JFK (film)
film d’Oliver Stone, sorti en 1991
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JFK est un film américain réalisé par Oliver Stone et sorti en 1991. Il traite de l'enquête autour de l'assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy en 1963.
Zachary Sklar
| Titre québécois | JFK - Affaire non-classée |
|---|---|
| Réalisation | Oliver Stone |
| Scénario |
Oliver Stone Zachary Sklar |
| Musique | John Williams |
| Acteurs principaux |
Kevin Costner Tommy Lee Jones Kevin Bacon Gary Oldman |
| Sociétés de production |
Warner Bros. StudioCanal Regency Enterprises Alcor Films Ixtlan Camelot |
| Pays de production |
|
| Genre | drame historique |
| Durée | 189 minutes |
| Sortie | 1991 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Kevin Costner incarne Jim Garrison, procureur de La Nouvelle-Orléans. Trois ans après l'assassinat de John F. Kennedy, Jim Garrison remet en cause les conclusions du rapport de la commission Warren. Il démonte notamment les nombreuses invraisemblances contenues dans le dossier officiel et oriente son enquête vers la possibilité d'un complot. Le film met également en scène Tommy Lee Jones, Kevin Bacon, Gary Oldman, Sissy Spacek, Joe Pesci ou encore Donald Sutherland.
Le scénario du film s'appuie sur le livre On the Trail of the Assassins du procureur de district Jim Garrison ainsi que sur le travail du journaliste indépendant Jim Marrs. Oliver Stone a décrit ce récit comme un « contre-mythe » au « mythe fictif » de la commission Warren. L'adhésion du film aux théories du complot a suscité la controverse. De nombreux grands journaux américains ont publié des éditoriaux accusant le réaliateur-scénariste de propager des mensonges, notamment l'affirmation selon laquelle Kennedy aurait été assassiné dans le cadre d'un coup d'État visant à installer son vice-président Lyndon B. Johnson à sa place.
Malgré la controverse, JFK est salué par la critique notamment pour l'interprétation des acteurs, sa mise en scène, sa musique, son montage et sa photographie. Après un démarrage timide, le film a progressivement gagné en popularité au box-office, rapportant plus de 205 millions de dollars dans le monde. Il s'est ainsi classé sixième plus gros succès de 1991 au niveau mondial et est à ce jour le plus grand succès commercial d'Oliver Stone. Il reçoit huit nominations aux Oscars 1992, dont celui du meilleur film, et en remporte deux statuettes : meilleure photographie pour Robert Richardson et meilleur montage pour Joe Hutshing et Pietro Scalia. C'est le premier des trois films que le réalisateur consacre à des présidents américains avant Nixon (1995) et W. : L'Improbable Président (2008).
Synopsis

Lors de son discours de fin de mandat en , le président sortant Dwight D. Eisenhower met en garde contre le développement du complexe militaro-industriel. Il est remplacé par John F. Kennedy, dont le mandat est marqué par le débarquement de la baie des Cochons et la crise des missiles de Cuba, jusqu'à son assassinat à Dealey Plaza à Dallas, le . Lee Harvey Oswald, ancien Marine et transfuge soviétique présumé, est arrêté pour le meurtre du policier J. D. Tippit et inculpé des deux meurtres, mais il est tué par Jack Ruby, propriétaire d'une boîte de nuit. Le Procureur de district de La Nouvelle-Orléans Jim Garrison et son équipe enquêtent alors sur les liens potentiels entre la Nouvelle-Orléans et l'assassinat du président, notamment le pilote privé et militant David Ferrie, mais leur enquête est publiquement réprimandée par le gouvernement fédéral. Jim Garrison clôt donc l'affaire et passe à autre chose.
L'enquête est rouverte en 1966 quand Jim Garrison parcourt le rapport de la commission Warren chargé d'enquêter sur l'assassinat. Le procureur y relève de nombreuses inexactitudes, notamment la théorie de la balle unique. Avec l'aide de son équipe, composée notamment de Susie Cox, Lou Ivon, Bill Broussard ou encore Numa Bertel, Jim Garrison interroge des personnes liées à Oswald et Ferrie. Parmi elles, Willie O'Keefe, un prostitué condamné à cinq ans de prison pour racolage, affirme avoir vu Ferrie discuter avec un certain Clay Bertrand de l'assassinat de Kennedy et avoir brièvement rencontré Oswald. Jim Garrison et son équipe émettent l'hypothèse que Lee Harvey Oswald n'a jamais fait défection et qu'il était en réalité un agent double de la CIA, trahi et piégé pour l'assassinat.

