Irène Landau
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Irène Landau, née le à Boulogne-Billancourt, est une parasitologue française, spécialiste du paludisme. Elle est professeure émérite du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS)[1].
En 1954, Irène Laudau obtient un baccalauréat sciences expérimentales, puis étudie la médecine. En 1958, elle est reçue externe des hôpitaux de Paris. En 1963, elle soutient sa thèse de doctorat, et obtient deux certificats d'études spéciales : en médecine tropicale et en parasitologie médicale et technique[2],[3]. Elle s'oriente vers la recherche en parasitologie.
Elle effectue deux stages, un premier en 1963 au laboratoire d'Évolution des êtres organisés du professeur A. Hollande, et un second en 1964 au sein de l'équipe de Percy Cyril Claude Garnham à la London School of Tropical Medicine. Elle y rencontre les parasitologues Wallace Peters et Robert Killick-Kendrick et Ralph Lainson[4],[1].
En 1964 et 1965, elle travaille comme assistante de recherche dans le laboratoire de Lucien Brumpt à la faculté de médecine de Paris. En 1965, elle rejoint l'équipe d'Alain Chabaud au MNHN, qui est alors titulaire de la chaire de zoologie des vers[4],[2]. En 1964-1965, lors d'un voyage de recherche en République centrafricaine, Landau isole et décrit le parasite du paludisme chez les rongeurs, Plasmodium chabaudi (qu'elle nomme en l'honneur de son directeur de thèse), à partir de rats des fourrés Thamnomys rutilans[5],[6],[7]. Elle rapporte ces échantillons à Londres et, avec Killick-Kendrich, elles isolent et identifient une autre nouvelle espèce de parasite du paludisme chez les rongeurs[8]. Cette espèce est similaire à Plasmodium berghei et est nommée Plasmodium yoelii en hommage au chercheur spécialiste du paludisme Meir Yoeli[9]. Aujourd'hui[C'est-à-dire ?] encore, ces deux espèces sont largement utilisées dans la recherche sur le paludisme[10],[11],[12],[13]. Peters, Landau et Killick-Kendrick se surnomment entre elles les « plasmodiacs »[4]. En 1966, elle est promue maître de conférences sous-directeur au Muséum et nommée responsable du groupe d'étude du genre Plasmodium[2],[11].
Lors d'une visite à Elizabeth U. Canning à Silwood Park (en) dans les années 1970, elle emporte clandestinement un python royal en Angleterre. Le serpent aurait été gardé comme animal de compagnie au sein du département pendant de nombreuses années[réf. souhaitée]. Toujours dans les années 1970, Landau se rend à l'Institut de parasitologie Wellcome de Belém pour étudier les Saurocytozoons récemment découverts avec Ralph Lainson[14]. C'est en hommage à ce parasitologue britannique renommé que Landau nomme plus tard le genre Lainsonia, appartenant à la famille des Lankesterellidae[14].
En 1972, elle soutient sa thèse de doctorat à l'université Paris Sud, intitulée « La diversité des mécanismes assurant la persistance de l'infection chez les sporozoaires coccidiomorphes »[2],[15]. En 1987, elle devient codirectrice du laboratoire associé URA 114 CNRS-Muséum, puis directrice du laboratoire de protozoologie et de parasitologie comparée en 1989[2]. Cette même année, elle est nommée directrice non appointée du laboratoire de protozoologie et parasitologie comparée de l’École pratique des hautes études (EPHE).
En 1992, elle passe une thèse de doctorat d'établissement au Muséum. En 1994, elle est nommée professeure titulaire[2]. Elle assure la conservation de collections nationales de Protozoaires (deux-mille tubes[C'est-à-dire ?]). Elle et Chabaud reçoivent le prix Émile Brumpt en 1999 pour leurs contributions à la parasitologie[2]. En 2001, elle devient directrice de l’équipe parasitologie comparée et modèles expérimentaux associée à l’INSERM (U 445).

Landau continue à travailler sur les parasites du phylum Apicomplexa jusqu'à nos jours. Ce phylum renferme une grande diversité de parasites d'hôtes vertébrés et invertébrés, dont les plus connus appartiennent au genre Plasmodium, responsable du paludisme, et du genre Toxoplasma, responsable de la Toxoplasmose. Elle publie en 2016, en collaboration avec Francisco J. Ayala, Gregory Karadjian et Linda Duval, une description des génomes mitochondriaux désorganisés des parasites Nycteria (qui infectent les chauves-souris Nycteridae, expliquant pourquoi le séquençage du cytochrome b de ces parasites a été infructueux[16],[17].