Irène de Grèce (1942-2026)
princesse de Grèce et de Danemark
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Irène de Grèce (en grec moderne : Ειρήνη της Ελλάδας / Iríni tis Elládas et en espagnol : Irene de Grecia[a]), princesse de Grèce et de Danemark, née le au Cap en Afrique du Sud et morte le à Madrid en Espagne, est un membre de la famille royale de Grèce et une pianiste renommée.
Princesse de Grèce et de Danemark
(el) Ειρήνη της Ελλάδας
Titre
–
(1 an, 3 mois et 4 jours)
| Prédécesseur | Constantin de Grèce |
|---|---|
| Successeur | Alexia de Grèce |
| Titulature |
Diadoque de Grèce (1964-1965) Princesse de Grèce et de Danemark |
|---|---|
| Dynastie | Maison de Glücksbourg |
| Distinctions |
Ordre des Saintes-Olga-et-Sophie Ordre sacré et militaire constantinien de Saint-Georges Ordre de la Chula Chom Klao Ordre de l'Éléphant |
| Nom de naissance | Iríni tis Elládas |
| Naissance |
Le Cap (Afrique du Sud) |
| Décès |
(à 83 ans) Madrid (Espagne) |
| Sépulture | Nécropole royale de Tatoï |
| Père | Paul Ier de Grèce |
| Mère | Frederika de Hanovre |
| Fratrie |
Sophie de Grèce Constantin II de Grèce |
| Religion | Orthodoxie grecque |
Signature
Famille
La princesse Irène est la deuxième fille et la dernière des trois enfants du roi Paul Ier de Grèce (1901-1964), alors diadoque, et de son épouse la princesse Frederika de Hanovre (1917-1981).
Elle est également la sœur cadette de la reine Sophie d'Espagne (1938) et de l'ex-roi Constantin II de Grèce (1940-2023).
La princesse est célibataire et n’a pas d’enfant, bien que la presse se soit livrée à des spéculations. Ainsi, de nombreuses rumeurs ont annoncé une idylle entre Irène et le futur roi Harald V de Norvège ou encore avec le prince Gonzalve de Bourbon[b], voire avec Jesús Aguirre, deuxième époux de la duchesse d’Albe[3],[4].
Biographie
Naissance en exil
Irène de Grèce voit le jour au Cap en Afrique du Sud, où sa mère et plusieurs membres de la famille royale de Grèce se sont réfugiés pendant une partie de la Seconde Guerre mondiale et l'occupation de la Grèce par les troupes nazies[5]. La princesse a d’ailleurs pour parrain le maréchal Jan Smuts (1870-1950), alors Premier ministre d’Afrique du Sud[6].
Princesse de Grèce et de Danemark
Rentrée en Grèce avec sa famille en après qu'un référendum a rétabli la monarchie, la princesse reçoit une éducation d'autant plus soignée que son père monte sur le trône dès 1947. La petite fille a ainsi pour précepteurs la pianiste classique Gina Bachauer, qui fait d’elle une brillante concertiste[6], et le professeur d'archéologie Theophano Arvanitopoulou. Elle intègre ensuite la prestigieuse école de Salem, en Allemagne, comme sa sœur avant elle[7].
L’enfance et l’adolescence de la princesse sont profondément marquées par les violences de la guerre civile grecque (1944-1945 et 1946-1949) et par les difficultés politiques auxquelles son père et sa famille sont confrontés.
En 1964, le père d’Irène, le roi Paul Ier, meurt des suites d’une opération de l’estomac et son fils, Constantin, lui succède. Il hérite du même coup de l’instabilité politique grecque. Il épouse le la princesse Anne-Marie de Danemark. Le nouveau souverain n'ayant pas encore d'enfant, et sa sœur aînée Sophie ayant renoncé à ses droits au trône pour épouser Juan Carlos d'Espagne, Irène devient diadoque jusqu'à la naissance de la fille de Constantin, Alexia, le [8].
Le , le coup d’État des colonels impose la dictature. Le , le roi et sa famille, après une tentative de contre-coup d'État avortée, doivent à nouveau prendre le chemin de l’exil[6].