En 1967, Jim Garrison et son équipe interrogent plusieurs témoins, dont Jean Hill (en), une enseignante qui affirme avoir vu un tireur ouvrir le feu depuis une petite colline herbeuse. Les services secrets l'ont menacée pour qu'elle déclare que trois coups de feu provenaient du Texas School Book Depository, d'où Oswald aurait tiré sur Kennedy. Son témoignage a ensuite été modifié par la commission Warren. L'équipe de Garrison effectue également un tir d'essai avec un fusil Carcano vide provenant du dépôt et conclut qu'Oswald était un tireur trop mauvais pour avoir tiré ces coups de feu et qu'il y avait plus d'un tireur. Garrison en vient à penser que « Bertrand » est en réalité l'homme d'affaires très influent de La Nouvelle-Orléans, Clay Shaw. Ce dernier est ensuite interrogé discrètement par Garrison. Il nie alors connaitre David Ferrie, Willie O'Keefe ou Lee Harvey Oswald.
Certains témoins clés, pris de panique, refusent de témoigner, tandis que d'autres, comme Jack Ruby et David Ferrie, meurent dans des circonstances suspectes. Avant sa mort, David Ferrie confie à Jim Garrison l'existence d'un complot visant à assassiner le président Kennedy. Garrison rencontre à Washington D. C. un personnage haut placé se présentant comme « M. X », qui affirme que la sécurité de Kennedy à Dallas a été délibérément négligée. Il évoque également un coup d'État au sommet de l'État, impliquant des membres de la CIA, de la mafia, du complexe militaro-industriel, des services secrets américains, du FBI et le vice-président de l'époque, Lyndon B. Johnson, soit comme complices, soit comme ayant eu intérêt à étouffer l'affaire. X suggère que Kennedy a été tué parce qu'il voulait retirer les États-Unis de la guerre du Vietnam, mettre fin aux actions contre Cuba et démanteler la CIA. X encourage Garrison à poursuivre l'enquête et à engager des poursuites contre Shaw. Peu après, Garrison inculpe Shaw de complot en vue d'assassiner Kennedy.

Le mariage de Jim Garrison est mis à rude épreuve lorsque sa femme, Liz, se plaint qu'il consacre plus de temps à l'enquête qu'à sa famille. Après un appel téléphonique inquiétant à leur fille, Liz accuse son mari d'égoïsme et d'attaquer Shaw uniquement en raison de son homosexualité. Certains membres de l'équipe du procureur commencent à douter de ses motivations et désapprouvent ses méthodes, et quittent l'enquête. L'un d'eux, Bill Broussard, se révèle plus tard être un agent infiltré du FBI depuis un certain temps. Bill Broussard joue même un rôle périphérique — et non divulgué — dans une tentative d'incriminer Jim Garrison dans les toilettes d'un aéroport. De plus, Jim Garrison est critiqué dans les médias pour avoir gaspillé l'argent des contribuables, en enquêtant sur cette théorie du complot. Jim Garrison, de plus en plus méfiant envers son propre gouvernement, soupçonne un lien avec l'assassinat de Martin Luther King () et celui de Robert F. Kennedy ().
Le procès de Clay Shaw se déroule en 1969. Jim Garrison y réfute la thèse de la balle unique et propose un scénario où trois assassins auraient tiré six coups de feu, faisant accuser Lee Harvey Oswald des meurtres de John F. Kennedy et J. D. Tippit, dans le but d'installer Johnson à la présidence afin qu'il puisse intensifier la guerre du Vietnam et enrichir l'industrie de la défense. Cependant, le jury acquitte Shaw après moins d'une heure de délibération. Malgré l'échec de l'accusation, Jim Garrison gagne le respect de sa femme et de ses enfants par sa détermination et renoue ainsi des liens avec sa famille.
