Jacques-Louis Vachard
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Jacques-Louis Vachard, né le à Paris et décédé le à Gentilly (Val-de-Marne), est un révolutionnaire français, publiciste et membre du Club des Cordeliers, également président de la Société des Indigents et co-rédacteur de la pétition du Champ-de-Mars ().
Fils de Louis Julien Vachard et de Marie Louise Parent[1], il a servi comme marin dans la Marine royale sous les ordres du duc d'Orléans lors du combat naval d'Ouessant (), bataille qui opposa la flotte française aux Britanniques pendant la guerre d'indépendance américaine[2]. Il épouse Victoire Marcelline Guédon, avec qui il a au moins une fille, Françoise Modeste, née en 1795.
Vachard exerce plusieurs métiers : savetier, colporteur des journaux de Labénette (Journal du Diable, Journal des droits de l'homme, L'Orateur du peuple), puis ingénieur géographe à partir du Consulat[3],[4]. Madame Roland le présente comme « un colporteur de la feuille de Marat »[5].
Au début de la Révolution, Vachard évolue dans des cercles proches du duc d'Orléans, notamment par l'intermédiaire de son employeur Labenette, avocat et publiciste dont les journaux alternent les éloges dithyrambiques du duc avec ceux de Danton et Marat. Dans son pamphlet Le Portefeuille de Louis-Philippe d'Orléans trouvé dans la poche de M. de Lafayette (1791), Labenette cite le témoignage de Vachard, présenté comme son colporteur et ancien marin ayant servi sous le duc d'Orléans[6].
Membre du Club des Cordeliers, Vachard devient président de la Société des Indigents, Amis de la Constitution, fondée en par Madame Prudhomme pour permettre aux citoyens pauvres exclus du suffrage censitaire de participer à la vie politique[7]. Le , il prononce un discours pour l'installation symbolique de Jean-Jacques Rousseau dans cette société[8]. En , au lendemain du massacre du Champ-de-Mars, il signe en tant que président une Adresse aux amis de la Constitution, défendant les sociétés populaires et proclamant : « Nous sommes les factieux de la faction d'un peuple contre les tyrans ! » L'adresse exprime la frustration des citoyens passifs exclus du suffrage : « Notre existence est flétrie par une mort civile et infâmante, mort cruelle qui nous ravit le nom de citoyen ! »[9]
Le , après la fuite du roi à Varennes, Vachard joue un rôle central dans l'un des événements les plus marquants de la Révolution. Les Cordeliers, rassemblés sur l'autel de la patrie au Champ-de-Mars sous la présidence de Peyre, nomment quatre commissaires pour élaborer une nouvelle pétition demandant la déchéance de Louis XVI : Robert (qui rédige matériellement le texte « une planche sur les genoux, un morceau d'une marche de l'escalier sciée le matin »), Peyre (président des Cordeliers), Vachard (président de la Société des Indigents) et Demoy (curé de Saint-Laurent). Il fut convenu qu'on rédigerait le texte « dans les termes les plus respectueux et les plus constitutionnels ». Cette pétition, qui rassembla des milliers de signatures au Champ-de-Mars, fut à l'origine de la fusillade du , marquant la rupture entre les républicains et la monarchie constitutionnelle[10],[11].
Le soir du , à onze heures, Vachard vient demander l'hospitalité chez Madame Roland et son mari. Elle les héberge le lendemain matin, mais rapporte dans ses mémoires un incident révélateur : après le déjeuner, ses hôtes « se mirent au balcon sur la rue » et « se permirent d'appeler par la fenêtre et faire monter près d'eux un passant de leur connaissance », conduisant à son mécontentement et au congédiement de l'homme[12].
En 1792, Vachard est électeur de la section des Thermes-de-Julien et commissaire à la Commune révolutionnaire pour la section de Beaurepaire après le [13]. Le , il est élu administrateur au Conseil définitif du département de Paris. Il participe notamment à la gestion du patrimoine culturel et est commissaire à la vente des meubles du Palais-Bourbon. Il est destitué en frimaire an II (novembre-) lors des réorganisations administratives[14]. Madame Roland note qu'il « devint en l'an II l'un des épurateurs du département de Paris ».
Arrêté pour haute-police après Thermidor, Vachard est détenu à la prison du Plessis en brumaire an IV (octobre-), puis libéré[15]. Sous le Directoire, il travaille pour le ministère de la Police générale. Le 18 fructidor an V (), jour du coup d'État contre les royalistes, il fait partie des agents rémunérés par le ministre Sotin pour des opérations de maintien de l'ordre[16]. Le Dictionnaire des Jacobins vivants affirme que le général Augereau fit distribuer des gratifications dans sa boutique de bière rue d'Enfer aux participants du 18 fructidor[17]. En l'an VII (1798-1799), il intervient au Club des Jacobins reconstitué pour critiquer le coup parlementaire du 30 prairial an VII (), déclarant qu'il fallait « prendre le diable par la tête et non par la queue ».
Après 1799, Vachard disparaît de la vie publique et se consacre à sa profession d'ingénieur géographe. Il meurt le à Gentilly, à l'âge de 73 ans[18]. Sa reconversion en ingénieur géographe témoigne d'une capacité d'adaptation remarquable qui lui permit de traverser l'Empire et la Restauration dans une relative tranquillité.
Publications
- Installation de Jean-Jacques Rousseau, auteur du Contrat social, dans la société des Indigens (1791)
- Les factieux dévoilés, la vérité toute nue, et les moyens de sauver la République (1792-1793)
- Mon rêve, ou Le télescope de l'observatoire (1792-1793)
- Le Droit des peuples, jugement des rois en dernier ressort (v. 1793)
- Le buveur de sang démasqué : dialogue entre un prêtre et un escamoteur (1797)