Iron Mountain (entreprise)
entreprise étasunienne
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Iron Mountain est une entreprise américaine d'archivage de documents et de données informatiques, notamment connue pour son data center installé dans la mine souterraine d'Iron Mountain à Boyers (en Pennsylvanie), un site de stockage souterrain présenté par l'entreprise comme ultra-sécurisé et capable de résister aux explosions atomiques. En 2020, cette société de services de stockage et de gestion de l'information exploitait plus de 1 450 installations de stockage dans plus de 60 pays, avec plus de 4,2 milliards de dollars de revenus déclarés[4].
| Iron Mountain | |
| Création | 1951 |
|---|---|
| Forme juridique | Société du Delaware[1] |
| Action | New York Stock Exchange (IRM)[2] et Australian Securities Exchange (INM)[3] |
| Siège social | Boston |
| Activité | Mémoire de stockage |
| Effectif | 19 000 |
| Site web | www.ironmountain.fr |
| Chiffre d'affaires | 3 milliards d'euros (2012) |
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Histoire
Une entreprise nommée National Storage Company avait été fondée en 1954, en pleine guerre froide et alors qu'on craignait une guerre atomique, pour notamment acheter des mines souterraines dans tout les États-Unis afin d'y stocker des données (archives papier à l'époque) qui seraient ainsi sécurisées contre d'éventuelles explosions de bombes atomiques[5]. Elle achète ce site en 1998 à la National Storage Company ($30 millions) pour stocker des documents et objets de valeur (films, voitures anciennes…)[6].
En , Iron Mountain acquiert l'entreprise australienne Recall Holdings pour 2,2 milliards de dollars[7].
En 2025-2026, Iron Mountain se présente comme pouvant fournir des solutions de gestion de l'information, de stockage sécurisé et de centres de données, pourl'archivage physique et numérique, la protection des données, la reprise d'activité et la mise hors service sécurisée des équipements informatiques[8],[9], via plus de 30 centres de données répartis sur trois continents. Elle propose aussi des solutions de décommissionnement sécurisé des centres de données et du matériel informatique en fin de vie[8],[9],[10].
Datacenter d'Iron Mountain Underground
Iron Mountain Underground est le plus gros des datacenters souterrains des USA, exploité par la société Iron Mountain à Boyers, dans le comté de Butler, en Pennsylvanie (États-Unis).
Cette installation, emblématique, sise dans une ancienne mine de calcaire qui appartenait autrefois à U.S. Steel et qui servait principalement à fournir du calcaire aux aciéries de la région entre 1902 et 1952[5]. Après l'arrêt de l'exploitation minière, le sous-sol a été progressivement réutilisé pour le stockage, avant d'être intégré au périmètre d'Iron Mountain en 1998, quand l'entreprise a acheté la National Storage Company / National Underground (pour 30 millions de dollars)[5]. Cette réorientation a transformé un ancien espace industriel en infrastructure de conservation à haute sécurité, d'abord pour les archives papier, les films, les bandes et divers objets de valeur, puis, à partir de l'an 2000 et de plus en plus, pour les besoins informatiques. Les racks de milliers de serveurs sont installés à environ 67 mètres sous terre (220 pieds), a été conçu pour offrir une protection élevée contre les catastrophes naturelles et d'origine humaine[5].
Iron Mountain le présente comme un Datacenter en colocation sécurisé, offrant des capacité de stockage modulable, une connectivité opérateur neutre et des dispositifs de conformité adaptés à des usages sensibles comme la reprise d'activité et l'archivage de long terme.
En 2024, Iron Mountain a présenté le site comme un pilier de son développement dans le secteur des data centers, avec des projets d'extension de l'espace informatique à l'intérieur du complexe existant.