- Épilogue du générique du fin
Le générique de fin mentionne ensuite plusieurs évènements. En 1979, Richard Helms (directeur de la CIA de 1966 à 1973 et directeur des opérations secrètes en 1963) a admis que Clay Shaw avait travaillé avec la CIA. Ce dernier meurt d'un cancer du poumon en 1974, mais aucune autopsie ne sera alors autorisée sur lui. En 1978, Jim Garrison est élu juge de la cour d'appel de Louisiane et sera réélu en 1988. Le générique mentionne aussi les morts en Asie du Sud-Est — 2 millions du côté asiatique et 58 000 du côté américain — ainsi que les pertes et les dépenses astronomiques liées au conflit (220 milliards de dollars dépensés). Entre 1976 et 1979, une enquête du Congrès des États-Unis évoque un « complot probable » et recommande la poursuite de l'enquête par le département de la Justice. En 1991, le département de la Justice n'a encore rien fait. Les dossiers de la House Select Committee on Assassinations sont au secret jusqu'en 2029. Le générique mentionne ensuite la phrase « le passé n'est qu'un prologue » (« what is past is prologue ») puis que le film est « dédié à la jeunesse en qui survit la quête de la vérité » (« dedicated to the young in whose spirit the search for truth marches on »)[1],[2].
Le générique s'achève avec la mention qu'en 1992, suite à ce film, le congrès a voté la formation d'un comité chargé de consulter les dossiers et de décider de leur ouverture éventuelle au grand public.
Fiche technique
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».
- Titre original et français : JFK
- Titre québécois : JFK - Affaire non-classée
- Réalisation : Oliver Stone
- Scénario : Oliver Stone et Zachary Sklar (de), d'après les livres On the Trail of the Assassins de Jim Garrison et Crossfire: The Plot That Killed Kennedy de Jim Marrs
- Musique : John Williams
- Photographie : Robert Richardson
- Montage : Joe Hutshing et Pietro Scalia
- Décors : Victor Kempster (de)
- Costumes : Marlene Stewart (en)
- Production : A. Kitman Ho (en), Oliver Stone, Clayton Townsend (en) et Arnon Milchan
- Sociétés de production : Warner Bros., StudioCanal, Regency Enterprises, Alcor Films, Ixtlan et Camelot
- Distribution : Warner Bros.
- Budget : 35 000 000 USD[3].
- Pays de production :
États-Unis - Langue originale : anglais
- Format : couleurs - 2,35:1 - Dolby Surround - 35 mm
- Genre : Drame politique, Thriller, historique, film de procès
- Durée : 189 minutes, 206 minutes (version director's cut 2001)
- Dates de sortie[4] :
- Canada, États-Unis :
- France :
Distribution
- Kevin Costner (VF : Bernard Lanneau, VQ : Marc Bellier) : le procureur Jim Garrison
- Tommy Lee Jones (VF : Claude Giraud, VQ : Léo Ilial) : Clay Shaw
- Gary Oldman (VF : Vincent Violette, VQ : Jean-Luc Montminy) : Lee Harvey Oswald
- Kevin Bacon (VF : Thierry Ragueneau, VQ : Daniel Picard) : Willie O'Keefe
- Laurie Metcalf (VF : Véronique Augereau, VQ : Marie-Andrée Corneille) : Susie Cox
- Jay O. Sanders (VF : Richard Darbois, VQ : Pierre Chagnon) : Lou Ivon
- Michael Rooker (VF : Philippe Peythieu, VQ : Alain Zouvi) : Bill Broussard
- Sissy Spacek (VF : Céline Monsarrat, VQ : Claudine Chatel) : Liz Garrison
- Joe Pesci (VF : Roger Crouzet, VQ : Benoît Marleau) : David Ferrie
- Jack Lemmon (VF : Serge Lhorca, VQ : Hubert Fielden) : Jack Martin
- Edward Asner (VF : Claude Joseph, Michel Fortin {scène supplémentaire}, VQ : Ronald France) : Guy Banister
- Walter Matthau (VF : Jean-Claude Michel, VQ : Yves Massicotte) : le sénateur Russell B. Long (en)
