Isocasius
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Biographie

Comme beaucoup de dignitaires des cours impériales de la deuxième moitié du Ve siècle à Constantinople, Isocasius est originaire d’Anatolie, plus précisément d’Ageae en Cilicie. Il est d’abord grammairien, avant d’être connu comme sophiste puis rhéteur. Il tombe également gravement malade et aurait récupéré après s'être rendu dans le sanctuaire de Sainte Thècle, à l'occasion d'une pratique d'incubation. Malgré cela, il reste attaché au paganisme[1].
Il entretient une abondante correspondance avec Théodoret de Cyr qui témoigne de sa richesse et de sa renommée. Il est principalement influent dans l'importante cité d'Antioche où il réside et enseigne, puisqu'il semble diriger une école de rhétorique. C'est d'ailleurs souvent pour lui demander de bien vouloir instruire certaines personnes de son entourage que Théodoret de Cyr lui écrit. Il lui demande aussi d'intercéder sur certains conflits fiscaux entre des proches et l'administration provinciale voire centrale et tous deux ont potentiellement agi en faveur de la nomination de Domnus II d'Antioche comme patriarche[2],[3]. Isocasius entretient également des liens avec un certain Euricianus, un tribun élevé au rang du clarissimat. Devenu proche de l’empereur Léon en dépit de ses convictions religieuses, Isocasius occupe la fonction de questeur du palais sacré vers 465, un poste qui implique une connaissance fine du droit. Malgré son influence, son paganisme lui porte préjudice et, en 467, à la suite d’émeutes urbaines dont le motif reste obscur, il est arrêté et envoyé pour être jugé par le gouverneur de Bithynie. Là, soutenu par Jacques l'Archiatre, un médecin de premier plan, il aurait argué de la praescriptio fori, c'est-à-dire de l'incompétence du tribunal, pour être transféré devant le préfet du prétoire d’Orient Puséon et le Sénat byzantin [1].
Ce procès, qui a lieu près des bains de Zeuxippe, a été étudié en raison de l’existence d’un courant d’influence païen qui tente de survivre à Constantinople, face à la prééminence toujours plus grande du christianisme. Isocasius est notamment soutenu par divers intellectuels qui peuvent se rattacher à des courants comme le néoplatonisme, même si Laura Mecella appelle à ne pas surestimer ses compétences en philosophie. Celle-ci souligne par ailleurs que le conflit religieux ne doit pas être surinvesti et plutôt placé dans un contexte plus global de concurrences entre groupes sociaux et politiques, dans lequel le fait religieux n'est qu'un paramètre parmi d'autres[4]. Quoi qu'il en soit, Isocasius parvient alors à défendre suffisamment bien sa cause que l’opinion publique lui devient favorable. Selon les récits qui ont pu être faits de ce procès, il aurait notamment rappelé à Puséon le fait qu'ils ont plusieurs fois travaillé ensemble et jugé des affaires conjointement, appelant ainsi à une forme de clémence de la part de son ancien collègue. Il est finalement autorisé à rentrer chez lui, peut-être à Antioche, à condition de recevoir le baptême[5],[4],[6].