Irina Viatcheslavovna Mourakhtaïeva (en russe: Ирина Вячеславовна Мурахтаева), née Kolebanova le à Gorki (URSS) et morte le à Nijni Novgorod (Russie), publiant sous le nom d'Irina Slavina, est une journaliste russe.
Selon Current Time TV(en), un tribunal de Nijni Novgorod condamne Irina Slavina en à une amende de 20 000 roubles, la déclarant coupable d'avoir organisé une marche non déclarée à la mémoire de Boris Nemtsov.
En , une plaque commémorative à la mémoire de Joseph Staline est dévoilée dans la ville de Chakhounia—pour le 140e anniversaire de sa naissance. Irina Slavina suggère sur Facebook de renommer Chakhounia, en supprimant les premières lettres de son nom pour en faire un mot grossier (en russe)[3],[1],[4],[5],[6]. En , le centre "E" du ministère de l'Intérieur de Russie ouvre une enquête pour manque de respect envers les autorités et la société (partie 3 de l'article 20. 1 du Code administratif)[7]. À l'automne 2019, le tribunal de Nijni Novgorod lui inflige une amende de 70 000 roubles. Selon le fondateur de l'organisation de défense des droits de l'homme Agora(en), Pavel Tchikov, Irina Slavina a été condamnée à la plus forte amende prévue dans ce cas d'infraction. Des collègues et des connaissances de la journaliste suggèrent que cela a été fait dans le but de faire fermer le journal d'opposition dont elle est éditrice.
En , elle est accusée de diffuser délibérément des informations fausses sur l'épidémie de COVID-19[8]: elle a annoncé que l'un des responsables de l'Académie de sambo de la ville de Kstovo avait contracté le SARS-CoV-2 et, de retour d'Europe, avait été en contact avec des dizaines de personnes, dont des visiteurs de l'académie.
En , Irina Slavina est condamnée à une amende pour avoir publié des informations sur le forum Free People[9].
Mort
Véhicules d'urgence près du siège de la police de Nijni-Novgorod.
Elle avait subi le matin même une perquisition dans une enquête visant l’opposition à Vladimir Poutine[13]. Quelques heures avant sa mort elle avait posté sur son compte Facebook: «Je vous demande de rendre la fédération de Russie responsable de ma mort»[11].
Réactions
Un rassemblement à sa mémoire est organisé le jour de son suicide le [14].
Son suicide, ou sacrifice[1], attire l'attention de la presse russe et internationale. Des observateurs notent que la persécution des journalistes indépendants en Russie est associée au désir des autorités de se protéger de la critique[15],[16].
L'opposant au régime Alexeï Navalny déclare: «Une affaire pénale contre Slavina a été fabriquée. Hier, son domicile a été perquisitionné, les portes ont été fracturées et les ordinateurs confisqués... Ils l'ont absolument poussée au suicide»[17].
Le , le Comité d'enquête russe décide de ne pas ouvrir d'enquête pour incitation au suicide, jugeant que Slavina souffrait apparemment d'un «trouble mixte de la personnalité» et que son acte était «rationnel» et dicté par une «volonté consciente» de mettre fin à ses jours[18].
1234««Le pire serait qu’elle soit morte pour rien»: Irina Slavina, le «sacrifice» d’une femme derrière les flammes», Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
12«La rédactrice en chef d’un média russe meurt après s’être immolée par le feu», Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
↑(en-GB) Reuters, «Russian journalist dies after setting herself on fire following police search», The Guardian, (ISSN0261-3077, lire en ligne, consulté le )