- Donald Sutherland (VF : Jean-Pierre Moulin, VQ : Alain Clavier) : M. « X » (inspiré de L. Fletcher Prouty (en))
- John Candy (VF : Jacques Frantz, VQ : Jacques Brouillet) : Dean Andrews
- Wayne Knight (VF : Daniel Kenigsberg, VQ : Normand Lévesque) : Numa Bertel
- Gary Grubbs (VF : Michel Derain) : Al Oser
- Martin Sheen (VF : Michel Papineschi) : le narrateur (voix, non crédité)
- Brian Doyle-Murray (VF : Mario Santini, VQ : Alain Gélinas) : Jack Ruby
- Jim Garrison (VF : Michel Gudin, VQ : Jean Brousseau) : Earl Warren
- Pruitt Taylor Vince (VF : Gilbert Lévy, VQ : François Godin) : Lee Bowers (en), un témoin
- Jo Anderson (VF : Françoise Cadol, VQ : Hélène Mondoux) : Julia Ann Mercer (en), un témoin
- Ellen McElduff[5] (VF : Regine Teyssot, VQ : Élizabeth Lesieur) : Jean Hill (en), un témoin
- Vincent D'Onofrio (VF : Georges Caudron ; VQ : Jacques Lavallée) : Bill Newman, un témoin
- Lolita Davidovich (VF : Kelvine Dumour, VQ : Élise Bertrand) : Beverly Oliver, la fille du Carousel Club
- Sally Kirkland : la prostituée Rose Cheramie
- Frank Whaley (VF : Ludovic Baugin) : le « faux » Oswald
- Tony Plana (VF : Rafaël Gozalbo) : le cubain anti-castriste Carlos Bringuier (en),
- Beata Poźniak (VF : Laurence Crouzet) : Marina Oswald Porter
- Gary Carter (VF : Ludovic Baugin) : Bill Williams (en), une relation de Oswald
- Willem Oltmans (VF : Hervé Jolly) : George de Mohrenschildt (en), une relation de Oswald
- Bob Gunton (VF : Hervé Bellon, VQ : Jacques Lussier) : un des journalistes télévisés
- Peter Maloney : le colonel Finck, médecin légiste
- John Finnegan (VF : Yves Barsacq) : Juge Haggerty
- Pat Pierre Perkins[6] (VF : Liliane Gaudet) : Mattie, la bonne
- Sean Stone (VF : Maël Davan-Soulas, VQ : Sébastien Thouny) : Jasper Garrison, le fils de Jim
- Tomás Milián : Leopoldo
Version director's cut :
- Ron Rifkin : M. Goldberg / Spiesel, un témoin à l'audience
- John Larroquette : Jerry Johnson, l'animateur de télévision
Sources et légende : version française (VF) sur RS Doublage[7] et Voxofilm[8]. Version québécoise (VQ) sur Doublage Québec[9]
Production
Genèse du projet

En 1987, Zachary Sklar, journaliste et professeur de journalisme à la Columbia University Graduate School of Journalism, rencontre le procureur Jim Garrison. Il commence à écrire avec lui un manuscrit, dans lequel Garrison se remémore son travail sur l'enquête. À l'origine écrit comme un livre d'étude à la troisième personne, le projet se transforme en récit policier à la première personne[10].
Le livre On the Trail of the Assassins est finalement édité en 1988. Un exemplaire est donné par l'éditrice Ellen Ray au cinéaste Oliver Stone[11]. Ce dernier le lit rapidement et en achète très vite les droits cinématographiques pour 250 000 dollars, qu'il paie lui-même. Il rencontre ensuite Jim Garrison et le questionne pendant trois heures. Le réalisateur est surpris par l'attitude du procureur et pense qu'il « a fait beaucoup d'erreurs. Il a eu confiance en beaucoup d'excentriques et a suivi beaucoup de fausses pistes[11] ».
Oliver Stone ne souhaite cependant pas faire un film sur la vie de Jim Garrison. Il achète alors les droits du livre Crossfire: The Plot That Killed Kennedy de Jim Marrs. Le but du réalisateur est de faire tomber le « mythe » de la Commission Warren. Il explique que pour combattre un mythe, il faut parfois créer un contre-mythe[11],[13]. Stone continue de lire d'autres ouvrages sur le sujet.
