Selon le Dit de la campagne d'Igor, Ingwar était connu comme étant un brave homme, qui ne cherchait cependant jamais à irriter ses puissants voisins.
En 1180, il rejoint les rangs de Rurik II de Kiev lors de la guerre civile entre princes cousins, contre Sviatoslav III de Tchernigov. En 1183, il continue une certaine politique de neutralité en refusant d'accueillir à Dorogobouj le prince Vladimir II Iaroslavitch, qui avait été banni d'Halych (Galicie), pour la raison qu'Ingwar se méfiait de lui, et surtout de son père, Iaroslav Ier Osmomysl. Peu de temps après, Ingwar prend la place de son frère Vsevolod en tant que prince de Loutsk, et tente tout au long de cette fin du XIIe siècle de maintenir de bonnes relations avec les princes de Galicie et de Pologne (sa fille épousa le duc polonais Lech le Blanc).
En 1202, il est proclamé « Grand-prince de Kiev » par son cousin Roman le Grand (à la suite de négociations avec Vsevolod le Grand Nid), qui venait de chasser Rurik II du trône. Il perd son trône moins d'une année plus tard, Rurik parvenant à le récupérer avec l'aide des princes Olegovitch et de mercenaires Polovtses.
En 1204, Ingwar et Alexandre de Belz participent à la prise de la ville de Vladimir-Volynski, dont il devient le nouveau prince, avant d'ensuite être remplacé par Alexandre de Belz à la suite du mécontentement de certains boyards.
Enntre 1208 et 1211, Ingwar envoya un de ses fils pour soutenir Daniel Romanovitch de Galicie (le fils de Roman le Grand) lors de la lutte contre les fils d'Igor Sviatoslavitch de Novgorod-Severski.
En 1212, Ingwar et Mstislav III Boris (le fils du grand-prince de Kiev Roman Ier) attaquent et prennent d'assaut la ville de Kiev, alors dirigée par Vsevolod IV. En 1214, il est de nouveau proclamé Grand-prince après la chute de Vsevolod IV, mais il doit céder presque aussitôt le pouvoir à Mstislav III Boris. Après une bataille près de Belgorod, Ingwar laisse la place sur le trône kiévien à Mstislav III Boris pour repartir à Loutsk.