Intore
From Wikipedia, the free encyclopedia
Intore *
| |
Intore pratiqué par des enfants. | |
| Pays * | |
|---|---|
| Liste | Liste représentative |
| Année d’inscription | 2024 |
| * Descriptif officiel UNESCO | |
| modifier |
|
L'Intore est un danseur-guerrier de l'Afrique des Grands Lacs, principalement du Rwanda et du Burundi. Devenu danseur professionnel, c'était, avant l'ère coloniale, un jeune combattant d'élite éduqué à la cour du mwami ou auprès de chefs, pour qui les danses guerrières faisaient partie de sa formation militaire[1]. Malgré l'évolution du contexte, l'Intore reste un symbole puissant, convoqué par les stratégies commerciales, touristiques ou idéologiques.
Intore est dérivé de gutora (« prendre ») ou gutorana (« prélever, choisir »), en kinyarwanda. Ce sont donc « les meilleurs ».
Histoire

(1929-1937)
Dans le Rwanda précolonial, les Intore constituent des corps de jeunes guerriers, sélectionnés, formés et éduqués pour servir le mwami ou les chefs locaux. Cette pratique aurait été instaurée au début du XVIe siècle lorsque le mwami Mukobanya (Kigeli Ier) demanda aux principaux chefs d'envoyer leurs fils à la cour[2]. L'Itorero est l'institution qui les prend en charge pendant plusieurs années. Les Intore y reçoivent une formation intensive et très complète : poésie, art de la louange, danse, autodéfense, maîtrise de soi, lutte, lancer du javelot, course à pied, gusimbuka (une forme de saut en hauteur très spectaculaire)[2]. Dès l'âge de douze ans, les jeunes garçons rêvent d'accéder au statut très envié de l'Intore qui est un « élu »[2].
Les écrits des voyageurs européens laissent entendre que les Intore étaient nécessairement des Tutsis. Or les Hutus et les Twa n'en étaient pas exclus[2].
Avec l'arrivée des Allemands et des Belges, les tensions entre les royaumes s'apaisent, les milices sont démantelées[3] et, dans les années cinquante, selon le père blanc Marcel Pauwels[4], la vogue des Intore semble passée. La plupart des chefs et des missions ont fini par y renoncer et seuls subsistent ceux du mwami à Nyanza et celui de la reine-mère à Shyogwe. Les danses deviennent des simulacres.
Le Ballet national du Rwanda (Urukerereza) est créé en 1974 à Nyanza, la capitale royale, qui en reste le siège jusqu'en 1994[3].
L'Intore est inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO en 2024[5].
Costume et attributs
L'Intore porte une parure de tête en forme de longue crinière, confectionnée à partir de fibres végétales, de bananier ou de sisal (umugana), un baudrier brodé de perles, un pagne en peau de serval ou de léopard (inkindi), avec des franges sur les côtés[6].
Dans la main droite il tient une lance (icumu[7]) et, dans la gauche, un petit bouclier de bois peint de motifs géométriques (ingabo)[3]
Les danseurs sont accompagnés par des tambourinaires et parfois de petits instruments à vent[8].
La mise en scène n'a pas tellement changé[8], mais dès 1959 le père Pauwels constate néanmoins une évolution : l'habit des Intore est devenu beaucoup plus attrayant, grâce aux étoffes qui ont remplacé le cuir et aux perles de couleurs vives et variées. Dans le passé les Intore n'en portaient probablement pas, car elles étaient rares et coûteuses, mais plutôt des amulettes, des coquillages ou quelques bracelets[9].
