Les principales missions de l'ICF sont l'étude et la protection des 15 espèces de Grues, de leurs écosystèmes et de leurs voies migratoires[7]. Elle gère un parc de Grues élevées en captivité, un centre d'éducation et une bibliothèque de recherche[7]. Cette bibliothèque, la Ron Sauey Memorial Library for Bird Conservation, est créée en hommage au cofondateur de l'ICF, décédé en 1987. Elle conserve les principales publications sur les Grues, y compris des publications traduites en anglais[8],[9]. En 1996, ses collections comprennent près de 7 000 rapports et articles, 2 000 ouvrages monographiques, 12 journaux scientifiques et plus de 200 lettres d'information et magazines[9].
La fondation dirige également des études scientifiques sur différents aspects liés à la conservation des Grues et coordonnent des projets à grande échelle[7],[4]. Ces projets prennent notamment la forme de groupes de travail, les Crane Working Groups, à l'échelle internationale, nationale et locale en plusieurs endroits à travers le monde[10],[11]. Entre 1973 et 1996, plus de 30 ateliers internationaux et conférences sont organisés par l'ICF, ce qui a donné lieu à une importante production scientifique[12].
La plupart des Grues étant des espèces migratrices, leur conservation implique la coopération entre les différents pays où elles vivent[11]. Les groupes de travail de l'ICF cherchent à mettre en place des projets de coopération pour assurer la protection effective des Grues, malgré les conditions politiques ou économiques. Elle a ainsi initié des programmes de conservation en URSS, comme l'opération Sterkh pour la protection de la Grue de Sibérie, des réserves transnationales et des centres d'élevage conservatoire[13]. Cette connaissance internationale de la situation des Grues a permis à l'ICF de mettre à jour les statuts de conservation pour les différentes espèces et de renforcer le réseau international de chercheurs spécialistes des Grues[14]. Ses actions ont eu une grande influence sur la conservation de certaines zones humides[15]. Elle a édité plusieurs ouvrages de référence, notamment The Cranes: status survey and conservation action plan (« Les Grues : statut et plan de conservation », 1996) et Crane Conservation Strategy (« Stratégie de conservation des Grues », 2019)[16].
L'ICF mène des programmes de reproduction en captivité et de réintroduction de Grues[7]. Il s'agit d'une des toutes premières initiatives menées par Archibald et Sauey à la création de la fondation[1]. Au départ, les premiers couples élevés sont maintenus dans de grands enclos, avec des écuries comme abris et des filets pour éviter qu'ils ne s'enfuient sans avoir besoin de mutiler leurs ailes[17]. La fondation récupère d'abord des Grues handicapées ou malades : les premiers spécimens sont un couple de Grues à cou blanc aveugles en provenance du zoo du Bronx, puis des Grues du Japon dans un mauvais état de santé[17]. Les premiers petits naissent au bout de deux ans et en quelques années, la fondation abrite une douzaine de Grues[17].
En 1976, l'ICF accueille sa première Grue blanche, une espèce américaine alors en danger d'extinction. Il s'agit d'une femelle nommée Tex, née au zoo de San Antonio, qui a été trop habituée aux humains et refuse de se reproduire avec les mâles de son espèce[17]. Afin de stimuler son instinct reproducteur, Archibald adopte le comportement des Grues mâles : il danse et l'aide à construire un nid, en espérant qu'elle finira par accepter de se reproduire avec l'un des mâles de Grues blanches de la fondation[18]. Elle donne finalement naissance à son premier gruau en 1987[19].