid Astier a grandi en Bourgogne, près de Bourbon-Lancy[2],[3].

Elle a étudié au lycée Jeanne-d’Arc à Clermont-Ferrand avant d'intégrer une hypokhâgne et une khâgne au Lycée Henri-IV à Paris, puis de réussir le concours d’entrée de l'École normale supérieure en candidate libre. En 2000, elle en sort agrégée de Lettres modernes[2]. Un an avant, en 1999, Ingrid Astier avait reçu le Prix du jeune écrivain de langue française pour une nouvelle, Face-à-Faces, publiée au Mercure de France. Elle a enseigné à l’université Paris-VII et à Reid Hall Columbia University in Paris[4], ainsi qu’à l’École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre de Lyon (ENSATT) et géré le fonds Cioran à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet. Ses travaux universitaires portent sur le fragment, Nietzsche et Cioran[5].

En 2013, Angle mort, son deuxième roman policier, bénéficie de critiques positives[6],[7],[8]. Comme pour son précédent roman, l'écriture est nourrie par des enquêtes de terrain approfondies et longues[9]. Ses romans sont marqués par une longue période d’immersion qui forge leur identité. Après l’avoir suivie durant trois jours, un journaliste du magazine Lire décrit cette phase comme « un intense travail de repérage ». Il résume ainsi cette plongée : « information, précision, compréhension, c’est le fondement du travail de terrain d’Ingrid Astier, qu’elle pousse très loin[10] ». Ce qui rejoint la formule du grand reporter de guerre Jean-Pierre Perrin, à propos d’Angle mort : « On retrouve ici la méthode Astier : trois années d’immersion afin d’écrire dans la vérité. Celle des situations, des dialogues et, d’abord, des lieux[11] ».

Le roman policier Haute Voltige sort dans la Série Noire de Gallimard en 2017. Dans une interview[12] avec le journaliste Hervé Bachelard, l'écrivain rapporte que l'intrigue prend sa source dans le faits divers du cambriolage du Musée d'art moderne de Paris relaté par un « commandant de la brigade de répression du banditisme » dont ce fut « la plus belle histoire de leur service ».

Ile d'Yeu baie des Pissottes. 2025

Œuvre littéraire

Lancement d'Angle mort : Ingrid Astier avec la « robe de terrain » aux « quatre-vingt écussons »[13].

« J’aimais dessiner et, à partir du dessin, raconter une histoire. Puis je suis passée, au fil des années, à la poésie, aux aphorismes, ces petites phrases qui condensent les réflexions de l’adolescence, puis aux nouvelles, et maintenant au roman[14] », dit-elle à Marie Claire en 2001.

Dès 1989, elle est primée par l’Association des membres de l’ordre des Palmes académiques et obtient le 1er prix national du concours pour la défense de la langue française[15]. Elle était alors en 4e au Collège Ferdinand-Sarrien de Bourbon-Lancy. En 1993, elle est à nouveau primée[16].

Mais sa carrière débute véritablement, comme Antoine Bello, Marie Darrieussecq, Xabi Molia ou Arthur Dreyfus, avec le Prix du jeune écrivain de langue française[17], qu’elle obtient en 1999.

Quai des enfers

Quai des enfers, « cathédrale baroque et sensualiste où se croisent des flics, des SDF, des hommes-grenouilles et un tueur en série[18]», « joli cauchemar gothique » selon Nice-Matin[19], est un roman policier contemporain qui se déroule à Paris et dont la force tient, selon Sébastien Lapaque, à son « atmosphère[20] ».

En 2010, Quai des enfers reçoit le Grand prix Paul-Féval de littérature populaire de la Société des gens de lettres, le prix Lafayette, le prix Coup de cœur Sylvie-Turillon et le prix Polar en plein cœur[21].

Angle mort

Loin de peindre la banlieue dans sa morosité habituelle, le roman s’attache à préserver une coloration humaine, avec des ambiances burlesques dans un restaurant chinois, des scènes de poulet boucané où des Haïtiens jouent au bézigue ou le décor de western d’une hacienda au cœur de la ville. Le maire d’Aubervilliers, Jacques Salvator, reconnut l’hommage que la littérature rendait à la ville, en dépit du thème du grand banditisme : « Nos anciens redoutaient un peu un livre qui mettait en avant l’aspect délictueux d’Aubervilliers. Mais ils ont compris que c’était aussi une manière de la mettre en valeur à travers le romantisme policier »[22].

