Isaac Vossius

érudit et bibliophile néerlandais From Wikipedia, the free encyclopedia

Isaac Vossius (Voss), né en 1618 à Leyde, aux Pays-Bas était un érudit, un philologue, un polymathe, un bibliophile et un collectionneur de manuscrits, de cartes, d’atlas et de documents écrits. Il est mort le à Windsor, en Angleterre.

Faits en bref Chanoine, Naissance ...
Isaac Vossius
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Matthaeus Vossius (d)
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Biographie

Né à Leyde, il est le fils de Gérard Vossius et d'Elisabeth Junius. Il reçut la majorité de son éducation à la maison et étudie brièvement à l’Université de Leiden. Il reste proche de son professeur Claude de Saumaise dans les années qui suivent, ainsi que de ses condisciples Johann Friedrich Gronovius et George Rataller Doublet.

Il part de 1641 à 1644 en voyage à travers l’Angleterre, la France et l’Italie[1]. Il profite de ses voyages pour visiter des bibliothèques et prendre contact avec d’autres érudits. À Cambridge, il rencontra James Ussher, à Rouen, Claude Sarrau, à Paris, se fût Hugo de Groot, les frères Pierre Dupuy et Jacques Dupuy, Ismael Boulliau, Henri de Valois, Gilles Ménage, Melchisédech Thévenot et Denis Pétau, et finalement à Padoue, Scioppio.

Après la mort de son frère Matthaeus en 1946, il deviendra le bibliothécaire de la ville d’Amsterdam pendant deux ans, et l’historien officiel des provinces de Hollande et de Zélande.

En 1648, il part en Suède pour travailler en tant qu’érudit de la reine Christine (reine de Suède). En 1649, il refuse la chaire laissée vacante par la mort de son père afin de se livrer à ses études. Il vendra aussi la même année la célèbre bibliothèque de son père à Christine de Suède pour le prix de 20 000 florins. En 1650, il devient le bibliothécaire de Christine de Suède et son maître de grec et aura pour tâche d’agrandir et de cataloguer les collections de la bibliothèque. Il est néanmoins disgracié suite à des intrigues de Saumaise et perdra sa crédibilité à la cour.

Après l’abdication de la reine en 1654, alors que la grande majorité de la bibliothèque est expédiée à Rome, Vossius récupère des manuscrits et des livres imprimés incluant le Codex Argenteus de la bibliothèque en compensation pour des paiements en retard de la reine, mais aussi pour la perte de ses livres. Christine devait toujours un montant d’argent substantiel à Vossius selon une lettre rédigée en 1668[2].

En 1655, il retourne à La Haye où il logera avec sa mère et son oncle François du Jon le jeune. En 1663, il loge une bonne partie de son temps à Paris où il étudie à l’académie de Thévenot, l’un des précurseurs de l’Académie Royale des Sciences. Il reçoit la même année une annuité de Louis XIV de France. Vossius retourne aux Provinces-Unies en 1666, mais quatre ans plus tard, les provinces de Hollande et de Zélande refusent de lui verser son salaire puisqu’il n’avait rien rédigé à titre d’historien officiel. Il partira donc s’installer à Windsor, en Angleterre et recevra une prébende par la chapelle Saint-Georges lui permettant de se dévouer à la collecte de livres et de manuscrits. Grâce à ses contacts, Saint-Évremond et Hortense Mancini, Vossius réussi à intégrer les cercles de l’aristocratie londonienne de Charles II[3]. En 1679, le célèbre Adrian Beverland deviendra le secrétaire de Vossius à Windsor.

Il lèguera sa bibliothèque à Gerard Jan et Aafje Vossius, les enfants de son frère Matthaeus.

Codices Vossiani

Après sa mort, sa bibliothèque privée fut considérée comme l’une des meilleures avec ses 4 000 livres imprimés et plus de 700 manuscrits. Sa collection nommée Codices Vossiani sera achetée par l’Université de Leiden[4].

Cette collection, en plus de permettre la reconstruction de livres médiévaux rédigés à la main, permet l’étude historique de la production et de l’usage des livres du début du Moyen Âge.

La collaboration entre Brill Academic Publishers, la plus vieille maison d’édition académique des Pays-Bas[5], et l’Université de Leiden a permis la mise en ligne de la collection Codices Vossiani Latini Online, soit 363 codex en latin dont certains de l’époque médiévale tels que De natura rerum de Lucrèce, des écrits philosophiques de Cicéron et les premiers manuscrits d’Historia natualis de Pline l'Ancien[6].

Érudition

En plus d’être connu pour sa qualité de collectionneur de livres et de manuscrits, Vossius était auteur lui-même et scientifique. Il écrivit entre autres De lucis natura et proprietate en 1662 qui critique ouvertement la philosophie naturelle de René Descartes. Il affirme que la lumière est immatérielle, le vide existe et que la lumière traverse le vide[7].

Il publia aussi un livre sur la théorie des mouvements de la mer et du vent en 1663. C’est cette passion pour la science qui fut récompensée par le roi Louis XIV et la Royal Society.

Il n’est pas reconnu particulièrement pour son érudition n’ayant pas fait de découvertes majeures. Néanmoins, il a mis en lumière le fait que la loi de la réfraction, créditée à Descartes, a été formulée 15 ans plus tôt par Willebrord Snell.

Œuvres

Variarum observationum liber, 1685

Il a laissé :

  • De poematum cantu et viribus rhythmi, Oxford, 1673, où il traite de l'alliance de la poésie et de la musique ;
  • De Nili et aliorum fluminum origine, La Haye, 1666 :
  • De septuaginta interpretibus, 1661, où il soutient la supputation des Septante ;
  • De Sibyllinis oraculis, 1679 ;
  • Variarum observationum liber, 1685 ;
  • une édition de Catulle, Londres, 1684 ;
  • une édition de Scylax ;
  • une édition de Pomponius Mêla.
  • une édition d'Ignace d'Antioche, Amsterdam, 1646, in-4°.

Sources

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Isaac Vossius » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (lire sur Wikisource)

Notes et références

Annexes

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