En 1973, la dictature des colonels abolit la monarchie avant de se saborder l'année suivante. La démocratie est restaurée mais un référendum en confirme l'abolition de la monarchie et la proclamation de la Troisième République[6].
Après l’abolition de la monarchie
Après un court séjour à Rome en Italie[6], Irène de Grèce et sa mère s’installent à Madras, en Inde, en 1968, après leur départ de Grèce[5]. La princesse réside dans ce pays jusqu’à la mort de la reine Frederika en 1981. Elle étudie la philosophie vedanta avec le professeur T. M. P. Mahadevan et se spécialise dans l'étude comparative des religions[9]. Après la mort de sa mère, elle part vivre en Espagne auprès de sa sœur Sophie[6]. Elle occupe dès lors un appartement du palais de la Zarzuela à Madrid, et passe beaucoup de temps avec son neveu, le prince héritier Felipe, et ses nièces, les infantes Elena et Cristina[10].
À partir de 1985, la princesse s'engage dans le combat humanitaire et la protection animale. La Communauté économique européenne ayant décidé cette année-là d'abattre quatre millions de bovins pour réduire artificiellement sa production de lait, Irène de Grèce organise l'envoi de milliers de vaches en Inde. Là, ces animaux sont considérés comme sacrés tandis que leur lait est distribué à des enfants pauvres[11].
En 1986, la princesse crée la « Fondation Monde en Harmonie », une organisation à but non lucratif qui vise à promouvoir la solidarité entre les peuples et la compassion envers les animaux[12]. Elle participe par ailleurs régulièrement à d’autres activités de bienfaisance ainsi qu’à de nombreuses activités culturelles.
En 1994, son frère, l’ex-roi Constantin, porte plainte contre le gouvernement d'Athènes devant la Cour européenne des droits de l’homme pour retrouver ses biens confisqués par la République hellénique. Il obtient partiellement gain de cause. De fait, en , la princesse Irène reçoit également 900 000 euros de son pays natal, en dédommagement de la confiscation des biens de la famille royale par l’État grec. Irène affecte la majeure partie de cette compensation à des bourses d’études pour jeunes musiciens, en hommage à son professeur de piano, Gina Bachauer[13]. La princesse vit ensuite d'une allocation annuelle que lui versent son frère et sa sœur[9].
Le , Irène obtient la nationalité espagnole par lettre de naturalité et renonce à la nationalité grecque[14],[15].
Fin de vie et mort
Au début des années 2020, la princesse Irène voit sa santé décliner, ce qui l’oblige bientôt à se déplacer en fauteuil roulant[16]. Elle continue néanmoins à faire quelques apparitions publiques, en assistant à des événements familiaux en Grèce, comme au mariage de son neveu, le prince Phílippos, avec Nina Flohr en 2021[17] et à celui de sa nièce, la princesse Théodora, avec Matthew Kumar en 2024[18], ainsi qu’aux funérailles de son frère, l’ancien roi Constantin II, en 2023[19] et à celles de son cousin, le prince Michel, en 2024[20].
La princesse Irène meurt le au palais de la Zarzuela, à l’âge de 83 ans[21]. Une veillée funèbre en Espagne se déroule le en la cathédrale Saints-André-et-Démétrios de Madrid (en), avant le transfert de son cercueil en Grèce pour ses obsèques. Celles-ci ont lieu en la cathédrale métropolitaine d’Athènes, le , en présence de plusieurs membres des familles royales de Grèce et d’Espagne ainsi que de représentants de familles royales étrangères, parmi lesquels la princesse Sofia de Roumanie, le prince Alexandre de Yougoslavie et son épouse Katherine[22],[23]. Irène est enterrée au domaine royal de Tatoï, nécropole de la dynastie grecque située en périphérie d’Athènes[24],[25].
Dans la fiction
En 2009, le personnage d'Irène de Grèce apparaît sous les traits de l'actrice Alícia Pérez Borràs dans la mini-série espagnole 23-F: el día más difícil del rey.
En 2011, le rôle d'Irène de Grèce est interprété par l'actrice espagnole Paloma Zavala dans le téléfilm Sofía, consacré à la sœur aînée de la princesse[26].