Selon Le Parisien, « trois ans d’enquête[22]», tant du côté des policiers que des voyous[23], ont nourri l’écriture.

Sur le plan esthétique, Angle mort a été rapproché « des chefs-d’œuvre du cinéma américain noir des années quarante[24]».

Il obtient le prix Calibre 47 et a été livre-vedette du Grand Livre du mois[25].

Ingrid Astier avec le freerunner Simon Nogueira

Haute Voltige

En 2017, Haute Voltige paraît en Série noire Gallimard.

Haute Voltige mêle les milieux de l’art, du banditisme, de la boxe, des échecs et des grands services de police du 36 quai des Orfèvres, sur fond de guerres des Balkans. Il s’ouvre sur « un lent travelling de cinéma : un braquage autoroutier nocturne disséqué avec une maestria éblouissante[26]» Il campe un monte-en-l’air serbe hors norme, le Gecko, poursuivi par la brigade de répression du banditisme, le commandant Stéphan Suarez en tête.

Dès sa sortie, il est considéré en France par la presse comme le roman de la confirmation : « Avec ce nouveau livre, Ingrid Astier s’impose comme une voix incontournable du polar français[27]».

Pour ce roman, la journaliste Ondine Millot a suivi Ingrid Astier pour M Le Magazine du Monde durant deux ans dans son travail préparatoire à l’écriture, afin d’ « entrer dans les coulisses du livre » et d’ « approcher cette bascule du réel au roman » pour sonder le « côté jusqu’au-boutiste de l’inspiration[28]».

Influences

Influences littéraires

Ingrid Astier en 2005.

Des références aux écrivains qui ont marqué son écriture transparaissent dans ses écrits comme ses propos.

Sébastien Japrisot, Albert Cohen, Colette, Alfred de Musset, James Ellroy ou Kem Nunn[29] , un écrivain américain dont l’univers romanesque est lié au monde du surf, font partie des autres auteurs cités. « Mes écrivains préférés ne se laissent pas enfermer dans une phrase. Ce sont des poètes (Ghérasim Luca[30], Rimbaud), des explorateurs, des alpinistes, des navigateurs. Mais aussi des rêveurs, Kem Nunn, Victor Hugo, Sébastien Japrisot.

Interrogée sur son livre préféré de la Série noire des éditions Gallimard, elle cite Thierry Jonquet et La Bête et la Belle[31].

Cette figure d’identification, est, aux yeux de l’écrivain et critique Roger Martin, essentielle pour saisir l’essence du personnage : « C’est la destinée hors du commun du héros de London que veut vivre Diego (...) Sortir du néant, se battre, conquérir. Vite et fort. Un choix individuel voué à l’échec. Diego, comme Martin, est condamné. Martin s’abandonnait à l’océan, Diego au feu foudroyant de ses chasseurs, au pied de son seul grand amour, sa petite « mésange »[24] ».

Le cirque

Dédicace d'Angle mort au Festival mondial du cirque de demain (Paris)

Angle mort est fortement relié au cirque et l’auteur l’a dédicacé plusieurs fois au Festival Mondial du Cirque de Demain. Comme l’écrit Alain Chevillard : « Elle découvre le cirque à l’âge de trois ans avec l’arrivée d’un petit chapiteau dans la petite ville de sa Bourgogne (...) Pour le personnage d’Adriana, elle voit tous les spectacles à la recherche de sa trapéziste. Elle la trouvera au Festival du Cirque de Demain en 2011 avec le numéro de la Suédoise Uuve Jansson et en 2012 avec celui de l’Allemande Lisa Rinne[32] ».

Style et réception critique

Quai des enfers a été décrit par les critiques littéraires comme « d’une belle écriture classique, veloutée et nerveuse[33] ». Éric Neuhoff parle, dans ce « roman choral (...) d’un style bien à elle, fruité, goûteux[34] », mais estime qu’elle « rate » ses « scènes d’amour ». Alexis Brocas parle d’une « écriture travaillée, souvent poétique » alliée « à une narration ultra-renseignée[35] ».

