Instruments de musique Kongo

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Instruments de musique Kongo. Au centre, grand tambour dont la caisse de résonance est décorée de motifs géométriques et animaliers, utilisé pour les cérémonies rituelles. (Musée royal de l'Afrique centrale)

Les instruments de musique du peuple Kongo en particulier ou d’Afrique centrale en général, sont nombreux et divers. Ils sont toutefois peu connus du grand public, que ce soit en Afrique même ou ailleurs en Europe et en Amérique. En se basant sur l'organologie, on distingue :

Instruments de musique Kongo, gravure extraite de Girolamo Merolla da Sorrento, 1692
Gravure de Giovanni Cavazzi da Montecuccolo, publié dans Istorica descrizione de tre regni : Congo, Matamba ed Angola, 1687

Tambour ou ngoma

Ce sont des instruments dont le son est produit par la vibration d’une membrane. Celle-ci peut être frappée en se servant des mains, d'un accessoire, ou encore mise en vibration par l’intermédiaire d’une tige qui lui est attachée.

Le ngoma est le mot générique pour désigner tous les tambours. Un grand ngoma peut facilement atteindre un mètre de haut, et entre trente et quarante centimètres de diamètre. Ces tambours sont taillés à partir de longs troncs d’arbres, évidés et écorcés. L’arbre le plus utilisé pour ces instruments est le ngom-ngoma ou nsaga-nsanga (Ricinodendron heudelotii)[1].

Ils sont de forme cylindrique, parfois légèrement conique. La membrane est faite d’une peau de vache, de mouton ou d’antilope, fixée à l’aide de clous de matériaux divers. L’accord (yandula) se fait sous l’action de la chaleur.

Le tambourinaire orne fréquemment ses poignets de grelots (nsansi) pour ajouter un timbre supplémentaire. Il joue à mains nues, mais peut utiliser une baguette pour frapper le flanc du fût de bois. Généralement joués debout, les tambours sont tenus obliquement entre les jambes, et attachés à la taille par une corde ou une lanière de cuir passée à travers une poignée fixée à l’instrument.

Le Petenge a la particularité d’être rectangulaire et posé sur deux pieds. Ce tambour est doté de peau de mouton, d'antilope ou de chèvre et se joue à l'aide des mains et d'un talon de pied.[vidéo] « Kiazi Malonga joue le Petenge », sur YouTube

Le Ndanda yombé ou vili a la particularité d'avoir la face de ses deux extrémités recouvertes de peaux. Mais une seule face est utilisée pour battre la mesure. Son corps cylindrique mesure jusqu'à 3 mètres de long. Le cuir des deux faces est tendu grâce aux lanières en peau de mouton ou d'antilope[2],[3].

Instruments à vent (aérophones)

Ce sont des instruments dont la vibration est provoquée par le passage d’une colonne d’air insufflée par le souffle de l’exécutant ou par un intermédiaire mécanique. Les aérophones présents dans la culture Kongo sont de deux types : les flûtes (et les sifflets qui fonctionnent selon le même principe) et les trompes.

Les sifflets

Les sifflets (Nsiba, Kimbila, Mbambi, etc.) ont surtout une fonction de communication chez les Kongo, bien plus qu’une fonction musicale.

Les flûtes

Les trompes

Les trompes traversières ordinaires

La production du son des trompes traversières des Kongo se fait par la vibration des lèvres de l’exécutant dans l’embouchure latérale. Il s’agit d’un instrument noble, attaché à la cour du roi ou du chef local. Il est aussi bien apprécié par son utilisation musicale que pour ses capacités de messager. Elles peuvent être faites en cornes de buffles, d’antilopes ou en défense d’éléphants.

Les trompes royales

Taillés dans d'entières défenses d’éléphants, ces instruments étaient des symboles de puissance et d'appartenance propres aux chefs. Ils apparaissaient alors au sein d'orchestres royaux. Ces trompes spécifiques étaient bien plus grandes que celles utilisées dans un contexte de chasse. Pour les rendre encore plus impressionnantes, l’extrémité était souvent ornée d’une peau de serpent ou de léopard. Elle pouvait également être prolongée par un morceau de bois, aussi recouvert d’une peau animale, qui amplifiait les dimensions et la sonorité de l’instrument.

Actuellement, le terme mpungi désigne la trompe en général. Au temps du royaume Kongo, ce terme désignait spécifiquement les trompes en ivoire, instrument des rois et des chefs. L’instrument a progressivement perdu sa noblesse au cours du XVIIIe siècle, avec la chute des rois.

Les instruments à cordes (cordophones)

Le son produit par ces instruments provient de la vibration d’une ou plusieurs de ses cordes. Cette vibration est transmise et amplifiée par la table d’harmonie. Chez les Kongo, on trouve deux types de cordophones : les instruments à cordes frottées, et les instruments à cordes pincées.

Les instruments à cordes frottées

Le son est obtenu de l’action d’un archet sur les cordes de l’instrument. Cet archet adhère et relâche les cordes d’un mouvement rapide et imperceptible, les mettant ainsi en vibration. Les instruments à cordes frottées de l’Afrique centrale ne comportent généralement qu’une ou deux cordes.

Les instruments à cordes pincées

Le son est obtenu par le pincement et le relâchement des cordes. L’exécutant utilise pour cela son doigt, ou un élément intermédiaire (plectre qui peut être une petite branche ou une fibre de liane séchée). Un seul exemplaire de cette famille est présent chez les Kongo, il s’agit du pluriarc (Nsambi, Tsambi, Lusinga, etc.). En 1692, le chroniqueur Merolla qui l'appelle nsambi, remarque que cette "espèce de guitare" possède cinq arcs dont on modifie la concavité pour l'accordage[4] , [vidéo] « Présentation d’un Nsambi Kongo au Musée du Quai Branly », sur YouTube.

Les idiophones

Notes et références

Voir aussi

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