Titulature et honneurs
Titulature
- – : Son Altesse Royale la princesse Irène de Grèce et de Danemark ;
- – : Son Altesse Royale le diadoque de Grèce et princesse de Danemark ;
- – : Son Altesse Royale la princesse Irène de Grèce et de Danemark.
Honneurs hellènes
Dame grand-croix de l'ordre des Saintes-Olga-et-Sophie[27] ;- Récipiendaire de l'insigne commémoratif du centenaire de la maison royale de Grèce ().
Honneurs étrangers
Dame grand-croix de justice de l'ordre sacré et militaire constantinien de Saint-Georges (Deux-Siciles, 1962)[28] ;
Chevalier grand-croix de l'ordre du Mérite de la République italienne (Italie, )[29] ;
Chevalier grand-croix de l'ordre de la Chula Chom Klao (Thaïlande, )[30] ;
Chevalier de l'ordre de l'Éléphant (Danemark, )[31].
Quartiers de la princesse
| 16. Christian IX de Danemark (= 26) | ||||||||||||||||
| 8. Georges Ier de Grèce | ||||||||||||||||
| 17. Louise de Hesse-Cassel (= 27) | ||||||||||||||||
| 4. Constantin Ier de Grèce | ||||||||||||||||
| 18. Constantin Nikolaïevitch de Russie | ||||||||||||||||
| 9. Olga Constantinovna de Russie | ||||||||||||||||
| 19. Alexandra de Saxe-Altenbourg | ||||||||||||||||
| 2. Paul Ier de Grèce | ||||||||||||||||
| 20. Guillaume Ier d'Allemagne | ||||||||||||||||
| 10. Frédéric III d'Allemagne (= 28) | ||||||||||||||||
| 21. Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach | ||||||||||||||||
| 5. Sophie de Prusse | ||||||||||||||||
| 22. Albert de Saxe-Cobourg-Gotha | ||||||||||||||||
| 11. Victoria du Royaume-Uni (= 29) | ||||||||||||||||
| 23. Victoria du Royaume-Uni | ||||||||||||||||
| 1. Irène de Grèce | ||||||||||||||||
| 24. Georges V de Hanovre | ||||||||||||||||
| 12. Ernest-Auguste de Hanovre | ||||||||||||||||
| 25. Marie de Saxe-Altenbourg | ||||||||||||||||
| 6. Ernest-Auguste de Brunswick | ||||||||||||||||
| 26. Christian IX de Danemark (= 16) | ||||||||||||||||
| 13. Thyra de Danemark | ||||||||||||||||
| 27. Louise de Hesse-Cassel (= 17) | ||||||||||||||||
| 3. Frederika de Hanovre | ||||||||||||||||
| 28. Frédéric III d'Allemagne (= 10) | ||||||||||||||||
| 14. Guillaume II d'Allemagne | ||||||||||||||||
| 29. Victoria du Royaume-Uni (= 11) | ||||||||||||||||
| 7. Victoria-Louise de Prusse | ||||||||||||||||
| 30. Frédéric-Auguste de Schleswig-Holstein | ||||||||||||||||
| 15. Augusta-Victoria de Schleswig-Holstein | ||||||||||||||||
| 31. Adélaïde de Hohenlohe-Langenbourg | ||||||||||||||||
Bibliographie
Sur la princesse Irène
- (es) Eva Celada, Irene de Grecia, La princesa rebelde, Plaza & Janés, (présentation en ligne).
- (es) Carmen Gallardo, « Irene », dans La última reina, Madrid, La Esfera de los Libros, , 418 p. (ISBN 9788413840840), p. 315-332.
Sur la famille royale de Grèce
- (es) Ricardo Mateos Sáinz de Medrano, La Familia de la Reina Sofía : La Dinastía griega, la Casa de Hannover y los reales primos de Europa, Madrid, La Esfera de los Libros, , 573 p. (ISBN 978-84-9734-195-0).
Articles connexes
Liens externes
Bases de données et dictionnaires
Autres liens externes
- (en + es + el) Fondation Monde en Harmonie
- (en + el) Fiche biographique sur le site de la famille royale de Grèce.
- (el) Ανδρέας Μέγκος, « Πριγκίπισσα Ειρήνη: Γιορτάζει σήμερα τα 78α γενέθλια της », sur The Royal Chronicles, (consulté le ).