Quant à Angle mort, le style repose, selon François Julien, sur « un sens étourdissant mais jamais tannant du détail » et « une langue réellement innovante », qui donne « un polar vertigineux, aussi hyperréaliste que romantique[36]. »

Dans Libération, Ondine Millot relève l’importance du travail stylistique dans Même pas peur : « L’important, c’est de trouver le langage, nous dit-elle. Même pas peur relève sans férir le défi, mêlant le lyrisme énergique de la tchatche juvénile et la poésie plus sombre et délicate de l’auteur[37] ».

Distinctions

1993 : Prix Strasbourg pour l’essai Rencontre avec Brecht et sa modernité[38].

Cinéma

En 2005, elle a joué un second rôle dans le long-métrage En attendant le déluge[39] du réalisateur Damien Odoul, « un burlesque français de haute volée[40]», avec Pierre Richard, Anna Mouglalis et Eugène Durif. Ce film « à la Tchekhov, plus proche du rire noir que de la petite musique doucereuse et mélancolique[41] » a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes 2004[42], dirigée alors par Olivier Père. Par ailleurs, elle quittera ses engagements professionnels pour assurer chaque repas du tournage, réunissant les meilleurs produits de France : « Les cinq semaines de tournage s’effectuent dans une ambiance particulière, unique avec chaque jour un repas gastronomique de qualité. Un luxe[43] ! », commente la presse de l’époque.

Musique

La musique est une thématique qui parcourt l’ensemble de ses livres et montre l’importance des liens entre musique et littérature. Olivier Nahum présente Ingrid Astier sur France Musique comme « une passionnée de musique », « mélomane », « qui se régale aussi de Ligeti et d’explorations musicales inattendues. » Pour lui, « ces explorations sont intimement liées à ce regard d’écrivain, capable de s’immerger dans l’univers de la grande délinquance, capable d’endosser le vocabulaire des alliés et ennemis de la société ». Dans Quai des enfers, l’un des personnages, Bertrand Gauss, écoute en effet Lux Aeterna de György Ligeti :

Le chanteur-compositeur Bastien Lallemant l’invite à ses « Siestes acoustiques », où il conjugue musique et lecture. Ils ont réuni leurs univers à Francheville, à Albertville[44], au Théâtre de la Loge et à Papeete, lors de l’événement littéraire Lire en Polynésie[45]).

Œuvres

Romans policiers

- Grand prix Paul-Féval de littérature populaire 2010
- Prix Polar en plein cœur (2010)[47]
- Prix Lafayette (2010)
- Prix Sylvie Turillon 2012
- Prix Calibre 47 (2013)[49]
- Bourse du CNL
- Prix Lion Noir (2018)

Roman noir

- Mention de l’Académie de Marine (2025)

Traductions de Quai des enfers

  • Omicidi sulla Senna, traduit en italien par Sergio Arecco, Bompiani, RCS Libri S.p.A., 2014, (ISBN 978-88-452-7804-4)
  • Repris en édition club, Omicidi sulla Senna, Milano, Mondadori Direct S.p.A., 2014.
  • El Muelle del infierno, Traduit en espagnol par Glenn Gallardo Jordan, Océano, La Puerta Negra, México, 2015, (ISBN 978-607-735-066-8)

Illustrations

Roman jeunesse

Essai romancé

Essai (édition et postface)

Théâtre

Nouvelles et textes courts

  • Breed dans le recueil collectif Nevermind, Paris, Buchet-Chastel, 2014.
  • dans le recueil collectif Douze chercheurs en quête d’auteurs, Portet-sur-Garonne, Nouvelles Éditions Loubatières, 2011.
  • Neiges éternelles, dans le recueil collectif Paris Jour, Paris, Parigramme, 2011.
  • Face-à-Faces dans La Descente des oies sauvages sur le sable et autres nouvelles, Paris, Mercure de France, 1999. Prix du jeune écrivain de langue française.
  • Blanc sur noir, dans La Nouvelle du lendemain, anthologie numérique organisée pendant le confinement par la Ligue de l’Imaginaire, le festival Lisle noir et Cultura, 2020[50].

