Isidore Lechat
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Isidore Lechat | |
| Personnage de fiction apparaissant dans Les affaires sont les affaires. |
|
| Sexe | Masculin |
|---|---|
| Activité | Affairiste |
| Caractéristique | Cynisme |
| Créé par | Octave Mirbeau |
| modifier |
|
Isidore Lechat est le personnage principal de la grande comédie de l'écrivain français Octave Mirbeau, Les affaires sont les affaires (1903). Prénommé Théodule, il apparaissait déjà dans un conte de 1885, « Agronomie », recueilli dans les Lettres de ma chaumière (voir Contes cruels).
Octave Mirbeau s'inspira d'Eugène Letellier, riche entrepreneur de travaux publics et commanditaire, du Journal pour son personnage Isidore Lechat[1].
Doté d’un patronyme symbolique fort parlant, Isidore Lechat, surnommé « Lechat-Tigre », est un brasseur d’affaires, c’est-à-dire un prédateur sans scrupules, qui, loin de se spécialiser dans un secteur du commerce, de l’industrie ou de la finance, fait argent de tout et qui, à force d’extorsions, est devenu un des maîtres de la Troisième République. Millionnaire et fier de l’être (« J’ai cinquante millions… moi… », soit environ 300 millions d’euros 2012), il possède, dans le Perche, un magnifique château Louis XIV, Vauperdu, entouré de vastes terres cultivables et de forêts, d’où il a chassé les paysans, les glaneuses et les oiseaux, et il contrôle un grand quotidien, qui sert ses projets expansionnistes à l’échelle de la planète. Pour Octave Mirbeau, il est le produit d’une époque de bouleversements économiques et d’expansion mondiale du capital, première phase de l’impérialisme.
Son passé n’est connu que par bribes. On apprend, au fil des répliques de la pièce, qu’il est parti de rien, qu’il a fait de la prison et que son enrichissement, dont nous ignorons les détails, est le produit, non seulement de son sens aigu des affaires qui lui fait subodorer d’emblée les investissements juteux, mais de crapuleries en tous genres, qui ont ruiné des quantités de gens et qui ont poussé une de ses victimes à se suicider, ce qui révolte vivement sa fille Germaine. Il est devenu extrêmement puissant, et par conséquent intouchable et assuré de l’impunité, non seulement grâce à sa fortune, mais aussi par sa surface sociale, par son réseau étendu de clients et de gens qu’il tient à la gorge, par sa capacité de manipuler ou de faire chanter les décideurs politiques, grâce à son journal, et par sa cynique fraternité spirituelle avec l’Église catholique, pas très regardante sur la moralité de ceux qui peuvent servir ses desseins.
Néanmoins, Octave Mirbeau, qui refuse tout manichéisme, reconnaît que cet affairiste prédateur, qui sème la misère autour de lui, n’en est pas moins, à sa façon, un « idéaliste » aux vastes projets potentiellement progressistes, qui contribue, malgré tout, au développement des forces productives, dont certaines retombées sont susceptibles de profiter au plus grand nombre, alors que la vieille noblesse, incarnée dans la pièce par le vieux marquis de Porcellet, n’est plus qu’une classe parasitaire : même un requin de la finance peut jouer, malgré ses crimes, un certain rôle positif.