En , alors qu'il est en préproduction de son film The Doors, Oliver Stone se rapproche des studios pour produire son film. Il rencontre alors des exécutifs de Warner Bros., qui lui proposent un film sur Howard Hughes[11]. Il leur « vend » cependant l'idée de JFK. Cela plaît beaucoup au directeur général de Warner Bros., Terry Semel (en), qui a déjà produit des films politiques controversés comme Les Hommes du président, À cause d'un assassinat ou encore La Déchirure[11].
Après avoir reçu un budget de 20 millions par la Warner, Oliver Stone commence l'écriture du script avec l'aide du journaliste Zachary Sklar, qui avait aussi édité Crossfire: The Plot That Killed Kennedy de Jim Marrs. Ils mettent en commun toutes leurs recherches. Oliver Stone lui explique qu'il souhaite en faire un film d'enquête, dans la veine de Z (1969) de Costa-Gavras et Rashōmon (1950) d'Akira Kurosawa[10]. Stone explique que le titre JFK renvoie à celui de Z, comme un « code ».
Après avoir écrit un premier jet, Oliver Stone comprend que le budget du film doit être doublé. Un accord est alors trouvé avec Arnon Milchan et sa société Regency Enterprises pour augmenter le budget[11].
Attribution des rôles
Pour le rôle du procureur de district (District attorney) Jim Garrison, Oliver Stone envoie une copie du scénario à Kevin Costner, Mel Gibson et Harrison Ford[11], ces deux derniers étant ses premiers choix[14].
Kevin Costner refuse tout d'abord la proposition. Cependant, son agent Michael Ovitz, intéressé par le projet, aide le réalisateur à convaincre l'acteur d’accepter le rôle[11]. Avant cela, Kevin Costner fait d'intenses recherches sur Jim Garrison, allant jusqu'à le rencontrer ainsi que ses amis et adversaires. Deux mois après avoir signé pour le rôle en , son film Danse avec les loups gagne sept Oscars ; il est alors considéré par le studio comme « bancable »[11].
Plusieurs comédiens ont voulu participer au film en raison du sujet[11]. Martin Sheen fait la narration, le « vrai » Jim Garrison incarne le rôle d'Earl Warren, auquel il s'était lui-même opposé. Beverly Oliver, l'un des témoins de l'assassinat, fait une apparition. Sean Stone, le fils du réalisateur, joue le rôle du fils ainé de Jim Garrison. Plusieurs acteurs ont même décidé de renoncer à leur salaire habituel pour pouvoir paraître dans le film.
Perry Russo, qui a été un témoin clé des conversations entre David Ferrie, Clay Shaw et Lee Harvey Oswald, joue un petit rôle au début du film dans la séquence où Jim Garrison et Lou regardent la couverture de l'assassinat à la télévision. Il incarne l'homme qui déclare qu'on devrait donner une médaille à celui qui a tué Kennedy.
Les deux anciennes co-vedettes de The Odd Couple, Walter Matthau et Jack Lemmon, jouent dans le film mais ne se rencontrent pas. Le premier interprète un membre du Congrès, le second un témoin éventuel pour Jim Garrison.
Le labrador de la famille Garrison qui apparaît dans le film, appartenait en réalité à la romancière Anne Rice.
Dans la version director's cut, l'acteur James Belushi apparaît dans le rôle d'un complice du meurtre dans une scène dans Elm Street[14].
Tournage
Le tournage dure seulement 72 jours[14]. Afin de tourner l'assassinat à la Dealey Plaza de Dallas, les producteurs dépensent quatre millions de dollars pour la refaire telle qu'elle était en 1963. Ils doivent aussi verser une grosse somme à la ville de Dallas afin d'engager des policiers pour détourner la circulation et fermer les rues avoisinantes pendant trois semaines. Oliver Stone n'aura que dix jours pour filmer la séquence.