Dans la revue Faux Q

  • Pêche à la ligne dans Faux Q, Ligne, no 10, 2015.
  • Nightshot, extrait de Quai des enfers dans Faux Q, Nuit, no 6, automne 2010.
  • 666, dans Faux Q, Chiffres, no 5, 2009.
  • Fourches et fourchettes, dans Faux Q, Révolution, no 3, été 2008.
  • Raz de radins dans Faux Q, Argent, no 4, 2009.
  • Dissection : le corps diplomatique à cœur ouvert, Faux Q, Le corps, no 2, hiver 2007.

Beaux Livres

  • Cabanes d’exception, avec Alain Laurens, Daniel Dufour, Ghislain André, photographies de Jacques Delacroix, Paris, La Martinière, 2009 (ISBN 978-2-7324-3939-6).
  • Traduit en anglais sous le titre Exceptional treehouses, trad. de Jack Hawkes, New York, Abrams, 2009 (ISBN 978-0-8109-8048-8).
  • Traduit en allemand sous le titre Traumhafte Baumhäuser, Baden, AT Verlag, (ISBN 978-3-03800-480-6).
  • La Cuisine du Maya Bay Monaco, avec Olivier Streiff, photographies Hervé Nègre, Paris, Agnès Viénot Éditions, 2008.
  • Cacao Vanille, L’Or Noir de Madagascar, avec Laurence Cailler et François Pralus, photographies d’Hervé Nègre, Paris, Agnès Viénot Éditions, 2008.
  • Le Safran, l’or de vos plats, Paris, Agnès Viénot Éditions, 2007. Prix Guerlain 2008.
  • L'Amour : dix façons de le préparer, avec Bruno Verjus, Paris, Éditions de l’Épure, 2008, 10 p. (ISBN 978-2-35255-051-8)
  • Cuisine inspirée. L’audace française, photos d’Hervé Nègre, Paris, Éditions Agnès Viénot, 2007, 376 p. (ISBN 978-2-914645-93-5) - Gourmand Awards du Livre de Cuisine Innovant.

Sens et littérature

Série Le Goût de

Dans la collection Petit Mercure, Éditions Mercure de France

Dictionnaires

  • Dictionnaire de la nuit, article « Éros », sous la direction de Alain Montandon, Genève, Champion, 2013.
  • Dictionnaire culturel en langue française, sous la direction de Alain Rey, encadré « Fromages », Paris, Dictionnaires Le Robert, 2005.
  • Dictionnaire amoureux du thé, avec François-Xavier Delmas, Paris, Éditions Plon, 2025, (ISBN 978-2-25-931970-6)

Textes parus dans des recueils collectifs

  • Un parfum de paradis terrestre dans la Revue de la Bibliothèque nationale de France, La gastronomie, du sens aux sens, no 49, 2015, p. 18-23.
  • Jamais sans mon corps, Éloge de l’appétit dans le Manifeste hédoniste de Michel Onfray, Paris, Autrement, 2011. Paru également en poche.
  • Oignon dans l’Abécédaire légumophile, Bibliothèques Gourmandes, Virgile, 2011.
  • Zanzibar et Bling-bling dans le recueil Mots en bouche, mots sur la touche, Prix du Jeune Écrivain-Fondation BNP Paribas, Blagnac, 2009.

Préfaces

  • Carte blanche à l’imaginaire, préface au recueil de nouvelles Sornettes ou vérité ?, Prix du Jeune Écrivain 2014, Paris, Buchet-Chastel Libella, 2014.
  • L'Appel de la nuit, préface au recueil de nouvelles Prix Plumes noires 2013/2014, Rivière Blanche.

Collaborations

  • Pierre Richard, Gwendal Le Bec, avec la collaboration d’Ingrid Astier, Le Petit Blond avec un mouton blanc, Paris, Gallimard-Jeunesse Giboulées, 2010, (ISBN 978-2-07-062104-0)

Liens externes

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Notes et références

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