Dès sa jeunesse, elle est liée à la politique, en tant que membre des Jeunesses socialistes unifiées (JSU). La JSU est née de la fusion des jeunesses socialistes et communistes, formellement fondée en .
Au début de la guerre civile, à 22 ans, Isabel Martínez s'est inscrite comme milicienne pour aller combattre au front de Teruel, avec la Colonne Matteoti. Avec une camarade de la même localité, Rosa Fenollosa, elles ont manifesté leur désir d'empoigner un fusil pour combattre le fascisme et ont refusé de s'inscrire comme infirmières dans le service sanitaire, ne voulant pas être reléguées hors de la lutte directe. Elles sont parties au front après un entraînement aux exercices de tir[2].
Lorsqu'il a été interdit aux femmes de rester au front en tant que miliciennes (), elles sont parties à Castellón où Isabel faisait partie du Comité provincial des JSU. Elle a participé à la création de l'organisation juvénile antifasciste Union de jeunes filles. Cette organisation a été créée à Madrid en par les JSU, avec l'objectif d'unifier toute la jeunesse féminine de gauche et de la qualifier activement pour aider le gouvernement du Front Populaire à gagner la guerre. À Castellón, le secrétariat provincial s'est constitué sous la présidence de Milagros Segarra; Isabel Martínez allait y occuper le poste de secrétariat d'Organisation, alors que les sections d'Agitation et Propagande, Culture, Sports, Assistance, Production, et Administration restaient sous la direction d'Emilia Betoret, Clara Díaz, Pepa Perona, Teresa Vives, Lola Mañá et Vicenta Navarro, respectivement. La plupart d'entre elles étaient des militantes des JSU[2].
L'une des activités auxquelles Isabel Martínez a le plus participé, assumant parfois le rôle de présidente, fut l'organisation des femmes évacuées qui arrivaient de toute l'Espagne. Elles venaient souvent avec des proches à leur charge et sans travail. Isabel se chargeait de leur chercher du travail et dénonçait la réticence de beaucoup d'hommes, qui craignaient, une fois la guerre terminée, ne pas pouvoir récupérer leurs postes de travail que les femmes commençaient à occuper. Cette crainte les conduisait parfois à entraver l'entrée des femmes sur les divers postes de travail[2].
Dans un entretien à la presse, Isabel s'exprimait sur l'incorporation des femmes au travail à Castellón en ces termes: «Je crois que tout dépend des directions des syndicats. Ceux-ci disent que nous ne sommes pas qualifiées. Ceci est juste jusqu'à un certain point, et les syndicats doivent prendre des mesures pour organiser, moyennant l'apprentissage intensif, ou des écoles appropriées, la qualification rapide de milliers de femmes pour les travaux les plus nécessaires en ce moment. Comme exemple de ce que nous proposons est faisable, nous avons celui des cours de mécanique qui se sont développés l'été dernier, d'où sont sorties environ cinquante ou soixante femmes qui aujourd'hui donnent un magnifique rendement à nos usines de guerre, en remplaçant les hommes. De même, les cours d'automobilisme qui se tiennent aujourd'hui à différents endroits, et qui permettront la préparation de beaucoup de femmes au métier de chauffeur.» (Heraldo de Castellón, 1938). En ce qui concerne le salaire des femmes, elle pensait: «je considère que le salaire de la femme, si celle-ci occupe le même poste du camarade qu'elle remplace, doit être pareil à celui de ce camarade» (Heraldo de Castellón, 1938).
Dans les premières années du franquisme, Isabel Martínez a été incarcérée dans l'ancien couvent de la Miséricorde, à Burriana, avec son amie Maria Rosa Fenollosa et d'autres femmes républicaines. En 1940 elle a été condamnée à trente ans de réclusion pour adhésion à la rébellion et déplacée à la Prison centrale de Saturrarán, à Motrico. Par la suite, elle a été de nouveau déplacée à la Prison de redressement spéciale pour femmes de Santa María del Puig, de Valence. En 1945 elle a été libérée[3],[4].
Dans la Première assemblée de militantes du groupement local socialiste de Castellón et sous sa présidence, s'est constituée en 1984 la commission Femme et socialisme[7].
Son époux a été Fernando Flores Goterris, avec lequel elle a eu trois enfants: Fernando, Maribel et Alicia[8]. Elle est morte à 74 ans, le , à Castellón de la Plana et sa tombe se trouve dans le cimetière de Sant Josep[9].
↑(es) Martínez Blaya, «La mendicidad infantil», Mediterráneo: Prensa y Radio del Movimiento: Año III Número XLVI, 21 setembre 1985, p. 14 (lire en ligne, consulté le )
↑(es) «Nueve candidturas en busca de la Alcaldía de Castellón», Mediterráneo: Prensa y Radio del Movimiento: Año XLII Número 12601, 18 febrer 1979, p. 3 (lire en ligne, consulté le )
↑(es) «Ayuntamiento de Castellón: seis candidaturas», Mediterráneo: Prensa y Radio del Movimiento: Año II Número XLV, 31 març 1983, p. 16 (lire en ligne, consulté le )
↑(es) «Constituida la Comisión «Mujer y Socialismo»», Mediterráneo: Prensa y Radio del Movimiento: Año III Número XLVI, 6 juny 1984, p. 4 (lire en ligne, consulté le )
↑(es) «Falleció Fernando Flors Goterris», Mediterráneo: Prensa y Radio del Movimiento: Año III Número XLVI, 16 agost 1984, p. 4 (lire en ligne, consulté le )