Instrument d'écriture

outil utilisé pour l'écriture From Wikipedia, the free encyclopedia

Un instrument d'écriture est un objet permettant l’inscription de signes graphiques sur un support. L’écriture elle-même procède de la combinaison ordonnée de caractères numériques, de segments rectilignes ou curvilignes et de figures diverses.

Stylets utilisés pour écrire au XIVe siècle

Le stylet braille constitue un instrument scripturaire spécialisé, employé conjointement avec une tablette (ou ardoise) munie de guides. Son usage, réservé à une communauté spécifique d’utilisateurs, permet la transcription tactile par perforation mécanique de points en relief, selon le système de codification inventé par Louis Braille[1].

Autonome

Un instrument d'écriture autonome est un instrument qui ne peut pas « s'épuiser » — la seule façon de le rendre inutilisable est de le détruire.

Sans pigment

Les spécimens les plus archaïques attestés résultent de l’incision d’un support plan au moyen d’un instrument rigide, à la différence de techniques employant l’application de pigments par l’intermédiaire d’un objet intermédiaire, à l’instar des jiaguwen chinois gravés sur écailles de tortue. Toutefois, cette prééminence apparente pourrait n’être qu’un artefact taphonomique[Quoi ?], reflétant davantage la pérennité différentielle des matériaux qu’une évolution chronologique réelle des procédés. En effet, l’emploi substantiel de matières colorantes est solidement documenté dès la Préhistoire, comme en témoignent les peintures pariétales de la grotte de Lascaux.

Les civilisations mésopotamiennes archaïques, notamment les Sumériens et leurs successeurs babyloniens, élaboraient leur système graphique cunéiforme au moyen d’un calame aux arêtes triangulaires, appliqué par pression sur des supports d’argile plastique. Cette technique engendrait des incisions aux contours anguleux, d’aspect claviforme. Les tablettes étaient ensuite soumises à une cuisson, opération visant à leur conférer une consistance pérenne et à fixer définitivement les signes tracés.

De nombreuses civilisations antédiluviennes, telles que la civilisation mycénienne, consignaient pareillement leurs documents sur des tablettes d’argile crue, sans procéder à leur cuisson systématique. Une part substantielle du corpus en linéaire B exhumé en Crète minoenne doit sa conservation à un concours de circonstances : un incendie dévastateur ayant accidentellement durci ces supports d’écriture. Parallèlement, les Romains employaient des stylets en plomb sur des tablettes de cire, dont la surface de cire d’abeille pouvait être régulièrement lissée pour en effacer le contenu.

À l'époque contemporaine, des appareils mobiles ainsi que divers périphériques d'entrée recourent à un stylet comme instrument d'inscription. Leur principe opératoire réside dans l'application d'une pression mécanique localisée sur la surface d'un écran, à la différence des plumes ou calames traditionnels qui déposent une matière picturale. Cette méthode de transduction transforme le contact physique en données numériques, sans recours à une quelconque encre ou pigment.

Les lexèmes et anthroponymes demeurent usuellement inscrits sur des artefacts commémoratifs, à l'instar des patronymes des victorieux ciselés sur le trophée Stanley en argent ou de le discours de Gettysburg gravée dans la paroi lapidaire du Lincoln Memorial. Toutefois, les ustensiles requis à cette fin ne sont point systématiquement tenus pour des instruments scripturaires exclusifs[style à revoir].

Avec pigmentation naturelle

Instruments d'écriture des IIIe et IVe siècles provenant de Mtskheta, en Géorgie .

L'ancêtre immédiat du crayon graphite moderne fut le stylus plumbien[Quoi ?] employé par les Romains de l'Antiquité. Cet instrument, constitué d'une tige de plomb métallique, était manœuvré pour tracer des inscriptions sur des supports variés, tels que le bois ou le papyrus. Son mécanisme d'action reposait sur le dépôt mécanique de particules du métal malléable sur la superficie du matériau, y laissant une marque résiduelle de coloration sombre.

Le concept fut récemment réactualisé en tant que principe fondateur d’un style dépourvu d’encre : un alliage métallique principalement constitué de plomb, qui dépose sur le papier des traces sombres par l’abrasion de particules de sa matière sur la surface[2].

Toutefois, la majorité des crayons à mine contemporains renferment une mine atoxique de graphite gris-noir, aggloméré avec diverses proportions d’argile afin d’en assurer la cohésion et la fermeté. L’ensemble est encapsulé dans un fourreau de bois, dont la fonction est de préserver la fragilité du graphite, d’empêcher sa rupture et d’éviter qu’il ne macule les mains de l’usager.

La craie blanche a connu, durant une longue période, un emploi prééminent pour l’écriture sur les surfaces d’ardoise ou de bois peint, communément dénommés tableaux noirs, et placés en position frontale dans les espaces d’enseignement. Au cours du XIXe siècle et persistant jusqu’au siècle suivant, en une époque où le support papier demeurait moins commun et plus onéreux, il était également d’usage que les écoliers recourent à ce même medium pour inscrire leurs exercices sur de petites ardoises individuelles.

