Irénée Cros

résistant français From Wikipedia, the free encyclopedia

Irénée Cros, né le à Courniou et mort pour la France le à Foix, est un fonctionnaire et résistant français, Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du . Agent voyer et architecte réalisant quasiment toute sa carrière au service du département de l'Ariège, il s'engage dans la résistance en 1941 et devient responsable départemental pour les Mouvements unis de la Résistance. C'est à ce poste qu'il est dénoncé et assassiné par la Gestapo.

Naissance
Décès
(à 55 ans)
Foix (Ariège)
Sépulture
Cimetière de Montgailhard (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Calmette
Faits en bref Naissance, Décès ...
Irénée Cros
Irénée Cros
Biographie
Naissance
Décès
(à 55 ans)
Foix (Ariège)
Sépulture
Cimetière de Montgailhard (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Calmette
Nationalité
Activité
Autres informations
Membre de
Arme
Grade militaire
Conflit
Distinction
Plaque commémorative à Courniou
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Biographie

Jeunesse et engagement

Irénée Cros naît le à Courniou, dans l'Hérault, d'un père métayer[1]. Orphelin de père à l'âge de 6 ans, il passe son enfance dans le Tarn où il est scolarisé à Saint-Amans-Soult[2],[3]. Après son certificat d'études primaires, il étudie à l'école pratique de commerce et d'industrie de Mazamet où il obtient en 1905 un certificat d'études pratiques industrielles[4]. En 1906, il s'installe en Ariège où il devient le agent voyer au service vicinal de Pamiers[5].

Il effectue son service militaire au 2e régiment du génie (2e RG) à Montpellier d' à [6]. Une fois libéré, il reprend son activité d'agent voyer et est muté de Pamiers vers Saint-Girons. Promu agent-voyer cantonal auxiliaire à Foix le , il est en décembre suivant affecté à Quérigut en tant qu'agent-voyer cantonal. De retour à Foix en , il est chargé des bâtiments départementaux et des travaux de reconstruction de l'école normale d'institutrices.

Première Guerre mondiale

Lors de la déclaration de la Première Guerre mondiale, il est d'abord mobilisé au 2e RG mais, alors qu'il était destiné à passer au 24e régiment d'infanterie coloniale, il passe en commission de réforme en du fait de son obésité[6]. Il est finalement affecté à la 16e section de secrétaires d'état-major et de recrutement le puis retrouve le 2e RG le mois suivant[6]. À nouveau devant la commission de réforme en , il est détaché à la poudrerie nationale de Toulouse en puis est muté au 108e régiment d'infanterie le [6]. Reconnu définitivement inapte au combat en , il est muté au service des poudres à Bergerac le [6]. Promu agent technicien de 2e classe du corps des poudres, équivalent de lieutenant, il est démobilisé le [6].

Entre-deux-guerres

Après la guerre, Irénée Cros suit les cours de l'école des travaux publics de Paris puis revient en Ariège en [4]. Installé comme architecte, il réalise de nombreux projets de construction de voirie, de bâtiments ruraux, industriels et scolaires et de réseaux d'adduction d'eau[5]. Il construit notamment le groupe scolaire Paul Delpech à Varilhes, la gendarmerie de Castillon-en-Couserans et le dispensaire de Foix[7]. Il est défini politiquement comme un « homme de gauche »[8].

Seconde Guerre mondiale

Lors de la mobilisation de 1939, il est renvoyé au dépôt de poudre de Bergerac qui est à l'abandon depuis qu'il l'a quitté vingt ans plus tôt[4]. Après avoir remis la poudrerie en état de marche, il est envoyé à Montauban puis à Muret et enfin au Fauga où il est chargé en 1940 de construire une autre usine de poudre[4]. À la suite de l'armistice du 22 juin 1940, il est mis en congé puis démobilisé au début du mois de juillet[6].

De retour à Foix et hostile au régime de Vichy, il s'engage dans la résistance en 1941[7]. En , une filiale départementale ariégeoise du groupe Combat est mise sur pied à l'instigation de Pierre Dumas, responsable du même groupe en Haute-Garonne. Irénée Cros en devient alors l'un des responsables sous le pseudonyme de "Calmette" et organise de nombreuses actions clandestines, notamment des parachutages sur le plateau du Prat d'Albis[7]. En , le groupe Combat est intégré aux mouvements unis de la Résistance (MUR) dont Irénée Cros prend la direction départementale, secondé par le socialiste Jules Amouroux, responsable local de Franc-Tireur[9] et par Joseph-Paul Rambaud qui gère l'armée secrète[4]. Il continue d'organiser des parachutages, met en place un service de faux papiers et des filières d'évasion vers l'Espagne, héberge des personnes recherchées par la Gestapo ou des agents alliés en mission secrète et recueille dans les maquis les réfractaires au STO[3].

À la fin de l'année 1943, le capitaine Albert Cuillé, responsable régional du service de renseignement des MUR, trahit ses camarades en livrant à un responsable de la Gestapo de Toulouse les noms des responsables de la résistance en Midi-Pyrénées[7]. Cette dénonciation provoque le déclenchement de l'opération de minuit au cours de laquelle sont arrêtés ou assassinés une cinquantaine de responsables des MUR[7]. Dans la nuit du 13 au , la Gestapo défonce la porte du domicile d'Irénée Cros à Foix. Se sachant déjà condamné, il ne cherche pas à fuir mais s'efforce de brûler tous les documents en sa possession concernant la résistance[4],[7]. Il est immédiatement abattu et inhumé au cimetière de Montgaillard deux jours plus tard[4],[7].

Décorations

Hommages

  • À Foix, le cours des Bruilhols où il vivait et fut assassiné a été rebaptisé en "Cours Irénée Cros"[7],[10]. Une avenue de Pamiers et une rue de Tarascon-sur-Ariège ont également été baptisées en son honneur[11],[12].
  • À Pamiers, le site de la section professionnelle du lycée polyvalent Pyrène porte son nom[13].
  • Dans son village natal de Courniou, une plaque commémorative lui est dédiée en face du monument aux morts[14].
  • Son nom figure sur le monument aux morts de la commune de Foix[15].
  • Au lycée Soult de Mazamet, son nom est inscrit sur un stèle commémorative[16].

Références

Bibliographie

Voir aussi

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