Caractéristiques techniques
Le complexe s'étend sur un vaste campus souterrain de plusieurs centaines d'acres, avec des routes internes, des zones aménagées et une capacité d'expansion importante. Les descriptions publiées par Iron Mountain évoquent environ 330 000 pieds carrés de surface de colocation dans la partie data center, tandis que des sources de presse mentionnent plus de 1,8 million de pieds carrés de surface développée pour l'ensemble du site[11],[12],[13].
L'environnement souterrain offre une température naturelle basse et stable, généralement sur ce site aux environ de 11 à un peu plus de 13 °C (52 à 65 °F) qui réduit les besoins de refroidissement et un « système de refroidissement géothermique » utilise en complément un lac souterrain d'environ 100 acres, faisant que l'entreprise présent ce site comme exemplaire en matière d'efficacité énergétique[14],[11],[12].
Elle avance aussi des avantages en termes de résistance structurelle du milieu, de capacité de charge élevée sur le plancher rocheux et de protection renforcée contre certains risques de catastrophe. L'entreprise souligne que la géologie locale, composée de calcaire et protégée par des couches de schiste imperméable, contribue à la stabilité du site[5].
Archives conservées
Le site s'est fait connaitre pour l'hébergement d'archives physiques d'importance historique et culturelle, dont[5] :
- le Bettmann Archive, transféré à Iron Mountain au début des années 2000 pour des raisons de préservation, contenant des millions d'images et de photographies historiques, conservées dans des conditions de froid contrôlé adaptées à la conservation à long terme. Ce sont plus de 27 millions d’images stockées là par l'une des entreprises fondées par Bill Gates pour les protéger (on y trouve des photos de la guerre de sécession, ainsi, par exemple que des photos de Babe Ruth, John Fitzgerald Kennedy, et Muhammad Ali…) ;
- photos et souvenirs du président Abraham Lincoln (dont de lui le jour de son discours de Gettysburg et lors de la réunion de Lincoln et McClellan à Antietam, en Virginie, en 1862) ;
- des masters de musique ;
- des documents d'entreprises ;
- des bandes magnétiques ;
- des archives gouvernementales et d'autres fonds justifiant un haut niveau de sécurité.
C'est un lieu où coexistent stockage sécurité d'objets (depuis 1998) et numérique (depuis 2000), ce qui en fait une infrastructure hybride plutôt qu'un centre de données classique[5].
Sécurité et exploitation
Le site est souvent décrit comme extrêmement sécurisé, avec contrôles d'accès renforcés, gardes armés et surveillance continue. Des témoignages et reportages signalent également la présence d'un restaurant, d'une caserne de pompiers, d'une installation de traitement de l'eau et d'une autonomie énergétique de secours, ce qui renforce l'image d'une véritable « ville souterraine ». [web:5][web:10][web:13][Quoi ?]
Iron Mountain présente son site de Boyers comme adapté aux besoins de reprise après sinistre, de conservation de données sensibles et de continuité d'activité. Le centre bénéficie aussi d'une connectivité de type carrier-neutral et de certifications de conformité destinées aux secteurs réglementés.
Rôle dans le « complexe mondial du big data »
Le site a acquis une valeur symbolique, décrite dans l'ouvrage We the Dead (publié en 2022 par l'Université de Caroline du Nord), écrit par le chercheur, essayiste, poète et archéologue des médias, Brian Michael Murphy, du Bennington College), qui présente ce data center un élément central du « data complex mondial ». Dans cette perspective, Iron Mountain incarne l'infrastructure matérielle qui permet à la société contemporaine de préserver, classer et rendre disponibles des traces jugées durables, qu'il s'agisse d'archives d'État, de données d'entreprise ou de mémoires culturelles.
Murphy s'appuie sur ce cas particulier, emblématique, pour illustrer le caractère politique, économique et même idéologique de l'archivage à grande échelle : l'infrastructure ne sert pas seulement à stocker des fichiers, mais aussi à organiser une certaine quête de l'immortalité, par la survivance matérielle de documents qui certifient des formes de pouvoir, de propriété et de mémoire collective.