Isonymie matrimoniale
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L'isonymie matrimoniale qualifie le fait que, dans un mariage, les deux conjoints portent chacun le même patronyme. Les ancêtres respectifs de l’homme et de la femme portant le même nom de famille, l'union est supposée s’effectuer entre cousins à une génération antérieure plus ou moins proche et un seul ancêtre commun est porteur du patronyme[1],[2].
Cependant toutes les unions isonymes ne sont pas des unions entre apparentés. Parmi les unions isonymes, la proportion des unions conclues entre deux conjoints réellement apparentés, au regard de l’information généalogique disponible, ne représente généralement qu'un pourcentage variable[3].
La méthode isonymique, mise au point par James F. Crow (en) et Arthur P. Mange en 1965[4], est basée sur le principe selon lequel tous les individus ayant le même patronyme possèdent un ancêtre commun. Elle permet d'estimer le niveau de consanguinité à partir de l'incidence des couples isonymes au sein des mariages contractés au sein d'une population donnée. Cette méthode n’est fiable que lorsque la transmission des patronymes est rigoureuse et des critiques ont été formulées à son encontre parce qu'elle ne prend pas en considération la possible disparition de noms de famille, leur changement éventuel par mutation, des modifications orthographiques ou le fait que plusieurs porteurs d’un même patronyme peuvent, en réalité, n’avoir aucune ascendant en commun[5].
Une extension de la méthode de Crow et Mange en 1985 a permis de déterminer avec plus de précision les degrés de consanguinité liés à l'isonymie[6].
L'isonymie apparaissant de manière récurrente dans des populations peut indiquer des pratiques endogames ou homogames volontaires ou être liées à des facteurs géographiques impliquant un manque de mobilité des populations[1]. Elle peut être liée au choix préférentiel d'un conjoint de même origine ou dans un cercle spatial restreint ou à des règles liées à la structure patrilinéaire[5]. Des systèmes de mariage traditionnel matrilatéral de cousins croisés ont été observés dans des sociétés anciennes comme les Mapuches au Chili[7].