Ithier (en latin Itherius), «Hitier» ou «Hithier» («Hitherius») est chancelier de Pépin le Bref à la fin de son règne (à partir de 766), puis de Charlemagne au début du sien (jusqu'en 776 ou début 777), et abbé de Saint-Martin de Tours de 775 jusqu'au début 796 au plus tard.
La date de naissance d'Ithier n'est pas mentionnée. Il est originaire d'Aquitaine et de probable ascendance wisigothe[1].
Il est notaire de la chancellerie de Pépin le Bref au moins depuis . Il succède à Badilon comme chef de la chancellerie —ces termes ne sont alors pas en usage, bien que la fonction soit équivalente— quand celui-ci devient abbé de Saint-Savin en 766[2]. Confirmé dans ses fonctions par Charlemagne, il les conserve au moins jusqu'au (dernier diplôme certain), sans doute jusqu'en . Il est remplacé par Radon[3].
Il est envoyé en mission auprès du pape Étienne III en 770, avec Beraldus (ou Béraud), abbé d'Echternach[Note 1]. Il accompagne encore Charlemagne à Rome en 774[Note 2]. Il est aussi à Rome avec Charlemagne en 781, et participe avec Maginarius (ou Maginaire), chapelain du roi (et successeur de Fulrad comme abbé de Saint-Denis en 784), aux négociations qui permettent à l'État pontifical d'annexer la Sabine[6]. En 785, Ithier et Maginaire sont à nouveau à Rome pour consulter le pape Adrien Ier sur le traitement à réserver aux Saxons qui viennent d'être définitivement vaincus.
Il est mentionné pour la première fois comme abbé de Saint-Martin dans un diplôme de Charlemagne du , succédant à Vulfard. Le , il fonde à Cormery une dépendance de l'abbaye appelée la Celle Saint-Paul[7]; il en fait don à l'abbaye de Saint-Martin[8]. Son successeur Alcuin, la transforme en une communauté bénédictine sous le nom d'abbaye Saint-Paul de Cormery. Une lettre conservée d'Alcuin est adressée à Ithier (n° 32, éd. Migne). La date précise de la mort d'Ithier n'est pas connue, mais Charlemagne annonce à Alcuin qu'il lui confie l'abbaye de Saint-Martin à une date comprise entre mai et [9].
Pour en savoir plus
Bibliographie
Annick Chupin, «Ithier abbé de Saint-Martin et fondateur du monastère Saint-Paul de Cormery», Bulletin de la société des amis du pays lochois, , p.2219
Notes et références
Notes
↑Dans une lettre à la reine Bertrade et à son fils Charlemagne, Étienne III exprime sa pleine satisfaction de l'action d'Ithier, qualifié de «vir religiosus», «sollertissimus», ayant permis à la papauté de récupérer son patrimoine dans la région de Bénévent[4].
↑Il est qualifié alors de chapelain et notaire du roi dans la Vita Hadriani[5].
↑Robert-Henri Bautier, «La chancellerie et les actes royaux dans les royaumes carolingiens», Bibliothèque de l'École des chartes 142, 1984, p.5-80, part. p.10.
↑Étienne Delaruelle, «Charlemagne, Carloman, Didier et la politique du mariage franco-lombard», Revue historique, no170, , p.213-224, part. 217.
↑Vie du pape Adrien Ier, Paris, L. Duchesne, , § 41.
↑Louis Duchesne, Les premiers temps de l'État pontifical (754-1073), Paris, A. Fontemoing, 1911, p.158.
↑Jean-Louis Chalmel, Tablettes chronologiques de l'histoire civile ecclésiastique de Touraine suivi de mélanges historiques relatifs à la même province, Orléans, Letourmy, 522p. (lire en ligne), p.40.