Le réalisateur rencontre également des difficultés pour obtenir l'autorisation de filmer à l'intérieur du Texas School Book Depository. La direction l'autorise finalement à tourner à certains moments de la journée, mais pas plus de cinq personnes ne sont admises à l'intérieur du bâtiment. Il faudra également cinq mois de négociations pour obtenir l'autorisation de transformer l'édifice tel qu'il était à l'époque[14].
La façade du cinéma où a été arrêté Lee Harvey Oswald, le Texas Theatre, a été remise dans son état de 1963 pour le tournage du film[15].
Accueil
Critique
Le film a suscité une grande controverse à sa sortie, plusieurs critiques accusant Oliver Stone d'avoir rajouté intentionnellement des faits. Celui-ci publia une version annotée de son scénario, dans laquelle il justifie tous ses ajouts.[réf. souhaitée]
Le quotidien The Washington Post critiqua le film avant même la fin du tournage, reprochant à Stone de prendre une certaine liberté dans la reconstitution des faits[16].
Après la sortie du film, le journaliste Walter Cronkite (qui, à l'époque avait annoncé en direct la mort de Kennedy sur les ondes de CBS) déclara au critique de cinéma Roger Ebert qu'il n'y avait « pas un brin de vérité » dans ce film[17].
Box-office
Le film rencontre le succès dans le monde avec plus de 200 millions de dollars récoltés dans le monde, pour un budget estimé à 35 millions[3].
Distinctions principales
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».
Conséquences
En , Oliver Stone a montré le film aux membres du Congrès des États-Unis. Cela a conduit à la loi de 1992 sur la divulgation des assassinats President John F. Kennedy Assassination Records Collection Act of 1992 (en)[20].
Version longue
En 2001, Oliver Stone ajoute 17 minutes à son film de (passant de 189 à 206 min). Voici le détail des scènes ajoutées[21],[22] :
- Guy Bannister et sa secrétaire parlent brièvement d'Oswald ;
- de nouveaux flashbacks de la vie d'Oswald à Dallas avec sa femme après son retour de Russie et ses contacts avec George De Mohrenshildt, Janet et Bill Williams ;
- lorsque Garrison et son assistant sont au dépôt de livres, ils discutent du fait que le parcours du cortège a été modifié par le maire de Dallas Earle Cabell, frère de Charles Cabell général déchu par Kennedy en 1961 ;
- un faux Oswald est montré dans un flashback testant une nouvelle voiture et parlant d'aller en Russie au vendeur ;
- dans un autre flashback, Oswald est introduit à la communauté cubaine de la Nouvelle-Orléans et rencontre Sylvia Odio, chef d'un mouvement clandestin anti-Castro ;
- un nouveau flashback d'Oswald et Clay Shaw vus ensemble à la campagne d'inscription des électeurs pour les droits civiques en ;
- Jim Garrison apparaît à la télévision dans l'émission The Jerry Johnson Show[23] pour y être interviewé. Il essaie d'y défendre ses théories en montrant des photos mais est coupé par l'animateur Jerry Johnson ;
- Bill Broussard retrouve Jim Garrison à l'aéroport où il rentre de Phoenix, et lui dit que quelqu'un va tenter de l'assassiner. Après quelques minutes, Garrison panique et s'enfuit des toilettes publiques quand il entend des voix étranges dans le box voisin et quand il est approché par un inconnu qui prétend le connaître ;
- Garrison et son équipe découvrent que Broussard a disparu de son appartement, et discutent à propos du futur procès contre Clay Shaw. Puis, Garrison voit Robert Kennedy à la télévision et dit : « Ils vont le tuer avant qu'il ne puisse être président » ;
- pendant le procès, un nouveau témoin est présenté, M. Goldberg, qui prétend que Shaw a discuté avec lui et Ferrie de tuer Kennedy.
Pour la version française, la quasi-totalité des comédiens est rappelée pour doubler les scènes supplémentaires, à l'exception de Claude Joseph (décédé en 1995) remplacé par Michel Fortin pour le doublage d'Edward Asner.
Prolongement
Lors du festival de Cannes 2021, Oliver Stone présente le documentaire JFK : L'Enquête (JFK Revisited: Through the Looking Glass), qu'il voit comme un prolongement de son long métrage JFK.
