Ivan Tertel
officier biélorusse, chef du KGB
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Ivan Stanislavavitch Tertel (en biélorusse : Іван Станіслававіч Тэртэль), né Jan Tertel le à Privalki (voblast de Hrodna, RSS de Biélorussie), est un officier et homme politique biélorusse. À partir de 2020, il est le directeur du KGB biélorusse.
National Security Academy of the Republic of Belarus (d) (jusqu'en )
Université d'État Ianka-Koupala de Hrodna (en) (jusqu'en )
Académie d’administration publique auprès du président de la République de Biélorussie (jusqu'en )
| Président du Comité national de sécurité de la république de Biélorussie | |
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| depuis le |
| Naissance | |
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| Nom dans la langue maternelle |
Іван Станіслававіч Тэртэль |
| Nationalité | |
| Formation |
École supérieure des aéroportés de Riazan (jusqu'en ) National Security Academy of the Republic of Belarus (d) (jusqu'en ) Université d'État Ianka-Koupala de Hrodna (en) (jusqu'en ) Académie d’administration publique auprès du président de la République de Biélorussie (jusqu'en ) |
| Activités |
Militaire, fonctionnaire |
| Période d'activité |
Depuis |
| Fratrie |
Jury Tertel (d) |
| Grade militaire | |
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| Distinctions | Liste détaillée |
Biographie
Jeunesse et études
Jan Tertel naît le à Privalki, dans le voblast de Hrodna, en république socialiste soviétique de Biélorussie. Le village est situé à proximité des frontières avec la Pologne et avec la Lituanie[1]. Il vient d'une famille polonaise catholique ; sa mère se nomme Anastazja et son père, Stanisław, est technicien de cinéma[2].
Jan Tertel étudie pendant plusieurs années dans une école de Druskininkai, au sud de la Lituanie[3] ; il passe sa jeunesse dans la ville frontalière de Pervalkas. Il se déclare athée, tout en assistant à des messes[2].
À la mort de son père en 1989, alors qu'il n'a que 18 ans, il décide de s'engager dans l'armée avec son frère jumeau, Jerzy (qui deviendra haut responsable du KGB biélorusse et commandant des Spetsnaz)[2].
Carrière militaire et sécuritaire
Il entre à l'Académie supérieure de commandement des forces parachutistes située à Riazan, puis sert dans la 106e division aéroportée de l'Armée rouge[3]. Il étudie également à l'Institut national de la sécurité de Minsk[2]. Après la dislocation de l'URSS, il revient en Biélorussie et entre dans les forces de gardes-frontières, en étant déjà affilié au KGB biélorusse. Il choisit alors délibérément de transformer son nom en « Ivan Stanislavavitch Tertel » malgré ses origines polonaises. En tant que responsable des gardes-frontières, il a la charge de la protection de la frontière occidentale du pays, avec la Pologne et la Biélorussie. C'est à ce poste qu'il se familiarise avec les techniques de surveillance de masse, notamment pour la lutte contre l'immigration illégale, mais aussi la répression des opposants[2].
En 2008, il fait ses débuts au sein de la direction du KGB biélorusse en tant qu'adjoint de Vadim Zaïtsev, alors directeur du service. Il est promu général peu de temps après[3]. En 2016, selon le témoignage d'un officier biélorusse, il participe à la planification de l'assassinat de Pavel Cheremet, dans un attentat à la bombe à Kyïv. Il est employé à partir de 2017 au quartier-général du KGB, à Minsk, dans le bâtiment surnommé « Amerikanka »[2].
En prévision de l'élection présidentielle de 2020, il est nommé à la tête du Comité de contrôle d'État, chargé de la vérification des institutions financières. Il s'agit selon Bielsat TV du signal qu'une « purge majeure » était en préparation. Ivan Tertel fait arrêter des dizaines de directeurs d'entreprise et d'opposants potentiels. Il supervise notamment l'investigation contre Viktor Babariko, homme d'affaires candidat face à Alexandre Loukachenko, qui est finalement démissionné de force et emprisonné[3].
Direction du KGB
En septembre 2020, il est nommé à la tête du Comité pour la sûreté de l'État (KGB), principal service de renseignement biélorusse. Il remplace, de façon inattendue, Valery Vakoultchik, à ce poste, alors que le service participe à la répression des manifestations post-électorales[3]. Il est accusé d'utiliser la violence, la torture, la désinformation et la répression numérique, ainsi que de s'en prendre aux médias indépendants. Selon Bielsat TV, il a supervisé personnellement la torture du journaliste polono-biélorusse Andrzej Poczobut[2].
Son rôle est ambigu car il doit à la fois entretenir de bonnes relations avec Moscou en acceptant certains compromis, tout en luttant contre l'ingérence de la Russie dont l'objectif est d'absorber la Biélorussie[4].
Il est surnommé « Fantômas », en raison de son apparence semblable à celle du personnage de fiction, très populaire en URSS[2].
Dès 2022, dans le cadre de l'invasion russe de l'Ukraine, il entretient des contacts avec les autorités russes, mais également avec Vassyl Maliouk, chef du Service de sécurité d'Ukraine. Il participe aux négociations pour de nombreux échanges de prisonniers. En 2025, il participe discrètement à l'organisation des pourparlers entre la Russie et l'Ukraine. Il accueille notamment en Biélorussie une délégation américaine et des agents britanniques du Security Service[4].
En février 2025, des photographies fuitent, montrant Ivan Tertel et de hauts responsables étatiques biélorusses ivres lors d'un voyage officiel en Libye. Les clichés provoquent un scandale parmi la société civile biélorusse, notamment les opposants en exil. Selon Bielsat, cet épisode témoigne de la « dégénérescence progressive » des autorités du pays[2].
Vie privée
Ivan Tertel est marié et a un fils, Kanstantsin, qui entame lui aussi des études militaires et devient membre du département « cybercriminalité » du KGB. Cependant, en 2020, sa femme et son fils quittent le pays et s'installent à Miami, Kanstantsin ne fait alors plus d'apparition publique. Le départ de sa femme et de son fils aurait eu un impact psychologique important sur Tertel[2].
Sanctions internationales
En 2011, Ivan Tertel est placé sous sanctions par l'Union européenne dans le cadre du programme de sanctions contre la Biélorussie. Il est accusé d'être lié à la répression contre l'opposition démocratique au président Alexandre Loukachenko[3]. De nouvelles sanctions s'ajoutent en 2020 et 2021 en réponse à la répression brutale des manifestations post-électorales[1],[5],[4].