Il existe des crayons et des craies de couleur, mais ils sont généralement considérés comme du matériel artistique plutôt que comme des instruments d'écriture. De même, même si les très jeunes enfants peuvent utiliser des crayons de cire colorés pour écrire des mots dans leurs dessins, l'écriture n'est pas considérée comme leur usage principal.

Le crayon de cire se présente comme un hybride entre le crayon de couleur et le crayon à papier. Il se compose d’une mine constituée de cire pigmentée aux teintes vives, le tout enrobé d’un étui de papier. Ses dimensions et ses proportions s’apparentent davantage à celles d’un crayon à papier ordinaire. Cet instrument est employé principalement pour marquer ou inscrire des inscriptions sur des surfaces lisses et non poreuses, telles que la porcelaine, le verre ou certains métaux émaillés. Son usage est attesté dans des domaines techniques, artisanaux ou domestiques nécessitant un tracé temporaire ou résistant à l’humidité.

Les crayons graphites, les craies de composition et les pastels secs partagent une propriété intrinsèque : ils ne s’amenuisent pas par épuisement de substance. Leur longévité d’usage est par conséquent subordonnée à leur intégrité physique et à leur résistance à la fragmentation. Néanmoins, certains instruments auxiliaires, à l’instar du taille-crayon, peuvent s’avérer indispensables pour restaurer la géométrie de la pointe ou éliminer la gaine de bois ou de papier qui enserre l’extrémité active.

Assistance

Ces stylos nécessitent la présence d'un pigment ajouté pour pouvoir écrire et sont inutilisables lorsqu'ils sont « vides ».

Stylos

Le stylo est l'instrument d'écriture le plus courant. Il possède une pointe rigide qui dépose l'encre sur une surface.

Stylos à tremper à action capillaire

À l’origine, la confection des stylos procédait du taillage d’une pointe appropriée à l’extrémité d’un matériau naturel, fin et creux, apte à conserver par capillarité un faible volume d’encre. Toutefois, la modicité de cette réserve contraignait à l’immerger fréquemment dans un encrier afin de la reconstituer.

Les anciens Égyptiens employaient des calames comme instrument scripturaire sur du papyrus. En Europe et aux États-Unis, l’usage des plumes d’oie demeura prééminent jusqu’aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles. Leur emploi persiste aujourd’hui dans des domaines spécifiques, tels que la calligraphie ou certaines correspondances officielles, incluant d’importantes transactions bancaires. Les plumes les plus communément utilisées étaient prélevées sur les rémiges des oies ou des corbeaux. Toutefois, celles issues des cygnes ou des paons étaient occasionnellement recherchées pour leur caractère plus prestigieux.

Un porte-plume est un instrument graphique constitué d’une plume métallique, généralement en acier, fixée à un manche. Son architecture le rend apte à recevoir une gamme étendue de becs spécialisés, destinés à des usages distincts : calligraphie anglaise, cartographie, ou encore tracé de portées musicales au moyen de plumes à cinq pointes. Il demeure compatible avec la majorité des encres, bien que certaines formulations puissent se révéler inappropriées pour d’autres types de plumes. Les porte-plumes automatiques, caractérisés par une plume bipartite et un réservoir intégré de plus grande capacité, forment une catégorie distincte au sein de cette famille d’instruments. Toutefois, à l’instar de ses prédécesseurs, le porte-plume à plume d’accier présentait deux inconvénients notables : un réservoir d’encre restreint et une propension à laisser des macules sur le papier.

Stylos-plumes

Une lettre écrite au stylo-plume.

L’émergence des stylos-plume s’est produite au cours du XIXᵉ siècle, bien que des dispositifs au principe analogue sont attestés dès le Xᵉ siècle. Ces instruments scripteurs se composent invariablement d’une plume, d’un réservoir à encre et d’un fût. Ce dernier est habituellement pourvu d’un capuchon destiné à protéger la plume, à préserver sa cambrure et à prévenir tant l’évaporation de l’encre que l’éventuelle souillure des vêtements de l’usager. Le renouvellement de l’encre peut s’effectuer selon différents procédés : par remplissage direct au moyen d’une pipette, par aspiration via un mécanisme interne, ou par l’emploi de cartouches pré-remplies et jetables. Certains modèles à cartouches peuvent être munis d’un convertisseur — un réservoir auxiliaire à piston ou à aspiration dont l’encombrement est identique à celui d’une cartouche standard —, permettant ainsi d’utiliser de l’encre en flacon.

