Ismaïl Pacha

khédive d'Égypte de 1863 à 1879 From Wikipedia, the free encyclopedia

Ismaïl Pacha (arabe : إسماعيل باشا), né le au Caire et mort le à Constantinople, est le wali puis khédive d'Égypte et du Soudan du au .

PrédécesseurMohamed Saïd Pacha
SuccesseurTawfiq Pacha
Date de naissance
Faits en bref Titre, Khédive d’Égypte et du Soudan ...
Ismaïl Pacha
Illustration.
Portait du Khédive Ismaïl
Titre
Khédive d’Égypte et du Soudan[N 1]

(16 ans, 5 mois et 8 jours)
Prédécesseur Mohamed Saïd Pacha
Successeur Tawfiq Pacha
Biographie
Dynastie Dynastie de Méhémet Ali
Date de naissance
Lieu de naissance Le Caire (province d'Égypte, Empire ottoman)
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décès Constantinople (Empire ottoman)
Père Ibrahim Pacha
Enfants Tawfiq Pacha
Hussein Kamal Pacha
Fouad Ier

Image illustrative de l’article Ismaïl Pacha
Monarques d’Égypte
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Il fait ses études à Paris et, une fois au pouvoir, prolonge la politique de modernisation initiée par son grand-père, Méhémet Ali. Un des événements majeurs durant son règne est l'acquisition d'une indépendance par rapport à l'Empire ottoman, qui lui permet de mettre un terme à la domination ottomane de l'Égypte et d'établir le khédivat, lui donnant ainsi le nouveau titre de khédive. Le deuxième événement majeur est la construction du canal de Suez de 1859 à 1869, grâce notamment à une levée de fonds effectuée à la Bourse de Paris, à l'initiative de l'ingénieur français Ferdinand de Lesseps. Ce canal de Suez est inauguré en 1869. Les revenus profitent à la compagnie à l'origine de son percement, la Compagnie universelle du canal maritime de Suez, dont l'Égypte est en partie actionnaire. Mais l'Égypte, criblée de dettes par ses campagnes militaires, et le goût du faste de ses monarches, revend ses parts du canal et l'État tombe sous la dépendance d'institutions financières européennes. Renversé en 1879, notamment sous l'impulsion de l'Angleterre et de la France, Ismaïl Pacha doit s'exiler.

Biographie

Fils d'Ibrahim Pacha et petit-fils de Méhémet Ali, Ismaïl Pacha étudie à Paris, notamment à l'École d'état-major, vers 1848[1].

Pendant le règne d'Abbas, il est le chef de l'opposition mais il adopte une position modérée sous le règne de son oncle Saïd Pacha qui lui donne le commandement de l'armée du Soudan.

Devenu vice-roi (wali) d'Égypte ottomane  il prend le titre de khédive en 1867  il s'émancipe progressivement de la tutelle de l'Empire ottoman en instaurant le khédivat et entreprend une politique de conquêtes. Il annexe le Darfour en 1867, mais est battu par l'Abyssinie en 1874.

En 1869, il reçoit l'impératrice française Eugénie de Montijo pour l'inauguration du canal de Suez, construit depuis 1859 par la Compagnie universelle du canal maritime de Suez, côtée à la bourse de Paris. À la fin des travaux, l'Égypte, à hauteur de 44 % de sa valeur, et 21 000 Français, à hauteur de 56 %, en sont conjointement propriétaires. Parmi les festivités mondaines de l'inauguration, les nombreux invités européens sont guidés sur les sites archéologiques par Auguste Mariette, directeur du Service de conservation des antiquités de l'Égypte et du musée de Boulaq.

Au cours de son règne, il continue l'effort de modernisation du Caire initié par son grand-père. S'inspirant notamment de Paris, Ismaïl Pacha a comme objectif une ville aux larges avenues. Cependant, à cause de contraintes budgétaires, seule une partie des projets qu'il lance aboutit, dans ce qui constitue aujourd'hui le quartier d'affaires du Caire[2]. Ismaïl Pacha tente également de moderniser la ville en établissant un ministère des Travaux publics et en assurant l'approvisionnement en gaz naturel et l'éclairage de la ville. Il est également à l'origine de la création d'un théâtre et d'un opéra[3],[4] et le commanditaire de l’opéra Aida de Verdi.

Modernisateur de son pays, il a aussi le goût du faste[5], possède des hôtels particuliers dans plusieurs capitales européennes, et entretient de nombreuses concubines[6]. En 1867 par exemple, il invite ainsi pour les fêtes d'inauguration du canal une jeune parisienne, Clémentine Casajeus, dont il sera le père présumé de la fille, la future artiste-peintre Mathilde Delattre[7]; il a de nombreuses liaisons, dont la cantatrice française Hortense Schneider[5], etc. Lors de son départ en exil, chacun de ses deux yachts hébergera une quarantaine de concubines[6].

Le coût de ses campagnes militaires ruine le trésor égyptien et entraîne l'insolvabilité du pays qui doit vendre ses parts du canal de Suez au Royaume-Uni (1875). Ismail Pacha doit même accepter que son pays passe sous concordat européen, que le ministre des finances soit l’Anglais Charles Rivers Wilson (en), et que le ministre des Travaux publics soit le Français Ernest de Blignières[8]. Ne supportant pas longtemps cette subordination, Ismaïl Pacha intrigue contre l’autorité de Wilson et cherche à destituer les ministres européens, en proposant successivement Ismaïl Raghib, trop âgé et ne parlant que le grec comme langue européenne, son proche Ahmad Rashid, ou le prince Tawfiq, proposé comme candidat de compromis, qui était la marionnette de son père, et renvoie les deux plénipotentiaires[9]. L’Angleterre et la France, aidées par le sultan Abd-ul-Hamid, le déposent alors, le , en faveur de son fils Tawfiq Pacha[10].

Il part en exil en Italie, avec son fils[11], puis en Turquie, et meurt à Constantinople.

Membre de la franc-maçonnerie[12], il a fondé la Société de géographie d'Égypte, en 1875[13].

Parmi ses nombreux fils, deux autres dirigèrent le pays, sous les noms de Hussein Kamal Pacha (1914-1917) et Fouad Ier (sultan de 1917 à 1922, puis roi jusqu'en 1936), et une de ses petites-filles, Kadria Hussein, fut une artiste peintre, écrivaine, traductrice, militante féministe[14].

Décorations étrangères

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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