Interactions multitrophiques et diversité des communautés
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L'étude des interactions multitrophiques en relation avec la diversité des communautés fait appel à des disciplines aussi diverses que la mycologie, l'entomologie, la nématologie, la dynamique des populations et l'écologie théorique, pour appréhender le fonctionnement des écosystèmes. Cette nouvelle approche collaborative de l'écologie communautaire permet de mettre en évidence l’incidence des modes d’interaction et des stratégies biologiques des espèces sur la diversité taxonomique et fonctionnelle locale.
Les écosystèmes sont caractérisés par la diversité d’espèces qu’ils présentent et, par corrélation, par la diversité des interactions entre ces espèces. Toutefois, l'écologie des communautés (e.g. ensemble de populations vivant à un endroit donné et à un moment donné) s’est longtemps attachée aux interactions entre deux niveaux trophiques (e.g. rang qu’occupe un organisme au sein d’une chaîne trophique), en particulier à celles entre les plantes et les herbivores et celles entre les proies et les prédateurs.
L’intérêt des écologistes pour des interactions plus complexes impliquant deux (ou plus) niveaux trophiques n’est que très récent (années 1980). Pourtant, il est désormais évident qu'une approche des interactions multitrophiques traduit de manière beaucoup plus réaliste la complexité des mécanismes et des forces conductrices d’un écosystème que ne le fait une approche plus simple[1].
Dès 1958, le biologiste Charles Elton a mis en évidence les interactions trophiques directes. Ce n’est qu’à partir des années 1980, que les interactions trophiques complexes commencent à être étudiées. Le besoin d'intégrer la résistance des plantes hôtes et le contrôle biologique à la gestion des ravageurs afin de comprendre l’importance des interactions directes et indirectes dans les communautés écologiques, a alors conduit à un intérêt croissant pour les interactions tritrophiques entre les plantes, les herbivores et leurs ennemis naturels[1],[2].
La première approche de la diversité des communautés est développée à partir des années 1960 et met en exergue le rôle de la compétition et de la facilitation dans le maintien de la stabilité des communautés. Dans cette optique, plus une communauté comprend d’espèces, plus elle présente d’interactions et moins le système est sensible à la perte d’une interaction entre deux espèces.
Au début des années 1970, une théorie inverse est proposée. Elle suppose que plus un système est complexe, moins il est stable. La multiplication des connexions entre espèces impliquerait une propagation des perturbations plus forte et plus durable dans l’écosystème. Ce dernier aurait alors plus de difficulté à recouvrer son état d’équilibre en cas de dérèglement.
Dans les années 1990, de nouvelles avancées vont être faites dans l’étude des écosystèmes et des interactions au sein des communautés. Elles vont démontrer l’existence d’un lien étroit entre la variabilité des espèces et la fluctuation de l’environnement. Dans cette perspective, la stabilité de l’écosystème serait due à la différence entre les niches écologiques des différentes espèces ; la diversité spécifique aurait un réel potentiel stabilisateur sur les propriétés des écosystèmes. Selon la définition moderne de Hutchinson, la niche écologique se définit comme l’ensemble des conditions physico-chimiques et biologiques; incluant les ressources limitantes ; nécessaire à une espèce pour maintenir une population stable ou croissante.
En 2001, S. Hubbell, à travers la théorie neutre remet en question les approches de la diversité des communautés en supposant que toutes les espèces d’un même niveau trophique occupent la même niche écologique et que leurs probabilités de survie, de mortalité, de reproduction et de migration sont les mêmes[3]. La dynamique locale d’un assemblage d’espèces serait due à la stochasticité démographique et à la capacité d’immigration limitée des organismes.