L’emploi du stylo-plume est subordonné à l’utilisation d’encres spécifiques, dont la formulation évite l’obstruction des fins canaux d’alimentation de la plume. Si la capacité supérieure de son réservoir autorise une autonomie accrue, réduisant la fréquence des réapprovisionnements, ce dispositif n’est pas exempt de risques d’effusion accidentelle. Une manœuvre négligente peut ainsi occasionner la souillure du support scriptural, des doigts ou des vêtements. Par ailleurs, des variations de la pression atmosphérique, comme celles survenant lors d’un transport aérien, sont susceptibles de provoquer des écoulements intempestifs d’encre.

Stylos jetables

Le XXᵉ siècle a vu se répandre une pluralité de modèles nouveaux de stylets. Une part non négligeable d’entre eux fut conçue selon un principe d’obsolescence intrinsèque, excluant tout rechargement une fois l’encre épuisée. D’autres, bien que techniquement susceptibles de voir leur réservoir interne remplacé, sont le plus souvent destinés, dans la pratique usuelle, à être écartés dès que l’accès à l’encre devient impossible.

Cette catégorie englobe notamment le stylo à bille – fréquemment désigné par l’appellation « biro » au sein des États du Commonwealth – et le stylo-feutre. Chacune de ces deux familles se subdivise en une variété de sous-types, dont les dénominations spécifiques dérivent le plus souvent de la nature de l’encre employée. Parmi ces déclinaisons, on peut citer le surligneur, le stylo roller, et le stylo gel.

Porte-mines

À la différence du crayon de bois classique, doté d’une mine de graphite fixe, le porte-mine autorise l’avancée progressive d’une mine fine de graphite par l’intermédiaire de sa pointe. Un mécanisme interne, agissant par friction, régit la position de la mine, lui conférant une stabilité lors du tracé tout en permettant de la projeter pour pallier son usure ou de la rétracter afin de la préserver en période d’inutilisation. La mine des porte-mine est ordinairement bien plus grêle que celle des crayons de bois, son diamètre étant fréquemment inférieur au millimètre. Cette caractéristique les destine particulièrement aux travaux exigeant de la précision, tels que le dessin technique ou l’écriture menue. Toutefois, l’interchangeabilité des mines de diamètres distincts au sein d’un même instrument n’est possible que si celui-ci y a été spécifiquement conçu.

Pinceaux

Bien que la civilisation occidentale privilégie communément l’usage du crayon ou de la plume pour la graphie, d’autres aires culturelles ont historiquement eu recours à des instruments distincts. En Chine, les sinogrammes sont traditionnellement tracés au moyen d’un pinceau, instrument réputé conférer au ductus une souplesse et une élégance particulières.

Le pinceau se différencie fondamentalement du stylo par la nature souple de sa pointe, laquelle est constituée d’un assemblage de poils, à l’inverse de la plume rigide qui caractérise la majorité des instruments scripteurs. Son maniement requiert une application délicate : les poils doivent effleurer le support avec une pression suffisante pour que l’encre s’y imprègne, mais sans que ladite pression n’écrase l’outil, ce qui engendrerait une résistance dommageable et altérerait le tracé. Il est à noter que certains styles, notamment les plumes semi-flexibles alimentées par une encre liquide, peuvent également permettre une modulation de l’épaisseur du trait en fonction de la pression exercée par la main. Toutefois, cette capacité modulatoire demeure bien moins prononcée et moins nuancée que celle qu’autorise le pinceau, dont la pointe flexible épouse les subtilités du geste avec une bien plus grande amplitude.

L’usage classique du pinceau calligraphique impliquait son imbibition au moyen d’un récipient extérieur, nommé encrier ou godet, lequel était le plus souvent disposé sur une pierre à encre. Cette pratique, analogue à celle qui présidait à l’emploi de la plume d’écriture, contraignait l’artiste à interrompre fréquemment son geste pour humecter à nouveau les poils. Une innovation notable a émergé avec la commercialisation d’instruments dits « stylos-pinceaux ». Ceux-ci s’affranchissent du dispositif externe en intégrant au fût même un réservoir interne d’encre.

Accessoires

Une rallonge de crayon en bois

Parmi les artefacts connexes à l’acte graphique, se rangent divers accessoires auxiliaires. Les gommes à effacer, destinées aux tracés de la plume ou du crayon, voisinent avec les tailles-crayon, les prolongateurs de crayons, les encriers et leurs sous-tasses, le papier buvard, ainsi que les règles et instruments du dessin géométrique. Les poudriers à sécher l’encre, ancêtres du buvard, consistaient en de petits récipients contenant une poudre absorbante que l’on saupoudrait sur l’écrit frais pour en hâter le séchage. Les pochoirs, quant à eux, permettent la reproduction mécanique de caractères, d’ornements ou de signatures normalisés. Il existe également des aiguisoirs spécifiquement conçus pour les crayons de bois, dont le mécanisme, parfois fort ingénieux, évite que l’on n’ébrèche la mine.

Voir aussi

  • Liste des types de stylos, marques et entreprises
  • Écrire dans l'espace
  • Matériel d'écriture

Références

Liens externes

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